13.09.2020 à 11:33

Formule 1Pour secouer le cocotier, c’est Mercedes contre tous les autres

Après le fantastique Grand Prix d’Italie et la victoire inattendue de Pierre Gasly, les dirigeants de la F1 se sont rendus compte que des courses disputées sont indispensables au sport. Ce n’est pas l’avis de Mercedes.

von
Luc Domenjoz

Grilles inversées en 2021?

Ce printemps, pendant que la pandémie empêchait le démarrage de la saison 2020 de Formule 1, les dirigeants de la discipline ont proposé de profiter de cette saison particulière pour essayer de pimenter les qualifications et les courses, en organisant, le samedi, un «mini Grand Prix» dont la grille de départ serait le résultat de la course précédente, mais inversée. Le résultat de cette petite course donnant alors la grille de départ du Grand Prix, le dimanche.

Pour introduire un tel changement de règlement en dernière minute, l’unanimité des écuries était requise. Or, toutes les écuries étaient d’accord pour essayer… sauf Mercedes. Toto Wolff, son patron, jugeait que l’idée était contraire à l’ADN de la Formule 1, et il avait, aussi, peur que Ferrari profite de la situation pour ravir le titre à Lewis Hamilton. Il ne savait pas encore à quel point il était loin du compte sur la compétitivité de la Scuderia.

L’idée a donc été abandonnée faute d’unanimité. Mais aujourd’hui, après le passionnant Grand Prix d’Italie de dimanche dernier, Ross Brawn, l’un des patrons de Liberty Media, propriétaire des droits commerciaux de la F1, remet le concept des courses inversées sur le tapis. L’idée serait d’inverser le résultat des qualifications pour établir la grille de départ de la course, en donnant des points aux qualifs pour motiver les pilotes à signer tout de même le meilleur chrono.

Cette fois, Ross Brawn n’a plus besoin de l’unanimité - les accords commerciaux ayant changé pour 2021. Il pourrait donc faire passer son idée, même si Mercedes continue de s’y opposer : « Je pense que nous ne devrions pas bouleverser la façon d’organiser les courses », commente-t-il ce week-end. « La F1 se gagne au mérite, c’est le meilleur pilote dans la meilleure voiture qui doit devenir champion. La Formule 1, ce n’est pas le catch américain avec des résultats aléatoires. Ce n’est pas une télé-réalité, et je ne pense pas que nous devons allons dans ce sens. Notre ADN, c’est un sport, et ensuite seulement un divertissement. Et je ne dis pas ça parce que j’essaie de favoriser Mercedes! » Vraiment?

Vous voulez vous lancer en F1? Sortez le porte-monnaie!

Dans le passé, n’importe quelle écurie pouvait se lancer en Formule 1 - et on a vu des équipes plutôt exotiques dans les années 70 et 80.

Puis, il fallut mériter un droit d’entrée, dans les années 2000, et payer un montant de garantie de 20 millions de dollars à la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA), en gage de sérieux, avant de se lancer. Les quatre écuries qui s’y sont essayées en 2010 ont toutes disparu rapidement.

Désormais, dès 2021, le montant de garantie va passer à 200 millions d’euros! La raison de cette somme pharaonique vient des nouveaux accords commerciaux sur lesquels toutes les écuries actuelles viennent de s’entendre: ces accords prévoient que chaque équipe va recevoir, chaque année, un pourcentage égal des revenus télévisés et publicitaires de la Formule 1. Une nouvelle écurie entraînerait une baisse mécanique de ces montants, puisque le même gâteau serait découpé en une part de plus.

Pour compenser ce futur manque à gagner des dix écuries actuelles, le nouveau venu devra donc verser 20 millions à chaque équipe, soit 200 millions au total. Les dix écuries actuelles ont donc réussi à protéger leur avantage et vont ainsi décourager pas mal de nouveaux projets…

Pierre Gasly victime de ses réglages

A six jours d’intervalle, c’est le jour et la nuit pour Pierre Gasly. Vainqueur à Monza dimanche dernier, le Français a été éliminé au cours de la première phase des qualifications, samedi, et ne prendra le départ du Grand Prix de Toscane que de la 16e place. «C’est vraiment très décevant après la victoire de Monza, lâche-t-il. On a fait un énorme pas en arrière lors de ces qualifications. On a commis quelques petites erreurs que nous n’avions encore jamais commises, et les chronos sont si serrés qu’une petite faute entraîne ici une grosse différence. Je me suis raté pour 5 centièmes, et l’une de mes erreurs a été de manquer de puissance électrique trop tôt avant de passer la ligne d’arrivée. On a aussi changé les réglages juste avant les qualifs, et on n’est pas allé dans la bonne direction. Il n’y a pas de place pour la moindre erreur dans ce peloton.»

Lewis Hamilton vante le Mugello

En pole-position pour la 95e fois de sa carrière, Lewis Hamilton a tenu des propos très positifs sur le circuit du Mugello, sur lequel les F1 disputent un Grand Prix pour la première fois de l’histoire, ce week-end. «C’est une piste phénoménale, elle est vraiment difficile, pour être franc. J’ai dû beaucoup travailler pour obtenir cette pole, je n’aurais pas pu aller plus vite.»

Son équipier, Valtteri Bottas, avait signé les meilleurs chronos de toutes les séances d’essais, mais il a été, comme souvent, battu à la dernière seconde par le Britannique. «J’aurais pu aller plus vite si je n’avais pas dû ralentir à cause des drapeaux jaunes, c’est très décevant», commentait le Finlandais.

C’est le Français Esteban Ocon, sorti de route sur sa Renault, qui avait causé ces drapeaux jaunes. «Mais il y a une longue ligne droite au départ, j’espère prendre la tête au premier virage», poursuivait Valtteri Bottas.

Lewis Hamilton aime le circuit de Mugello: 95e pole en carrrière pour lui!

Lewis Hamilton aime le circuit de Mugello: 95e pole en carrrière pour lui!

AFP

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1 commentaire
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Ch

13.09.2020 à 12:13

La F1 n’a plus aucun intérêt depuis bien longtemps.