01.11.2018 à 18:26

Hockey sur glacePourquoi Antonietti est le nouveau Sprunger et Loeffel le nouvel Ali

Cyrill Pasche, journaliste de Sport-Center, revient sur l'actualité du hockey suisse dans la chronique Hockey Inside.

par
Cyrill Pasche

Quelle semaine complètement dingue.

Lausanne Hockey Club s’est appuyé sur son pragmatisme alémanique pour remporter trois matches consécutifs.

GE Servette a rendu hommage à son ancien coach en proposant un hockey «Woodcroftien».

Les joueurs de Gottéron n’ont surpris personne contre le SCB en étant transparents à Berne, puis flamboyants chez eux à Saint-Léonard.

Enfin, le HC Bienne, le cœur sur la main, a offert six points au LHC avant de mettre une volée à Ambri.

Hockey Inside, épisode 6:

1. Le but de Benjamin Antonietti mardi à Genève est un petit bijou.Un tir du poignet comme en voit régulièrement en NHL et trop peu souvent en Suisse. Pour un droitier, marquer depuis cette position (côté gauche) en croisant son tir au-dessus de l’épaule du gardien sans perdre de puissance n’a rien d’évident. Idem pour un gaucher depuis le côté droit. Le but d'Antonietti à revoir ci-dessous via l'émission Back Check de MySports (entre 13'22 et 13'40):

Pour ce but et ce tir parfait, Antonietti mérite la note maximale (même si le déplacement du gardien Robert Mayer, pour le coup, est sacrément suspect…), et une comparaison avec l’un des plus purs buteurs de l’histoire: Julien Sprunger. Rien que ça.

2. J’ai le souvenir d'une discussion avec Paul-André Cadieux qui, à l’époque, insistait sur l’importance du premier buteur d’une équipe. Antonietti a marqué le premier but du LHC mardi, et sa réussite a eu de multiples effets: il a permis au LHC d’entrevoir la lumière après une première période largement insuffisante (9 tirs cadrés contre 21 en faveur de GE Servette), mais il a aussi eu pour effet de déstabiliser le gardien Robert Mayer pour le reste de la soirée. Il suffit parfois de peu de choses.

3. Toujours aux Vernets, deux joueurs ont balancé le puck dans les gradins depuis la zone médiane, entre les deux lignes bleues. Pas de punition comme le veut le règlement depuis cet endroit, et un engagement au milieu de la patinoire. Pourquoi ne pas changer cette règle et «sanctionner» les maladroits en engageant dans leur zone de défense?

4. Killian Mottet a reçu une amende de 2000 francs pour avoir simulé une faute contre Lugano. Il est vrai que Mottet dit «Neymar» a tendance à se laisser tomber facilement dans le jeu. Par contre, le sanctionner après avoir reçu un coup de poing au visage? A moins qu’une règle stipule qu’un joueur se doit, par fierté, de rester debout après avoir encaissé un coup de poing?

5. Romain Loeffel, lorsqu’il en aura terminé avec sa carrière en National League,pourra toujours bosser comme videur dans une boîte de nuit au Tessin ou à Genève. Rapide comme Mohammed Ali, puis stoïque comme un garde de Buckingham Palace. Son coup de poing à Mottet (voir la vidéo ci-dessus): du boulot vite fait, bien fait, sans laisser de traces.

6. Une procédure contre Christian Marti (ZSC Lions), après cette charge sur Jan Mosimann (Rapperswil).Si les défenseurs ne peuvent plus mettre l’épaule lorsqu’un attaquant est assez téméraire pour tenter de couper tête baissée à l’intérieur, cela va devenir très compliqué pour eux d’effectuer leur boulot. A vrai dire, c’est plutôt Mosimann qui devrait être puni pour comportement irresponsable…

7. Ville Peltonen est donc passé, en une petite semaine, de candidat numéro un titre peu envié de premier coach viré de la saison, à celui de coach solidement en place. Comment? En brassant encore et toujours ses lignes, en alignant deux défenseurs étrangers alors que son secteur offensif ne dispose pas suffisamment de profondeur, que ses lignes trois et quatre sont la plupart du temps dominées par l’adversaire lorsqu’elles posent un patin sur la glace. Résultat : trois matches, trois victoires. Est-ce que cela s’appelle avoir la baraka? Ou juste un énorme coup de chance?

8. Robert Mayer. Aïe… Comme ce fut le cas avec Benjamin Conz à l’époque à FR Gottéron,tout porte à croire qu’il est temps pour lui de se relancer ailleurs qu’aux Vernets. Mayer peut certainement encore être un excellent gardien de National League, mais tout simplement plus dans le contexte genevois. Il est évident que le futur numéro un sera Gauthier Descloux, qui vient de prolonger son contrat pour trois saisons supplémentaires. N’est-il donc pas temps pour McSorley, toujours considéré comme le manager le plus rusé du pays même s’il n’a plus réalisé de gros coup depuis une éternité, de commencer à faire un peu de business? Davos, en situation d’urgence, a un problème de gardien. Et si Del Curto possède une qualité qui a largement contribué à façonner sa légende, c’est bien d’être un homme capable de relancer les «cas compliqués»…

9. En parlant de Davos. Avec déjà 10 points de retard sur la barre et peu de signes encourageants dans le jeu, Del Curto aura besoin d’un miracle pour éviter que le HC Davos ne manque les play-off pour la première fois depuis qu’il en est l’entraîneur, soit depuis 1996.

10. Le classement de National League pour finir, avant le derby cantonal entre le HCB et le SCB samedi: 1. Bienne 2. Langnau 3. Berne. Un classement qui pourrait être celui des années 70, lorsque les trois clubs bernois dominaient la ligue. La LNA ne comptait à l’époque que huit équipes et le champion était couronné à l’issue de la saison régulière. Les formations bernoises avaient terminé la saison sur le podium à quatre reprises consécutives:

1975-1976: 1. Langnau 2. Bienne 3. Berne

1976-1977: 1. Berne 2. Langnau 3. Bienne

1977-1978: 1. Bienne 2. Langnau 3. Berne

1978-1979: 1. Berne 2. Bienne 3. Langnau

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