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SAUT A SKI - MONDIAUXPour Ammann, la question de la retraite se pose

Le Saint-Gallois, en manque de confiance, n'a pas réussi d'exploit à Falun (23e). C'est Severin Freund qui a remporté le titre.

Freund est devenu champion du monde à Falun.

Freund est devenu champion du monde à Falun.

Reuters

La logique a été parfaitement respectée sur le grand tremplin des Mondiaux de Falun: Simon Ammann est resté loin du compte (23e) et l'Allemand Severin Freund s'est imposé. Pour Ammann, la question de la retraite se pose. Il ne l'a pas éludée mais il y répondra plus tard.

Quatorzième après le premier saut (125 m), le St-Gallois a complètement escamoté sa deuxième manche (114 m) pour reculer de neuf rangs. La progression attendue après sa 16e place au petit tremplin n'est pas venue, tant s'en faut. Il faut remonter à 2005 à Oberstdorf pour trouver trace de résultats aussi décevants de la part du quadruple champion olympique et quadruple médaillé mondial. Mais ces contre-performances ne constituent pas une surprise vu les circonstances.

«Je sors de deux saisons extrêmement difficiles», a analysé l'intéressé. «L'an dernier, j'ai connu des problèmes de matériel (échecs à Sotchi, ndlr). Cet hiver, il y a eu la chute (à Bischofshofen). Mais venir ici à Falun était important pour moi à plus long terme. Il me fallait vaincre ma peur. Cela m'a demandé beaucoup de courage.» En ayant retrouvé le chemin de la compétition six semaines après sa commotion cérébrale, Ammann reste maître du jeu et de son destin. «Je garde ainsi l'option de continuer ma carrière ou pas au printemps. La question de savoir si j'ai un avenir sur les tremplins reste ouverte. C'est du 50-50. Je n'ai rien de public à annoncer pour l'instant. Si ma motivation est toujours là? Oui oui...» Sur un plan purement technique, Ammann a attaqué son deuxième saut de manière "trop directe". Il n'a pas pu se rattraper. Il a déploré aussi le fait qu'"à son âge (33 ans), il n'avait plus tout à fait la même souplesse dans les jambes". Il n'a en tout cas pas réédité son long saut des qualifications (130,5 m). Et sans télémark, il n'y avait strictement rien à faire.

L'icône du Toggenburg aura encore à coeur de tirer les jeunes Helvètes dans le concours par équipes de samedi, auquel il tient beaucoup. La Suisse ne partira pas démunie. Avec sa 17e place de jeudi (122,5 et 121,5 m), Gregor Deschwanden a démontré quelques possibilités, lui qui avait déjà terminé devant Ammann au petit tremplin (14e). Quant à Killian Peier (30e avec 117 et 108,5 m), il se disait très content d'avoir passé le «cut» de la première manche, qu'il avait manqué de peu au petit tremplin. Pour le concours par équipes, il évoque une place dans les huit premiers comme objectif, mieux si affinités. Quoi qu'il en soit, il reste du pain sur la planche à l'heure de façonner l'«après-Ammann».

Freund impérial

Severin Freund a écrasé la concurrence avec deux sauts magistraux à 134 et 135,5 m (record du tremplin). L'Allemand a paru évoluer sur une autre planète, tant la différence avec ses rivaux fut flagrante. Il a pratiquement fait le plein sur les notes de style en manche finale pour s'imposer avec plus de 22 points d'avance! Le revenant autrichien Gregor Schlierenzauer a remporté la médaille d'argent et le Norvégien Rune Velta, sacré au petit tremplin, le bronze.

Pour Freund, il s'agit du deuxième grand titre individuel, après sa médaille d'or en vol à ski l'an dernier à Harrachov. Apès ses cinq victoires en Coupe du monde cet hiver, il est tout sauf un vainqueur surprise. Cela faisait 14 ans que les sauteurs allemands attendaient un titre mondial aux Mondiaux de ski nordique.

Freund est l'homme de ces Championnats en saut, avec encore ses médailles d'argent au petit tremplin et d'or dans le concours mixte par équipes.

(SI)

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