Voile: Pour Alan Roura, il n’y a pas de polémique sur les compensations
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VoilePour Alan Roura, il n’y a pas de polémique sur les compensations

Le premier navigateur à franchir la ligne d’arrivée ne sera pas forcément le vainqueur. De quoi bouleverser la fin du Vendée Globe.

par
Grégoire Surdez
Pour Alan Roura, les compensations ajoutent du piquant à la fin de course.

Pour Alan Roura, les compensations ajoutent du piquant à la fin de course.

La Fabrique

Alors qu’il est encore loin des Sables d’Olonne, Alan Roura garde un œil sur la lutte féroce qui a lieu dans le golfe de Gascogne. Et cette arrivée complètement folle qui va se jouer au-delà de la ligne d’arrivée. Charlie Dalin, qui coupera la ligne vers 19h ce soir, ne devrait pas forcément être déclaré vainqueur.

La raison? Les diverses compensations accordées par les organisateurs à trois marins qui se sont déroutés pour aller porter assistance à Kevin Escoffier dans le sud de l’océan Indien. Le Genevois ne veut pas polémiquer sur ces ajustements qui font partie intégrante de la course au large et du monde maritime en général. Il nous le confirme depuis le cockpit de la Fabrique.

«Ça donne encore plus de piment sur ces derniers moments de course»

Alan Roura, skipper de «La Fabrique»

«Je pense que c'est complètement normal d'avoir des compensations en termes de temps. Malheureusement sur cette édition, il n'y a pas qu'un seul skipper qui a droit à cette compensation, c'est donc plus compliqué pour le classement. Ça risque d'être dur pour le grand public de comprendre que le premier arrivé n'est pas forcément le vainqueur de la course. Mais je trouve que ça donne encore plus de piment sur ces derniers moments de course: tant que tout ce groupe ne sera pas arrivé, on ne saura pas qui a gagné!»

«Je trouve que la direction de course a donné un temps assez faible au vu de la situation pour certains skippers, et il est très dur de savoir combien de temps un marin perd s'il va chercher quelqu'un. Le changement de système météo, le mental, bref, c'est très compliqué à juger. Et par-dessus tout ça, il va falloir vérifier l'intégralité des plombs des bateaux. S’il y a un plomb cassé alors on prend encore des heures dans la vue. Tant que la direction de course n'a pas vérifié le bateau et que ce groupe de tête n'est pas arrivé, il n’ y a aucun moyen de savoir qui va gagner…»

Pour rappel, Jean Le Cam bénéficiera d’une compensation de 16h, Yannick Bestaven de 10h15 et Boris Herrmann de 6 h. Ces «bonus» sont calculés tout d’abord sur le temps effectif passé à rechercher le naufragé. Le chrono s’enclenche dès le déroutement et s’arrête dès que le skipper reprend sa route normale. A cela s’ajoutent divers paramètres comme la météo – en quittant sa route, le skipper a-t-il été prétérité? Le verdict est rendu par un jury international après analyses de toutes les données.

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