Football - Pour s’en sortir, Sion a aussi besoin de la solidarité romande
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FootballPour s’en sortir, Sion a aussi besoin de la solidarité romande

À 180 minutes du dénouement, peut-être moins, le club valaisan n’est plus sûr de rien. Lausanne (à Saint-Gall) et Servette (à Vaduz) peuvent servir ses intérêts. À condition de l’emporter dans le même temps à Lugano…

par
Nicolas Jacquier
(Sion)
Contre Lucerne, Sion a arraché un point dans les dernières minutes. On reconnaît ici Araz, Baltazar (en partie caché), Hoarau, le buteur Khasa et Zock.

Contre Lucerne, Sion a arraché un point dans les dernières minutes. On reconnaît ici Araz, Baltazar (en partie caché), Hoarau, le buteur Khasa et Zock.

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Avant d’entrer sur la pelouse mercredi soir, le FC Sion tenait son destin entre les mains, il n’a pas su quoi en faire en gaspillant une deuxième chance de sortir la tête de l’eau. Une telle situation s’était déjà produite au début du mois lorsque le club valaisan, placé dans des circonstances analogues, n’avait pas su exploiter la défaite du FC Vaduz.

À l’époque, il avait perdu quelques illusions - et la possibilité de dépasser le club de la Principauté - en ne pouvant faire mieux qu’un nul insuffisant contre Lausanne (1-1). Rebelote… Placé exactement dans la même configuration, Sion n’a pas davantage réussi à transformer l’essai.

Des joueurs «carbonisés»

Trois jours après son exploit du kybunpark, les Valaisans sont apparus à court d’un peu tout, surtout d’idées et encore davantage d’énergie. Le 3-0 dominical a coûté des forces, avec plusieurs joueurs pas loin d’être «carbonisés».

À lire ici, notre compte rendu de la rencontre.

À Tourbillon, on a rapidement compris que le FC Lucerne de Fabio Celestini n’était pas Saint-Gall - sans un Fickentscher héroïque, les visiteurs, qui se sont parfois aussi compliqué la tâche en manquant plusieurs occasions de réaliser le break, auraient pu accrocher le podium en y délogeant Servette. Pas mal pour une formation qui était encore menacée de relégation voici moins d’un mois, avec un seul point d’avance sur la place de barragiste. La remontée fantastique du FC Lucerne doit beaucoup à son potentiel offensif et à la force de persuasion de son coach.

Obtenue face à une très belle équipe, quelle est la valeur du point sauvé par le FC Sion? Il peut être celui qui fera la différence au soir du 21 mai en cas de circonstances favorables - à commencer par une victoire au Cornaredo, condition sine qua non pour entretenir l’espoir. Mais il peut aussi très bien s’avérer être comme celui qui expédiera le club valaisan en Challenge League samedi soir déjà en cas d’enchaînement de résultats négatif. À savoir une défaite valaisanne combinée à des succès conjoints de Vaduz (contre Servette) et Saint-Gall (face à Lausanne). D’autres scénarios existent toutefois pour prolonger le suspense jusqu’au dénouement final de la 36e journée.

En roue libre, Servette peut-il se remobiliser?

Aujourd’hui, Sion n’est pas en position de faire le fort-à-bras. Il sait qu’il a besoin d’un bienvenu coup de pouce romand. Si le destin du locataire de Tourbillon dépend d’abord de ses joueurs, son sort demeure ainsi lié aux performances des deux autres représentants romands. Chacun sait que la solidarité francophone n’existe pas, que chacun joue pour sa pomme en priorité; en Valais, on aurait pourtant tellement envie de s’y accrocher…

À lire ici, les réactions sédunoises après la rencontre.

Alors oui, Lausanne, relancé dans la course à l’Europe et qui semble vouloir offrir ce cadeau de départ à son entraîneur, peut très bien aller s’imposer à Saint-Gall. Avouons-le, on a déjà plus de doutes sur la capacité du Servette FC à se remobiliser avant l’échéance de Vaduz. Alain Geiger a certes promis de remonter énergiquement les bretelles de ses joueurs, dont certains semblent fort peu concernés, mais sera-ce suffisant pour relancer une mécanique «grenat» apparue bien grippée dans le derby du lac?

«Joue plus vite. C’est de la m… ça!»

Guillaume Hoarau, à l’attention de Dimitri Cavaré

À défaut d’avoir de l’influence sur ce qui se passera au même moment tant au kybunpark qu’au Rheinpark, Sion devra se concentrer sur ce qu’il peut encore maîtriser: lui-même. Contre Lucerne, ses joueurs ne sont jamais parvenus à se départir du poids de l’enjeu. Ni à savoir quel parti prendre Fallait-il (tenter de) jouer l’attaque à outrance ou se contenter de contenir leur adversaire? Cette difficulté à épouser une ligne claire et partagée de tous devait provoquer quelques crispations jusque sur la pelouse, à l’image de Hoarau cherchant à coacher Cavaré, lequel tardait à lâcher son ballon. «Joue plus vite. C’est de la m… ça!» l’a-t-on entendu hurler.

Au final, Sion a arraché un point heureux qui va contribuer peut-être à son sauvetage mais qui pourrait tout aussi bien précipiter sa chute. Pour ses joueurs, le plus dur consiste aujourd’hui de continuer à y croire malgré les vents contraires. Placés au pied du mur, leur tâche devient toujours plus compliquée. Sion n’en aura plus que de mérites s’il parvient à résoudre dans les temps l’équation qui menace de l’engloutir.

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