Cyclisme: Pour Dillier, «bis repetita non placent»
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CyclismePour Dillier, «bis repetita non placent»

Deuxième l'année dernière, l'Argovien d'AG2R ne pourra plus compter sur l'effet de surprise, dimanche, sur Paris-Roubaix.

par
Robin Carrel
Lille
Le Suisse avait passé la journée à l'avant.

Le Suisse avait passé la journée à l'avant.

Keystone

8 avril 2018. Compiègne. Le début de ce 116e Paris-Roubaix est maîtrisé par l'équipe Quick-Step, qui compte de nombreux favoris dans ses rangs. Après quelques kilomètres, six coureurs trouvent la faille, vite rejoints par trois autres athlètes. Parmi eux, le Suisse Silvan Dillier. L'Argovien parvient à mieux résister que ses compagnons de fugue, lorsque Peter Sagan finira par revenir sur eux. Le Slovaque s'imposera facilement au sprint au Vélodrome après 55 kilomètres de fugue.

Deuxième au final, Silvan Dillier aura vécu un rêve éveillé. Il a même relayé celui qui était alors champion du monde sur les portions non pavées de la fin de course et eu l'insigne honneur de rentrer en tête sur le mythique Vélodrome de la cité des Hauts-de-France. L'Alémanique de 28 ans se révélait alors aux yeux du grand public français, d'une petite partie du peloton et aussi un peu à lui-même. Et c'est un peu là le problème...

S'il veut espérer gagner, il doit partir de loin. Mais s'il part de loin, la meute des favoris et leurs équipiers se mettront à ses trousses. C'est ça, «avoir la pancarte»... «C'est clair qu'il est plus compliqué pour moi de partir à l'avant désormais, nous a avoué Dillier cette semaine. J'ai tenté en début d'année, notamment sur le Tour de Valence, mais j'ai été rattrapé peu avant la fin. Ça m'a toutefois permis de voir que j'en étais toujours capable.»

Paris-Roubaix est une des courses dont il rêve. Quand on lui demande ce qu'il s'imagine la veille de l'épreuve, l'Argovien se voit toujours lever les bras sur le Vélodrome un jour. «J'essaie toujours de trouver ma course parfaite, nous indiquait-il. Le plus important pour moi, c'est d'essayer de le faire ce dimanche. Mais c'est dur... Ma forme n'est pas encore «top top». En 2018, j'ai pu voir que c'était possible pour moi de terminer cette course avec les tout meilleurs.»

Reste que le coureur AG2R a aussi un sacré client à surveiller... dans sa propre équipe. Oliver Naesen vient de terminer 7e d'un Tour des Flandres très enlevé, malgré une bronchite. «Si dans le final, il n'y a plus que lui et moi de notre équipe dans le peloton des favoris, je devrai sans doute travailler pour lui, disait Dillier. Ce sera à la direction sportive de mon équipe de trancher.» Lui, tout ce qu'il veut plutôt qu'on tranche en sa défaveur, c'est couper la ligne en premier.

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