10.11.2020 à 16:17

Porrentruy veut des cigognes comme Avenches, vœu pieux?

Trois nids seront construits pour compenser le dépérissement d’une alignée de pins, en périphérie, mais les échassiers ne sont pas désirés en ville.

par
Vincent Donzé
Il y a deux ans, les cigognes étaient nombreuses en été sur les toits de Porrentruy

Il y a deux ans, les cigognes étaient nombreuses en été sur les toits de Porrentruy

DR

D’une saison à l’autre, les cigognes sont de plus en plus nombreuses à faire halte à Porrentruy (JU), sur leur chemin migratoire. Leur présence furtive ravit les habitants, mais un problème se pose: l’allée de pins qui favorise leur nidification dépérit le long de la route menant à Alle. La faute à la sécheresse et… aux cigognes elles-mêmes, en raison de leurs fientes qui affaiblissent les branches.

Selon «Le Quotidien Jurassien», les cigognes blanches nichent sur des pins noirs d’Autriche. Le biologiste Michel Juillard a dénombré 21 couples sur autant d’arbres qui s’assèchent. Lorsque les cigognes migrent au sud, les forestiers opèrent des coupes qu’il s’agit de compenser avec des nids artificiels.

Les cigognes nichent sur une allée de pins qui dépérissent à l’horizon.

Les cigognes nichent sur une allée de pins qui dépérissent à l’horizon.

Lematin.ch/Vincent Donzé

La solution vient de la Fondation des Marais de Damphreux, qui demande la permission de construire sur un terrain agricole trois mâts dotés d’une plate-forme, à l’arrière de la centrale du thermoréseau. Trois mâts, pas un de plus: «On ne veut pas créer une forêt de poteaux», a indiqué Michel Juillard au QJ.

Problème principal posé dans la vieille ville: les fientes.

Problème principal posé dans la vieille ville: les fientes.

DR

En vieille ville, les cigognes ne font que passer, mais Michel Juillard rêve de les voir nicher, comme à Altreu (SO) et à Avenches (VD). Un objectif difficilement réalisable: protection de la nature et protection du patrimoine ne font pas bon ménage.

Le salut ne viendra pas des quartiers résidentiels: «Dans les villas, on veut de la tranquillité, alors que les cigognes claquent du bec», relève Michel Juillard.

Les marais de Damphreux disposent déjà d’un mât surmonté d’un nid artificiel.

Les marais de Damphreux disposent déjà d’un mât surmonté d’un nid artificiel.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Le pari n’est pas perdu pour l’Ajoie, avec des solutions de remplacement dans la vallée de l’Allaine, à Alle ou à Miécourt, où réside Michel Juillard, mais aussi aux marais de Damphreux, où six couples se sont établis. Un mât a été érigé à Courtemaîche et un autre le sera à Montignez, le permis de construire ayant été délivré.

La déception, pour Michel Juillard, c’est de ne pas avoir revu la cigogne baptisée «Porrentruy», équipée d’une balise: partie à Lisbonne en hiver, à Hambourg en été, elle s’est installée à Madrid. L’an prochain, peut-être…

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10 commentaires
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Makita

11.11.2020 à 12:49

«Dans les villas, on veut de la tranquillité, alors que les cigognes claquent du bec» Ils veulent des oiseaux, mais petits, avec un joli chant, entre 8h et 17h avec pause de 11:30 à 13:30 et qui ne fientent pas dans leur jardin! En attendant de claquer du bec eux même! De toute façon en centre ville les "sans-dents" sont déjà assourdis par les chantiers et les scooters, alors refilons leur aussi les cigognes (si elles veulent bien y aller...)

Bonny dé

10.11.2020 à 17:45

Bon courage pour cette initiative, c’est vrai vous êtes à deux pas de l’Alsace. Donc ça ne devrait pas être difficile

Delémontains

10.11.2020 à 16:50

Le canton du Jura devrait rejoindre la France.