Actualisé 19.10.2014 à 19:07

Crise en UkrainePorochenko promet à ses concitoyens un hiver au chaud

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est mis d'accord avec la Russie, lors des entretiens de Milan, sur un prix provisoire du gaz russe livré à l'Ukraine. Il a assuré que cela permettrait de mettre fin au conflit gazier.

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Matteo Renzi entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko. (Vendredi 17 octobre 2014)

Matteo Renzi entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko. (Vendredi 17 octobre 2014)

AFP
La réunion des dirigeants européens à Milan. De gauche à droite: le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, David Cameron, Francois Hollande, Vladimir Poutine, Matteo Renzi, Petro Porochenko et Angela Merkel. (Vendredi 17 octobre 2014)

La réunion des dirigeants européens à Milan. De gauche à droite: le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, David Cameron, Francois Hollande, Vladimir Poutine, Matteo Renzi, Petro Porochenko et Angela Merkel. (Vendredi 17 octobre 2014)

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Vladimir Poutine serre la main de son homologue ukrainien Petro Porochenko. (Vendredi 17 octobre 2014)

Vladimir Poutine serre la main de son homologue ukrainien Petro Porochenko. (Vendredi 17 octobre 2014)

AFP

Petro Porochenko a assuré que les Ukrainiens n'auraient pas froid cet hiver grâce à un accord avec Vladimir Poutine sur la reprise de livraison du gaz russe. Un rétablissement du contrôle total de la frontière russo-ukrainienne par Kiev semble également se dessiner.

C'est une condition clé, selon Kiev, pour pacifier l'Est séparatiste prorusse où le conflit a déjà fait plus de 3600 morts et où les combats se sont poursuivis ce week-end. A Donetsk, bastion des rebelles, de fortes détonations ont à nouveau retenti dimanche à intervalles réguliers depuis le secteur de l'aéroport, théâtre de vifs combats depuis plusieurs jours.

Quatre civils ont été tués et neuf blessés en deux jours, ont annoncé les autorités locales. Le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriy Lissenko, a déclaré dimanche que treize soldats gouvernementaux avaient aussi été blessés en 24 heures dans l'Est.

Premiers frimas

«Je peux dire que l'Ukraine aura du gaz, aura du chauffage», a déclaré samedi soir le président ukrainien aux télévisions de son pays alors que les températures ont commencé à chuter depuis samedi sur tout le territoire ukrainien.

Précisant les contours de la convention conclue vendredi à Milan entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko, le porte-parole du géant gazier russe Gazprom, Sergueï Kouprianov, a souligné que cet accord de principe entre les deux présidents devait être maintenant formalisé après résolution de l'épineuse question de la dette.

Vladimir Poutine a indiqué que cette dette s'élevait à 4,5 milliards de dollars (4,25 milliards de francs). Mais Kiev dispute ce montant devant la cour d'arbitrage internationale de Stockholm. «Cela fera l'objet de discussions mardi à Bruxelles» au niveau ministériel, a souligné Sergueï Kouprianov.

Prix marchandés

Gazprom a coupé en juin ses livraisons de gaz à Kiev, qui refuse la hausse de prix décrétée par Moscou après l'arrivée au pouvoir de proeuropéens en Ukraine en février et a accumulé une lourde dette.

Concernant le prix, «nous sommes arrivés à un accord, la position ukrainienne a été de facto acceptée: parlons uniquement de l'hiver et fixons un prix à 385» dollars (365 francs) pour 1000 m3, a déclaré Petro Porochenko. «Les Russes ont accepté», a-t-il précisé.

Il a expliqué que pour la période estivale, quand la demande est moins forte, Kiev souhaitait en revanche un prix à 325 dollars, ce que Moscou refuse. Le prix est actuellement de 485 dollars. Kiev insiste sur la rédaction d'un nouveau contrat commercial.

Frontières contrôlées

Petro Porochenko a aussi annoncé un accord avec la Russie pour rétablir le contrôle de la frontière russo-ukrainienne par les gardes-frontières ukrainiens, mais en raison du conflit la tâche demeure impossible dans la zone contrôlée par les séparatistes.

Des consultations sont prévues «lundi ou mardi» entre représentants des gardes-frontières des deux pays. Kiev accuse toujours la Russie de faire transiter dans l'Est des armes et des combattants et d'y avoir déployé en août des troupes régulières, ce que Moscou dément.

MH17: nouvelles preuves

Trois mois après le crash du vol MH17 au-dessus de l'Ukraine, le patron du renseignement allemand, Gerhard Schindler, a accusé dimanche dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel les séparatistes prorusses d'avoir abattu à l'aide d'un missile sol-air l'appareil de la Malaysia Airlines, avec 298 personnes à son bord.

Il a livré ses conclusions le 8 octobre, devant une commission de contrôle parlementaire, sur la foi de «photos et d'enregistrements satellites», a précisé le magazine.

Selon lui, les séparatistes prorusses ont dérobé un système de missiles sol-air de moyenne portée Bouk dans une base militaire ukrainienne, et l'ont utilisé pour abattre l'avion, une thèse déjà avancée par les Etats-Unis au lendemain de la catastrophe, à la différence que pour Washington le système de lancement «a été acheminé depuis la Russie et remis aux mains des séparatistes».

(ats)

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