13.09.2020 à 10:32

AutoPorsche Taycan 4S: un bolide perfectible mais électrisant

Pour cette 2e partie de notre test, on met les gaz (façon de parler). Au menu? Une puissance folle, de belles innovations mais aussi quelques ratés.

par
Chistophe Pinol

Après avoir passé quelques heures à prendre en main cette splendide Taycan, on est enfin prêts à tracer la route. Ne reste plus qu’à insérer notre destination, au choix tranquillement depuis chez nous, sur l’application dédiée qui se chargera ensuite de transférer les informations à la voiture, ou directement depuis le tableau de bord de celle-ci. Première déception: si l’ordinateur de bord nous indique bien un aperçu de notre trajet sur l’écran tactile central, toutes les étapes n’y figurent pas et l’ensemble manque de détails. On aimerait connaître la puissance des bornes que nous propose le logiciel, leur nombre, le prix du kWh, pouvoir paramétrer les temps de recharge suggérés…

Dirk Michael Deckbar

Bref, on se sent un peu perdu et l’on est content d’avoir planifié de notre côté, en amont, notre périple dans ses moindres détails. On part de Genève, direction Menaggio, sur les bords du lac de Côme, en faisant un petit crochet par les eaux turquoise de la rivière Verzasca de Lavertezzo, au-dessus d’Ascona. Un spot Instagram absolument incroyable.

D’abord, modèle 100% électrique oblige, il va falloir se faire à l’idée d’un nouveau son Porsche. Oubliez les rugissements du V8 de la Panamera ou du Flat 6 d’une 911. Désormais, il faudra compter avec le silence d’un moteur électrique.

Ou presque, puisque la marque a tout de même développé sa propre signature sonore: un sifflement assez fascinant, tout droit sorti d’un vaisseau spatial. Légalement, il s’enclenche lorsqu’on roule au pas, afin de prévenir piétons et cyclistes, mais également lorsque l’on passe en mode de conduite Sport+. Sinon, on pourra choisir de le couper ou non.

Porsche Suisse | Taycan Grand Tour Ostschweiz | Juni 2020 ©  Dirk Michael Deckbar | +491723108973 | Mail@deckbar.de |

Porsche Suisse | Taycan Grand Tour Ostschweiz | Juni 2020 © Dirk Michael Deckbar | +491723108973 | Mail@deckbar.de |

deckbar.de

Théoriquement la plus rapide à se recharger

En route, on commence par tester l’intégration native d’Apple Music (gratuit pendant les 6 premiers mois) qui propose même une playlist labélisée Porsche. Le tout en streaming, basé sur la propre connexion wifi du bolide. C’est assez fluide, quasi instantané, et la voiture jouit d’une excellente spatialité sonore (système Bose Surround) réglable avec une précision de folie, comme chez Tesla, depuis l’écran central en faisant glisser son doigt sur une représentation 2D de l’habitacle.

Mais déjà, on arrive à notre première station de recharge… Seul véhicule électrique du marché à bénéficier d’une architecture de 800 volts, la Taycan est – de fait – aussi celle qui se recharge le plus rapidement. Avec la batterie de 93kWh dont nous sommes équipés, elle est censée passer de 5 à 80% en 22 minutes sur les bornes Ionity 350kW.

Du moins théoriquement, car ces bornes sont pour l’instant bridées à 270kW et l’on y a forcément passé plus de temps que prévu. Ces bornes sont encore assez rares en Suisse (à peine 10) mais plutôt bien réparties sur les grands axes routiers. Pour preuve, lors des 6 recharges effectuées au cours de notre périple, 5 ont pu l’être sur Ionity. Et question occupation, en plein weekend du 15 août, nous n’avons observé strictement aucune attente.

Le détail qui tue

Auprès de la borne, on se délecte d’une des touches high-techs les plus fun de ce véhicule: la trappe de recharge qui s’ouvre en coulissant dans la carrosserie, simplement en glissant un doigt sous une ailette attenante munie d’un capteur (en option, bien sûr). A noter que la voiture est équipée de deux de ces trappes: l’une sur le côté droit pour le courant alternatif et la charge super-rapide, et l’autre sur le côté gauche, courant alternatif uniquement. Le propriétaire qui voudra la recharger à la maison n’aura ainsi jamais à faire le tour de la voiture avec son câble.

Par contre, manque de chance avec notre première recharge, on tombe sur une borne Ionity en panne. Et comme l’an passé avec certains des Superchargeurs Tesla, strictement rien n’indique son disfonctionnement. On passe donc 20 minutes à essayer de comprendre pourquoi notre véhicule ne veut pas se charger, persuadé que le débutant que nous sommes doit forcément mal s’y prendre.

Alors qu’en changeant de borne, on réalise qu’il suffit d’appliquer la carte Porsche offerte à l’achat du véhicule sur l’écran tactile de la borne. Valable 3 ans, ce badge permet de bénéficier d’un prix de 37 ct/kWh au lieu de 79. L’abonnement annuel étant ensuite facturé 179.-. Un «plein» Ionity, de 0 à 100%, pour 460 km, revient ainsi à environ 31.- francs avec le badge, autour de 66.- sans.

Dirk Michael Deckba

Attention aux limitations de vitesse!

Question caméras embarquées, le nerf de guerre des voitures connectées, il y a du bon et du moins bon, sur la Taycan. Déjà, la conduite automatique telle qu’on la connaît avec Tesla n’est pas au menu. On parlera plutôt d’une simple aide censée prévenir en cas d’endormissement sur l’autoroute.

En gros, la voiture repère les lignes au sol et si le véhicule mord dessus alors qu’on a lâché le volant, le système renvoie la voiture vers le centre de la voie, en lançant une première alerte – sonore – puis une autre avec la ceinture de sécurité qui envoie une secousse si le conducteur n’a pas repris le contrôle. Pratique, mais guère utile en tant que conduite automatique.

On réalise surtout que les caméras censées analyser les panneaux de limitation de vitesse, et répercuter l’information sur le tableau de bord, sont perfectibles et ne les repèrent pas tous. En résulte des indications parfois erronées, soit bien au-dessus de la limite en réalité autorisée, ou au contraire en deçà, et l’on perd assez vite confiance dans le système.Par contre, celui d’assistance au parcage nous a beaucoup séduit, se relevant très efficace pour louvoyer dans des passages étroits ou exigus.

On en a fait l’expérience le lendemain, peu avant d’arriver à Saint-Moritz, au cours d’une halte à Soglio, hameau du sud des Grisons entièrement taillé dans la pierre et sacré «plus beau village de Suisse» en 2015. Là, dans un parking guère adapté à notre gabarit maous, frôler les différents obstacles a déclenché sur l’écran d’info-divertissement (et cela fonctionne aussi en enclenchant la marche arrière, en complément de la caméra de recul) une vue extrêmement précise du dessus de la voiture et de son environnement proche, comme si une caméra était placée à 5m de hauteur. De la même manière, il est possible de naviguer autour de la voiture, à travers des caméras donnant l’impression d’être placées à 2 ou 3 mètres de distance. Très impressionnant et idéal pour manœuvrer.

Petite poussée à 240km/h

Question conduite, si l’on peut quitter, l’espace de quelques lignes, le domaine high-tech, on a pris un pied total. Tout spécialement une fois passé le col du Julier, dans les lacets de la route descendant vers Bad Ragaz. D’abord parce qu’on commençait à avoir la voiture bien en main, mais surtout parce que son train avant est d’une précision phénoménale. Et puis ses deux moteurs (un sur chaque essieu), ainsi que sa boîte à deux rapports (un court et un long), lui donnent une patate folle qui permet de doubler dans presque n’importe quelle situation. Notre périple nous emmène d’ailleurs ensuite du côté de l’Allemagne, à Lindau, sur les bords du lac de Constance, et on en profite pour pousser le bolide dans ses retranchements. Waouw…. Quelle puissance! La fiche technique annonçait une vitesse maximum de 250km/h mais on atteint les 240 sans trop pousser. Après, à cette vitesse, la batterie fond forcément à vue d’œil.

Dirk Michael Deckbar

Retour sage sur Genève, ensuite, après un crochet au beau lac d’Oeschinen, dans les Alpes bernoises. Au total, on a donc avalé plus de 1300 kilomètres en 3 jours, sans ressentir la moindre fatigue au volant, ni mal de dos. Un confort total.

Alors oui, la technologie embarquée n’est pas toujours aboutie et on a parfois l’impression d’être face à un prototype de luxe, mais certains défauts pourront probablement être réglés par de futures mises à jour. Et en fin de compte, c’est bien avec des véhicules de ce type, bourrés d’atouts, plein de promesses, que se font les révolutions. Celle de l’électrique est en marche.

Christophe Pinol

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
1 commentaire
L'espace commentaires a été desactivé

Fred

13.09.2020 à 11:05

Ouvrez les commentaires où il faut.... mrd !