03.06.2019 à 20:35

Porto se prépare gentiment au «final four»

Football

L’ambiance n’est pas à l’excitation dans les rues de la ville avant la réception de la Suisse mercredi. Le Portugal veut gagner le tournoi, mais ne se rend pas malade pour ça.

par
Tim Guillemin, Porto
L'entraînement de l'équipe de Suisse n'a suscité qu'un intérêt poli, lundi à Crestuma, près de Porto.

L'entraînement de l'équipe de Suisse n'a suscité qu'un intérêt poli, lundi à Crestuma, près de Porto.

Keystone

Le football de clubs a beau être en pause estivale, il est tellement fort au Portugal qu’il faut aller loin dans les pages intérieures des journaux spécialisés pour trouver trace du «final four» de la Ligue des Nations en ce lundi. La sélection portugaise joue pourtant à domicile, ses stars seront là, la possibilité de remporter un trophée est réelle, mais l’intersaison de Benfica, du Sporting et du FC Porto passionne beaucoup plus les lecteurs.

L’atmosphère n’est d’ailleurs pas à la Selecçao dans les rues de Porto, où à peine quelques affiches sur les murs annoncent la tenue de ce Portugal-Suisse mercredi. Les fans suisses ne sont pas encore là, ou très peu d’entre eux seulement, et le très gros du contingent de 3500 confédérés débarquera entre mardi et mercredi au nord du Portugal. En attendant, Porto vit tranquillement ce début d’été. Rien ne dit que deux sélections européennes de premier plan, ainsi que l’Angleterre et la Suisse, s’affronteront entre mercredi et dimanche à Porto et à Guimaraes.

«On se réjouit»

«On se réjouit de ce tournoi, c’est une très belle compétition», lâche pourtant Pepe, le puissant défenseur central qui en a vu d’autres. Surtout, le Portugal veut faire honneur à son sens légendaire de l’accueil. «On va recevoir des supporters de Suisse, des Pays-Bas et d’Angleterre. Il faut que la fête soit belle. Je suis content que la Fédération ait choisi de mettre en valeur Guimaraes, qui est à mon avis une ville très intéressante», continue Pepe, agent touristique de premier ordre. La Suisse n’espère cependant pas avoir à découvrir cette charmante cité, puisque cela signifierait que la troupe de Vladimir Petkovic se serait inclinée dans sa demi-finale, mercredi à 20h au Stade du Dragon de Porto.

A quelques centaines de mètres du lieu où s’entraîne l’équipe de Suisse, à Vila Nova de Gaia, Jorge passe sa journée à préparer des merveilles nommées «francesinha», «frango no churrasco» ou «costelinha». Le foot, il adore, et il est supporter du FC Porto. La Ligue des Nations, il va s’y intéresser, mais il n’ira pas au match. «Je travaille. Je vais regarder à la télévision. De toute façon, dans tous les restaurants il y a une télévision qui retransmet les matches», sourit le costaud cuistot.

Les Pays-Bas «inquiètent»

Jorge en est persuadé: le Portugal va battre la Suisse, mais il se méfie de la finale face aux Pays-Bas, son coup de cœur. «Ils ont Frenkie De Jong, qui va signer au Barça. On n’en a pas un comme lui, on est un peu faibles au milieu», continue Jorge. «Enfin faibles… On est meilleurs que la Suisse quand même!». On lui suggère tout de même que Granit Xhaka est un très bon footballeur, mais nos arguments ne le convainquent pas.

Le centre-ville de Porto est lui très calme en ce lundi soir. Ce «final four» est certes vu comme un trophée officiel, mais loin du prestige d’un Euro ou d’une Coupe du monde. L’attente est peu élevée, mais mercredi, le Stade du Dragon sera tout de même plein. «Et suivant la prestation des joueurs, l’ambiance pourrait être très bonne. On est sûrs de battre la Suisse, donc on ne va pas s’exciter avant. Mais si on gagne le trophée, je pense qu’il y aura tout de même une belle fête en ville de Porto. Je doute quand même que tout le pays prenne feu comme lorsqu’on a gagné l’Euro. Ca n’aura rien à voir», enchaîne Rui, croisé dans la rue avec un maillot de Bernardo Silva.

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