Actualisé 27.12.2018 à 06:30

JazzPour la basse de Marcus

Rencontre au sommet avec le bassiste new-yorkais Marcus Miller, légende vivante du jazz

par
Josiane & Josette
DR

N'en déplaise à d'autres artistes, tout à fait sympathiques au demeurant, que nous avons pu croiser (loin de nous l'idée de faire de la délation, vous trouverez un indice au bout de ce lien), nous sommes des inconditionnelles de basse. Majestueuse et profonde cousine de la guitare (c'est un peu le duo contrasté Vanessa Paradis - Jeanne Moreau) elle est discrète et humble tout en soutenant la ligne mélodique d'une rythmique bondissante.

Les montées de dou-dou-doum-dou-dou-dou-doum-doum – vous aussi vous l'avez dans la tête maintenant, on le sait – à fond dans les amplis c'est ce qui remue les entrailles. C'est aussi ce qui fait bouger, d'un air entendu, les têtes (souvent affublées d'un couvre-chef) des spécialistes de jazz.

Leurs têtes remuent. Les nôtres aussi. Et il n'y pas que cette partie du corps qui dodeline. Il y a plusieurs sortes de jazz, chacun le sien, aucun pour certains, notre coeur penche pour celui qui a le rythme dans la peau et la basse sur le devant de la scène. Qu'elle soit contre ou électrique, elle a toutes nos faveurs.

Nous sommes donc parties l'esprit en joie rencontrer le roi incontesté du slap. Quand le jazz a une silhouette funk et que le funk sent bon le sous-sol du Village Vanguard new-yorkais, le grand Marcus Miller n'est pas loin. Il est au micro des JJ.

Le sourire engageant, le cuir du blouson qui crisse, le chapeau plat vissé sur la tête, c'est le mec le plus cool de la Terre. Et qui trouve que tous les gens qu'il croise, les musiciens avec lesquels il travaille, sont sooo cool aussi. Artiste profondément généreux, il va propulser à coup de cordes pincées et de beats groovy les talents qu'il accompagne, qui l'accompagnent.

Totalement indissociable de sa basse, sa muse, sa comparse aux rondeurs féminines, il vit dans l'admiration de ses mentors et de ses partenaires de jeu, de Miles Davis à France Gall, en passant par Aretha Franklin, Nougaro, Eric Clapton ou Elton John.

Et puis il y a son père, pianiste disparu cette année, à qui il rend hommage et qui donne une aura particulière à sa tournée actuelle. Cette tournée qui a vu monter sur scène la chanteuse Selah Sue, une voix Soul sous une crinière blonde. Invitée à chanter un morceau, adaptation libre et rythmée de la chanson Que sera sera, sur l'album Laid Black du bassiste, elle suit aussi ce dernier sur scène. Le plaisir du duo est sans conteste communicatif.

Une certitude, cet homme-là ne peut pas avoir l'âge qu'indique sa carte d'identité. À 21 ans il était sur scène avec Miles Davis et n'a pas pris une ride depuis. Il aurait même tendance à rajeunir. Les black jeans savamment troués et l'éclat de malice dans les yeux y sont peut-être pour quelque chose... ou le funk dans la peau, mieux qu'une cure de Jouvence.

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