JO 2018: Pour Carlo Janka, il est l'heure de se montrer
Publié

JO 2018Pour Carlo Janka, il est l'heure de se montrer

En profitant d'une clause médicale, le Grison a tout de même pu s'envoler pour Pyeongchang. Il devra toutefois faire ses preuves.

Blessé au mois d'octobre, Carlo Janka n'a pas disputé la moindre course de Coupe du monde avant les Jeux.

Blessé au mois d'octobre, Carlo Janka n'a pas disputé la moindre course de Coupe du monde avant les Jeux.

Keystone

Blessé au mois d'octobre, Carlo Janka a refusé de se faire opérer du genou. Il arrive à Jeongseon sans course de Coupe du monde, mais avec un feu vert médical et la ferme intention de se qualifier pour la descente prévue dimanche à 3h en Suisse.

«Carlo doit prouver qu'il est candidat au podium.» Ces paroles viennent de Thomas Stauffer, le patron du ski suisse masculin. «Pour lui, on appliquera des critères spéciaux», ajoute-t-il. Le Grison est un cas particulier.

Carlo Janka s'est déchiré le ligament croisé du genou droit lors d'un entraînement à Diavolezza le 24 octobre dernier. Plutôt qu'une opération qui aurait de facto signifié le terme de sa saison, l'athlète de 31 ans a préféré laisser la nature faire son office et son ligament se réparer sans l'aide du bistouri, bien aidé dans cette mission par le thérapeute Rolf Fischer. Au début du mois de décembre, Janka a retrouvé la neige. Mais ce n'est qu'à Wengen, en janvier, que le skieur d'Obersaxen a pu se tester en Coupe du monde. Un retour pas vraiment concluant avec plusieurs secondes de retard sur les meilleurs lors des deux premiers entraînements. Idem à Garmisch deux semaines plus tard. Mais cela n'a pas découragé Swiss-Ski.

Un intense lobbying

Le lobbying de la fédération auprès de Swiss Olympic a payé. Le président Jürg Stahl a accepté cette demande exceptionnelle et Carlo Janka a pu faire ses valises pour la Corée du Sud. En faisant jouer la clause médicale, Swiss-Ski a offert un sursis au Grison. Car malgré son titre de champion olympique de géant à Vancouver, Carlo Janka doit se soumettre aux tests internes pour avoir le droit de prendre part à l'événement le plus important de l'année.

Hormis le fait que ce sont les Jeux olympiques, Carlo Janka se souvient surtout qu'il avait plutôt bien apprécié son séjour coréen il y a deux ans lors des préolympiques. Septième de la descente, il avait enlevé le Super-G le lendemain avec 0''82 d'avance sur Christof Innerhofer. Ces résultats ont pesé dans la balance. «Cela montre qu'il maîtrise les conditions de cette piste», a précisé Stauffer.

Privilégié

«Ce fut un très long chemin, explique Janka en se remémorant les dernières semaines. Un contraste de hauts et de bas et un mélange d'émotions.» Janka sait qu'il est un peu privilégié. «D'autres ont davantage mérité cette place», reconnaît-il. Mais la chance du Grison c'est qu'une place était libre dans le contingent des 22 athlètes dont dispose Swiss-Ski. Si Gian Luca Barandun avait obtenu un autre rang dans le top 15, la présence de Janka aurait été plus que compromise.

Avec de bons résultats à l'entraînement, Janka peut espérer prendre part à trois épreuves en Corée du Sud. Hormis la descente, il reste une place en combiné et deux en Super-G, où seuls Feuz et Thomas Tumler sont qualifiés. Depuis que Janka a réintégré l'équipe, il va mieux selon Thomas Stauffer: «Il s'améliore de jour en jour.»

Avec une piste en parfaite condition et dépourvue de ces vaguelettes qui peuvent causer des soucis à son genou en reconstruction, Carlo Janka observe les jours qui viennent avec optimisme: «Cela me convient bien. Ce sont les mouvements rapides qui me posent encore des problèmes, mais il n'y en a pas entre les portes.»

(ATS)

Votre opinion