Actualisé 23.08.2018 à 23:09

Etats-UnisPompeo va retourner en Corée du Nord

Le chef de la diplomatie américaine a annoncé jeudi qu'il allait se rendre en Corée du Nord. Il a nommé un envoyé spécial.

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Une réunion en présence du leader nord-coréen Kim Jong Un a détaillé «de nouvelles mesures visant à renforcer la dissuasion nucléaire militaire du pays». (Dimanche 24 mai 2020)

Une réunion en présence du leader nord-coréen Kim Jong Un a détaillé «de nouvelles mesures visant à renforcer la dissuasion nucléaire militaire du pays». (Dimanche 24 mai 2020)

AFP
Séoul a minimisé mardi des informations alarmantes sur l'état de santé du leader nord-coréen Kim Jong Un. (21 avril 2020)

Séoul a minimisé mardi des informations alarmantes sur l'état de santé du leader nord-coréen Kim Jong Un. (21 avril 2020)

AFP
La Corée du Nord a menacé lundi d'interrompre le dialogue avec les États-Unis alors que le chef de la diplomatie américaine s'est dit impatient que les négociations reprennent. (31 mars 2020)

La Corée du Nord a menacé lundi d'interrompre le dialogue avec les États-Unis alors que le chef de la diplomatie américaine s'est dit impatient que les négociations reprennent. (31 mars 2020)

AFP

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a annoncé jeudi la nomination d'un envoyé spécial pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, avec lequel il va retourner dans le pays reclus en quête de «progrès» sur sa laborieuse dénucléarisation.

«Steve va diriger la politique des Etats-Unis à l'égard de la Corée du Nord, et mener nos efforts pour parvenir à l'objectif du président Trump, la dénucléarisation définitive et complètement vérifiée de la Corée du Nord, comme s'y est engagé le président Kim Jong Un», a-t-il déclaré devant la presse, accompagné du nouvel émissaire.

«Lui et moi allons nous rendre en Corée du Nord la semaine prochaine pour faire davantage de progrès diplomatiques vers notre objectif», a ajouté le secrétaire d'Etat. Il s'agira du quatrième voyage de Mike Pompeo en Corée du Nord --le deuxième depuis le sommet historique du 12 juin à Singapour entre le président des Etats-Unis Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Une rencontre avec ce dernier n'est toutefois pas à l'ordre du jour, a assuré la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert.

Dossiers difficiles

Stephen Biegun, 55 ans, jusque-là vice-président pour les affaires internationales du constructeur automobile Ford, a aussi une expérience diplomatique gouvernementale pour avoir notamment fait partie de l'équipe de sécurité nationale du président républicain George W. Bush au début des années 2000.

«Les dossiers sont difficiles et seront difficiles à résoudre», a-t-il admis en prenant la parole après Mike Pompeo. «Mais le président a créé une ouverture et nous devons nous y engouffrer en saisissant toutes les opportunités pour réaliser la vision d'un avenir pacifique pour le peuple de Corée du Nord», a ajouté le nouveau représentant spécial.

Lors du sommet de Singapour, le dirigeant nord-coréen a en fait seulement réitéré par écrit un engagement ancien et vague en faveur d'une «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne», bien loin de l'objectif initial des Etats-Unis, à savoir une «dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible».

Méthodes de «gangster»

Depuis, Mike Pompeo répète toutefois que Kim Jong Un a accepté, oralement, le principe d'une «dénucléarisation définitive et complètement vérifiée de la Corée du Nord», selon la nouvelle expression en vigueur à Washington. Les modalités et le calendrier ont été repoussés à des négociations de suivi, confiées au secrétaire d'Etat côté américain.

Mais peu d'avancées concrètes ont été enregistrées depuis le 12 juin: plusieurs rapports internationaux ont confirmé que les Nord-Coréens poursuivaient leurs activités nucléaires. Et le chef de la diplomatie américaine est rentré bredouille de son dernier déplacement à Pyongyang, début juillet.

S'il avait vanté des pourparlers «très productifs», sans toutefois pouvoir mettre en avant de progrès tangibles, les autorités nord-coréennes avaient dénoncé les méthodes de «gangster» des Etats-Unis et leurs «demandes unilatérales et avides» pour négocier le désarmement nucléaire.

Sanctions maintenues

Washington entend en effet maintenir les sanctions internationales draconiennes mises en place jusqu'en 2017 tant que la Corée du Nord n'aura pas vraiment renoncé à la bombe atomique, tandis que Pyongyang souhaiterait des concessions américaines à chaque étape du processus.

Mike Pompeo a appelé la communauté internationale à «maintenir la pression», lors d'un forum régional en Asie du Sud-Est début août. A cette occasion, il avait brièvement serré la main du ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho, qui avait en retour critiqué «l'impatience» américaine.

Donald Trump, qui avait un peu vite clamé la fin de «la menace nucléaire de la part de la Corée du Nord» après son sommet avec Kim Jong Un, met en avant sa bonne relation personnelle avec celui qu'il bombardait d'invectives il y a encore quelques mois, et le fait que Pyongyang ait suspendu ses essais atomiques et balistiques après la dangereuse escalade de l'an dernier et démantelé son site d'essais nucléaires --avant le 12 juin.

L'administration américaine a aussi affiché sa satisfaction après la restitution par les autorités nord-coréennes d'une petite partie des dépouilles de soldats américains jamais rentrés à la maison après la guerre de Corée de 1950-53, un engagement symbolique pris à Singapour, mais sans lien avec la dénucléarisation. «Ce sujet va prendre du temps», a prévenu Heather Nauert. «Les consultations vont se poursuivre» après ce nouveau voyage, a-t-elle ajouté, refusant de détailler les attentes américaines.

Le ministre de la Justice se cabre

Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a vigoureusement repoussé jeudi les critiques renouvelées de Donald Trump sur fond d'affaire russe. Il a affirmé publiquement qu'il ne céderait pas aux pressions politiques.

«Tant que je serai ministre de la Justice, les actes du ministère de la Justice ne seront pas indûment influencés par des considérations politiques», écrit ce républicain ultra-conservateur, dans un communiqué. «J'exige le plus haut niveau et lorsqu'il n'est pas là, j'agis», ajoute-t-il.

Jeff Sessions est la cible régulière de la colère de Donald Trump depuis qu'il s'est récusé de l'enquête russe du procureur spécial Robert Mueller en mars 2017. C'est son numéro deux, Rod Rosenstein, qui tient donc les rênes de l'enquête.

Ingérence russe

Washington a mis en garde la Russie à Genève contre toute interférence dans les élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis. Sur l'ONU, John Bolton a annoncé jeudi des coupes dans la contribution américaine au Haut-commissariat aux droits de l'homme.

Le conseiller américain à la sécurité nationale a rencontré pendant cinq heures à la mission de son pays à Genève son homologue russe Nikolaï Patrouchev. Une réunion de suivi «pour tenter de restaurer les échanges diplomatiques» entre les deux pays, qui avait été prévue après le sommet entre les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine à Helsinki.

(AFP)

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