28.10.2020 à 13:32

SportPour survivre au Covid, les courses à pied se digitalisent

Pour la première fois, les 20 km de Genève seront proposés sous une forme virtuelle permettant le respect des mesures sanitaires liées à la pandémie.

von
Laura Juliano
C’est grâce à un guidage audio sur smartphone que les participants aux 20 km de Genève s’élanceront sur les trois itinéraires virtuellement «balisés» entre le 1 et le 22 novembre.

C’est grâce à un guidage audio sur smartphone que les participants aux 20 km de Genève s’élanceront sur les trois itinéraires virtuellement «balisés» entre le 1 et le 22 novembre.

Pixabay

Les coureurs ne se font plus d’illusions. Les plus grands événements sportifs ont sombré un à un sous la menace Covid à l’approche de la deuxième vague. Parfois de manière brutale, à l’image du marathon de Lausanne annulé seulement trois jours avant le coup de départ.

Mais les organisateurs ne sont pas près de baisser les bras. Certaines courses populaires subsisteront sous une forme revisitée qui nécessitera un effort d’adaptation tant du côté des responsables que des sportifs.

«Une première en Europe»

C’est le cas des 20 km de Genève dont l’événement sera pour la première fois proposé sous une forme virtuelle pour répondre aux mesures sanitaires en vigueur. Entre le 1 et le 22 novembre, les coureurs pourront suivre le jour qui leur convient l’un des trois itinéraires individuellement via une application téléchargeable gratuitement sur leur smartphone.

Le système promet aux sportifs de bénéficier de tous les aspects d’une vraie compétition, comprenant un «balisage» virtuel, un audio guidage et un classement en direct sur trois parcours de 5, 10 ou 20 kilomètres.

«Nous avons testé beaucoup de courses virtuelles qui ont émergé ces derniers temps, mais aucune ne nous a satisfaits, indique Benjamin Chandelier, organisateur de l’événement. À chaque fois, je me suis lassé, car je ne retrouvais pas les ingrédients qui font la beauté d’une course traditionnelle. C’est pourquoi nous avons opté pour un concept novateur qui en dépit de l’absence de foule donne à chaque participant cette impression de faire partie de la même aventure. C’est une première en Europe.»

Une voix qui encourage

Concrètement, les sportifs devront veiller à leur propre ravitaillement, car il ne sera pas possible de déployer des structures tenues par des bénévoles durant trois semaines, comme cela a été le cas pour Sierre-Zinal. Ils parcourront à l’heure souhaitée les itinéraires spécialement adaptés à l’absence de barrage des routes. Ces derniers restent fidèles à 50% des parcours traditionnels, avec un départ commun sur la place des Nations-Unies.

Pas de supporters, pas de foule pour les coureurs: c’est dans leurs jambes, leur mental et leurs oreilles que tout se joue. «Munis d’écouteurs et de l’application qui servira de tracker, ils seront guidés par une voix qui donnera l’allure à suivre pour atteindre leur objectif, précise Benjamin Chandelier. Grâce à un système de balises virtuelles, des messages audio se déclencheront lorsqu’ils franchiront des checks points sur les itinéraires pour leur faire découvrir des coins sympas urbains et boisés sur la rive droite du Rhône.»

Se comparer à ses amis

À l’inscription qui peut se faire à tout moment, un dossard virtuel sera généré. Pour conserver l’aspect compétitif d’une course traditionnelle, il sera aussi possible d’entrer les numéros de dossards de ses amis pour permettre à l’audioguide de les comparer en superposant leurs tracés. «Il vous dira si un tel ou une telle se trouve devant ou derrière vous à l’instant T en comparant leur performance à la vôtre. De quoi booster les plus compétitifs!» sourit l’organisateur.

La participation est gratuite, mais les coureurs sont invités à soutenir l’association Réseau Cancer du Sein en faisant un don. Des prix seront envoyés aux meilleurs de leur catégorie. «Nous avons aussi prévu une surprise pour l’entreprise, l’association ou le groupe qui aura fait courir le plus de personnes quelle que soit la distance, afin de récompenser l’esprit d’équipe, annonce Benjamin Chandelier. D’ailleurs, pour une fois, nous autres organisateurs et bénévoles pourrons participer à la course!»

Un avenir incertain

Si le concept est novateur et ludique, les organisateurs rêvent eux aussi d’un retour à la normale. «Bien sûr que rien ne vaudra une course traditionnelle, mais c’est ce que nous pouvons proposer de mieux en l’état, note l’organisateur. Je suis triste pour mon amie Josette Bruchez-Bernasconi, organisatrice du marathon de Lausanne qui s’est battue jusqu’au bout mais en vain pour maintenir l’événement en respectant les règles sanitaires. Ce virus est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, nous ne voulions pas courir le même risque.» Et d’ajouter: «Au moins, cela nous aura permis de sortir des sentiers battus, de nous dépasser et de développer des solutions digitales qui pourront être des outils complémentaires aux courses à venir.»

Les 3600 coureurs de l’année passée se laisseront-ils séduire par cette nouvelle formule? Verdict, le 22 novembre.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
6 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

BUCO

29.10.2020 à 11:19

Une douce promenade en campagne ou en forêt, loin de l'agitation de notre monde de fous, tout en admirant et en écoutant vivre la nature, constitue à coup sûr l'une des meilleures thérapies qui soient

Skieur en pantouffles

28.10.2020 à 17:03

Bizarre, à l’heure où la plupart des sports sont sanctionnés, voilà que Crans-Montana recrute des bénévoles pour la Course FIS Dames. Oups, on me dit que c’est une question de prestige, une coupe Audi voyons…

Toni

28.10.2020 à 13:59

Une app de rencontre virtuelle, du sexe virtuel. Une course individuelle qui virtualise le groupe. Des cours en ligne, éducation virtuelle. Pas de raison de ne pas prolonger le confinement. Les rapports virtuels sont bons pour le peuple. Il ne reste plus qu’à censurer ce qui ne plaît pas et ensuite le contrôle sera parfait.