28.06.2014 à 18:08

Conflit en UkrainePorochenko annonce une réforme constitutionnelle

Le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé samedi une réforme constitutionnelle octroyant plus de pouvoirs aux régions.

Le président Petro Porochenko a annoncé une réforme constitutionnelle.

Le président Petro Porochenko a annoncé une réforme constitutionnelle.

Reuters

De son côté, la Russie s'inquiète pour sa croissance face aux menaces de sanctions de l'Union européenne.

En vertu de la réforme de la Constitution prévue par le gouvernement de Kiev, les communes disposeront de pouvoir accrus et les finances seront «décentralisées». Une part importante des impôts resteront dans les régions et n'iront plus vers l'Etat central, a annoncé M. Porochenko dans un communiqué publié à l'occasion de la journée de la Constitution.

L'unique langue officielle est l'ukrainien

Cette réforme tiendra également compte des traditions historiques et culturelles des différents territoires, a-t-il ajouté, en réponse aux revendications d'une plus grande autonomie pour les régions. «Toutefois, l'unique langue officielle était, est et sera la langue ukrainienne», a-t-il martelé, faisant référence aux appels de la minorité russophone d'obtenir un statut officiel pour sa langue.

Le «plan de paix» présenté la semaine dernière par le président ukrainien prévoyait déjà, entre autres points, une décentralisation du pouvoir dans la région industrielle russophone du Donbass.

Craintes pour la croissance

L'Union européenne a exigé vendredi que Moscou ouvre des «négociations de fond» avec Kiev sur l'application de ce plan de paix. Elle a donné jusqu'à lundi à la Russie pour prendre des mesures visant à mettre fin à l'insurrection séparatiste, sous peine de sanctions.

De telles sanctions pourraient avoir des «conséquences graves» sur la croissance du pays, a averti le ministre russe de l'Economie, Alexeï Oulioukaev.

Selon le scénario le moins optimiste, «la croissance économique pourrait passer gravement en territoire négatif: les taux d'investissement iraient en territoire encore plus négatif, les revenus baisseraient, l'inflation augmenterait et les réserves de l'Etat diminueraient», a-t-il dit.

Nouveaux incidents

Vendredi, M. Porochenko avait annoncé que le cessez-le-feu d'une semaine ordonné à ses troupes, et accepté ensuite côté rebelle, était prolongé de 72 heures. Le temps, espère-t-il, que la Russie mette fin aux «infiltrations» d'armes et de combattants. Mais les incidents se poursuivent.

Vendredi soir, des rebelles ont pris le contrôle d'une base du ministère de l'Intérieur abritant une usine de munitions à la périphérie du fief insurgé de Donetsk. Samedi, les séparatistes donnaient le choix à la centaine de soldats: prêter allégeance à la Russie ou rentrer chez eux, selon un journaliste de l'AFP.

Trois soldats sont également morts samedi dans une attaque contre des positions ukrainiennes près de Slaviansk, place-forte insurgée, selon un porte-parole des opérations militaires ukrainiennes. De leur côté, des gardes-frontières russes ont affirmé qu'un poste-frontière et des villages en territoire russe avaient été touchés par trois obus tirés par l'armée ukrainienne.

Disponibilité de l'OSCE

Dans ce contexte, le ministre ukrainien de la Défense, Mikhailo Koval a haussé le ton samedi. «Tout le monde sait qu'il vaut mieux une mauvaise paix qu'une bonne guerre. (...) S'il n'y pas de solution pacifique, nous détruirons les militants» qui refusent de déposer les armes», a-t-il menacé.

Le président de la Confédération Didier Burkhalter, président en exercice de l'OSCE, croit, lui, toujours à la possibilité d'une désescalade. Il a redit, devant l'assemblée parlementaire de l'OSCE, la disponibilité de l'organisation à s'engager pour trouver une solution pacifique à la crise.

Didier Burkhalter a également salué le travail des observateurs de l'OSCE en Ukraine. «Nous aurons besoin de davantage de Lukas, de Lars, de Töris et de Memets pour rétablir la paix», a-t-il ajouté, rendant hommage aux quatre observateurs détenus dans la région de Lougansk et libérés dans la nuit de jeudi à vendredi.

(ats)

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