06.08.2020 à 14:53

DiplomatiePompeo s’oppose à l’entrée de Cuba au Conseil des droits de l'Homme

Le secrétaire d’État américain a jugé «scandaleux» que l’ONU ait proposé d’accueillir l’île parmi ses pays membres. Il a dénoncé «une dictature brutale» liée à un présumé trafic de médecins.

Mike Pompeo considère l’envoi de médecins cubains à l’étranger comme une forme de travail forcé.

Mike Pompeo considère l’envoi de médecins cubains à l’étranger comme une forme de travail forcé.

KEYSTONE

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a exhorté les pays membres de l’ONU à ne pas soutenir la candidature de Cuba au Conseil des droits de l'Homme. Il a jugé «scandaleux» que l’instance basée à Genève «propose d’accueillir» l’île.

«Aucun pays ne devrait voter en faveur de l’admission de Cuba au Conseil», a déclaré mercredi Mike Pompeo à des journalistes. Il a dénoncé «une dictature brutale qui fait un trafic de ses propres médecins sous prétexte de missions humanitaires».

La vente de services médicaux est une des principales sources de devises de Cuba. Washington considère l’envoi de médecins cubains à l’étranger comme une forme de travail forcé.

Candidature déposée en février

Cuba a déjà siégé au Conseil en 2014-2016 et en 2017-2019. Il a présenté en février sa candidature en vue d’obtenir un des sièges attribués sur une base régionale pour la période 2021-2023.

Le Conseil, créé en 2006, est composé de 47 pays élus à bulletins secrets et à la majorité absolue par l’Assemblée générale de l’ONU, pour un mandat de trois ans. Les sièges sont répartis sur une base régionale. Cette année trois sièges dévolus à l'Amérique latine sont à pourvoir: ceux du Chili, du Mexique et du Pérou.

Autre bête noire du gouvernement américain, le Venezuela a été élu membre du Conseil l’an dernier pour la période 2020-2022, par 105 voix sur 193. Washington avait alors une nouvelle fois critiqué «le manque de crédibilité» du Conseil.

Embargo commercial

Rompant avec l’ouverture amorcée par son prédécesseur Barack Obama, Donald Trump a durci l’embargo commercial américain envers Cuba en vigueur depuis 1962.

Washington s’est retiré du Conseil des droits de l'Homme en 2018 pour protester notamment contre ce qu’il considère comme sa partialité à l’encontre d’Israël, cible de plusieurs résolutions adoptées par cette institution et condamnant la politique de l’État hébreu envers les Palestiniens.

(ATS/NXP)

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