Football: Pour renaître à l'ambition, Sion a besoin d'un exploit

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FootballPour renaître à l'ambition, Sion a besoin d'un exploit

Après avoir assuré mercredi soir l'essentiel en Coupe (2-0 contre Linth), les Valaisans doivent se relancer en championnat pour sortir de la déprime.

par
Sport-Center

Mercredi soir à Glaris, le FC Sion, en disposant du FC Linth 2-0 (doublé de Kasami), a regagné un match de football, ce qui ne lui était plus arrivé depuis six semaines. Rien qu'en cela, cela représente déjà une excellente nouvelle en soi, même s'il n'y a pas lieu, on vous le concède, de bomber le torse. S'imposer devant une équipe de gentils amateurs «renforcée» par quelques anciens pros sur le retour n'a rien d'extraordinaire, relevant plutôt de la juste nature des choses.

Battre une honnête formation de 1ère ligue n'a peut-être certes rien d'un exploit, il n'empêche que Sion est sorti indemne du traquenard que représentait le rendez-vous du Buchholz, ce qui était tout sauf évident dans le contexte actuel. Ses joueurs ont en cela répondu présent, ce qui n'était pas gagné d'avance on l'a dit: dans des conditions difficiles, ils n'ont jamais rien lâché. Bien sûr, tout reste terriblement fragile, et cela s'est d'ailleurs vu lorsque la fébrilité s'est invitée sur le terrain en fin de chaque période. Après cinq matches sans victoire (quatre revers, un nul), il fallait cependant stopper la série infernale, ce que les Valaisans ont su faire.

Un devoir de Coupe correctement rempli

Si Sion ne tirera aucune gloire de sa qualification, il convient toutefois de ne pas sous-estimer ce qu'il a fait de bien sous une pluie continuelle. Pas de véritable déclic donc mais un devoir de Coupe correctement rempli. Une équipe en pleine confiance aurait certainement bien davantage corsé l'addition au lieu de demeurer à la merci d'un accident et de trembler comme l'a fait Sion, le but de la sécurité (Kasami dans le but vide, le gardien ayant délaissé sa cage pour venir prêter main forte à ses attaquants) n'étant intervenu qu'à la 94e minute.

Qu'importe au demeurant puisque l'essentiel est acquis. Ce faisant, Sion n'a rien réglé de ses problèmes actuels et il est encore trop tôt pour mesurer l'apport d'un Christian Zermatten, dont le parachutage revient surtout à mettre Stéphane Henchoz sous tutelle, d'une manière déguisée. Rien n'indique au demeurant que cette cohabitation ne puisse pas fonctionner en bonne intelligence, surtout si chacun y met du sien dans l'intérêt de la progression du groupe.

Pour relancer sa saison après la cassure intervenue en championnat et surtout franchir un cap, Sion a aujourd'hui besoin d'un exploit qui lui permettrait de sortir de la déprime, exploit qu'il n'a plus réussi en Super League depuis bien trop longtemps. C'est dire si la perspective d'affronter samedi déjà Saint-Gall, l'équipe en forme de cet automne et peut-être la plus ébouriffante du pays, tombe à pic. Au Kybunpark, les visiteurs auront tout loisir de se jauger, de confronter leur potentiel à celui des épatants hommes verts. Reproduire ce qu'ils ont montré en Coupe risque de ne pas être suffisant et il leur faudra afficher davantage de percussion dans le déploiement offensif pour ne pas être submergé par la vague verte. Parce que Sion doit apprendre à «faire mal», ce qu'il ne sait pas encore faire, ou alors trop épisodiquement. Parce que Sion peut emballer ses matches pour autant qu'il s'en donne les moyens - à ce titre, pourquoi ne pas associer Doumbia et Uldrikis pour une paire qui pourrait avoir fière allure?

Aujourd'hui, la réalité des chiffres est implacable. En cas de défaite samedi, le club valaisan serait relégué à neuf points du podium, un écart considérable pour une équipe qui ambitionne toujours de jouer les premiers rôles. C'est dire si la quête d'un exploit se fait urgemment sentir. Un exploit pour renaître. Un exploit pour devenir enfin une véritable équipe de championnat. Et ne plus devoir tout miser constamment sur la Coupe.

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