Islande - Pour la Russie, «pas de raison» que naisse un conflit dans l’Arctique
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Islande Pour la Russie, «pas de raison» que naisse un conflit dans l’Arctique

Moscou s’est voulu rassurant jeudi à l’issue du Conseil de l’Arctique. Le ministre russe des Affaires étrangères a toutefois tracé quelques lignes rouges à l’intention des Occidentaux.

«Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour assurer notre sécurité», a toutefois prévenu le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

«Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour assurer notre sécurité», a toutefois prévenu le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

AFP

La Russie a estimé jeudi qu’il n’y avait «pas de raison» que naisse un conflit dans l’Arctique, qui doit rester à l’écart de toute militarisation, mettant dans le même temps en garde les Occidentaux contre tout renforcement de leur présence militaire à ses frontières.

Enjeu géopolitique

«Nous avons souligné au cours de la réunion que nous ne voyions pas de raison pour un conflit ici et encore moins pour un développement de programmes militaires d’un bloc ou d’un autre», a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov devant la presse à la fin du Conseil de l’Arctique en Islande.

«Et nous sommes satisfaits de constater que nos partenaires sont d’accord avec nous», a-t-il ajouté, au moment où la Russie prend pour deux ans la présidence tournante de ce forum qui réunit aussi son grand rival, les Etats-Unis, et six autres pays riverains.

Malgré les discours globalement consensuels des ministres et la promesse de «coopération» américano-russe dans la région, Sergueï Lavrov a esquissé quelques lignes rouges qui rappellent que ce vaste territoire est de plus en plus un enjeu géopolitique attisant les convoitises.

Il a notamment dit qu’il évoquerait jeudi directement avec son homologue norvégienne Ine Marie Eriksen Soreide le «renforcement de la présence militaire», qu’il voit comme une manière pour l’Otan de se déployer davantage aux portes du territoire russe.

Mise en garde

Les deux camps y ont multiplié ces derniers mois les manoeuvres militaires, les Etats-Unis envoyant des bombardiers en Norvège via l’Alliance atlantique tandis que la Russie y a effectué d’importants exercices maritimes et aériens. Washington a aussi dit ses «inquiétudes» face aux «activités militaires» russes.

Sergueï Lavrov a accusé l’Otan de «jouer avec les mots» en mettant en place une présence militaire américaine par «rotation» plutôt que «permanente» afin de contourner les textes qui régissent les relations entre la Russie et le bloc occidental.

«Nous voyons cela dans d’autres parties de l’Europe», a-t-il dénoncé.

Il a notamment assuré avoir mis en garde son homologue américain Antony Blinken, au cours de leur première rencontre mercredi soir à Reykjavik, la capitale islandaise, contre tout «déploiement de forces supplémentaires en Pologne, qui serait une violation directe de l’acte fondateur (des relations) entre la Russie et l’Otan de 1997».

«Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour assurer notre sécurité», «mais notre priorité et notre préférence sont vraiment le dialogue et c’est exactement ce dont nous avons discuté hier avec Antony Blinken», a ajouté le ministre russe, manifestement soucieux de préserver le ton apaisé de la réunion en Islande.

L’Arctique affiche son unité face au réchauffement

Les pays de l’Arctique se sont engagés jeudi à lutter contre le réchauffement climatique, trois fois plus rapide dans le Grand Nord, et à préserver la paix malgré une compétition géopolitique acharnée et les tensions militaires croissantes entre Moscou et les Occidentaux.

«Nous nous engageons à promouvoir une région arctique pacifique où la coopération l’emporte en matière de climat, d’environnement, de science et de sécurité», a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken à Reykjavik lors du Conseil de l’Arctique, qui réunit aussi la Russie, le Canada, l’Islande, le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède.

«La compétition stratégique qui caractérise l’Arctique attire l’attention du monde», mais «sa marque de fabrique doit demeurer la coopération pacifique», a-t-il ajouté.

Une mise en garde à peine voilée à la Chine qui, si elle n’a qu’un statut d’observateur dans ce forum, ne cache pas son intérêt pour ce vaste territoire aux conditions extrêmes autour du Pôle Nord, riche en ressources naturelles, dont l’exploitation est facilitée par le recul des glaces et le développement du transport maritime. Mais aussi à la Russie, autre grand rival des Etats-Unis, après les échanges tendus qui ont précédé la réunion dans la capitale islandaise au sujet d’un risque de «militarisation» de l’Arctique.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

AFP
(AFPE)

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