Italie: Pont écroulé à Gênes: les recherches s'achèvent

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ItaliePont écroulé à Gênes: les recherches s'achèvent

Le bilan de la chute d'un pont, survenue à Gênes, mardi, est désormais définitif.

Les opérations de recherche pour retrouver des personnes portées disparues dans l'effondrement du pont de Gênes ont pris fin dimanche, au lendemain de funérailles d'Etat pour les victimes de ce drame. Le bilan officiel de la catastrophe de mardi s'établit à 43 morts.

Ce bilan a été fourni par la préfecture de Gênes après la découverte dans les décombres d'une voiture contenant les corps de trois personnes, probablement ceux d'un couple turinois et de leur fillette de neuf ans. Neuf blessés sont toujours hospitalisés, dont quatre se trouvent dans un état grave.

La totalité des personnes qui étaient portées disparues depuis l'accident de mardi ont été identifiées et retrouvées. Les unités de pompiers continuent d'intervenir sur le viaduc afin de le sécuriser et d'aider les enquêteurs à établir les causes de la catastrophe.

Hommage national

Samedi, l'Italie entière avait rendu hommage aux victimes lors de funérailles nationales à Gênes. La cérémonie s'est déroulée en présence des plus hauts responsables de l'Etat et de milliers d'habitants de la ville, mais été boycottée par la moitié des familles, qui accusent l'Etat d'être responsable du drame.

Les pompiers, secouristes et policiers ont été accueillis par des applaudissements à leur arrivée au parc des expositions dans lequel les cercueils des victimes étaient exposés devant un autel provisoire.

De longs applaudissements ont aussi salué la lecture des prénoms des 38 morts identifiés et l'évocation des dernières victimes encore non identifiées. La cérémonie a été marquée par un temps de prière islamique pour deux Albanais musulmans.

Autostrade débloque 500 millions

Face à l'émotion et à la colère, le gouvernement a attaqué la société autoroutière Autostrade per l'Italia, la famille Benetton qui contrôle le groupe, l'incurie des gouvernements précédents et l'Union européenne. Vendredi, le ministère des Infrastructures a officiellement adressé un courrier à Autostrade en vue de révoquer la concession de la société sur le tronçon du pont, lui donnant quinze jours pour répondre.

Dans une conférence de presse samedi à Gênes, les dirigeants d'Autostrade n'ont pas souhaité réagir à cette décision. Mais ils ont promis «un demi-milliard d'euros disponibles dès lundi» pour aider la ville et les victimes.

Cette somme comprend à la fois un fonds se comptant «en millions d'euros» pour les proches des victimes, mais aussi un fonds avec «des dizaines de millions d'euros» géré par la commune pour reloger les habitants dont les immeubles sous le pont sont condamnés.

Parallèlement, «nous avons un projet qui nous permet, en huit mois, entre démolition et reconstruction, d'avoir un nouveau pont en acier», a-t-il assuré, précisant que le délai de huit mois s'entendait à partir du feu vert des autorités au projet. Pour désengorger la ville en attendant, Autostrade aménagera aussi «en un temps record» une alternative pour les poids-lourds sur une voie privée de l'aciérie Ilva près du port. Et les autoroutes de la zone de Gênes ne seront plus payantes à partir de lundi.

Sécurité des infrastructures

Le vice-Premier ministre Luigi Di Maio a d'ores et déjà indiqué que le gouvernement n'accepterait pas l'«aumône» ainsi offerte par la société autoroutière. Il a réclamé des compensations «crédibles» de la part d'Autostrade.

Le gouvernement lancera en septembre un plan destiné à garantir la sécurité des infrastructures routières en Italie, a par ailleurs annoncé dimanche Giancarlo Giorgetti, secrétaire d'Etat auprès de la présidence du Conseil. Ce plan concernera les autoroutes, les ponts et les viaducs, mais aussi les bâtiments publics tels que les écoles, a-t-il dit dans un entretien au journal Il Messaggero.

«Il s'agira d'opérations de maintenance sans précédent, avec d'énormes investissements dans les travaux publics», a ajouté ce responsable de la Ligue (extrême droite), sans préciser le coût de ce plan. «Le déficit, le PIB ou les règles européennes n'existent pas», a-t-il seulement affirmé.

(ats)

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