Hockey sur glace: Pourquoi la campagne «No Refs No Game» est un succès et comment faire un bon soleil
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Hockey sur glacePourquoi la campagne «No Refs No Game» est un succès et comment faire un bon soleil

Cyrill Pasche, journaliste de Sport-Center, revient sur l'actualité du hockey suisse dans la chronique décalée «Hockey Inside».

par
Cyrill Pasche
«Les hockeyeurs sont vraiment des bons types» (Disclaimer: Hockey Inside est une chronique à prendre idéalement avec des pincettes. Elle ne reflète d’ailleurs pas nécessairement, voire pas du tout, la position de la rédaction et l’interprétation de son contenu n’engage que vous-mêmes.)

«Les hockeyeurs sont vraiment des bons types» (Disclaimer: Hockey Inside est une chronique à prendre idéalement avec des pincettes. Elle ne reflète d’ailleurs pas nécessairement, voire pas du tout, la position de la rédaction et l’interprétation de son contenu n’engage que vous-mêmes.)

Ce qui est génial avec les Canadiens de Montréal – et à peu près toutes les autres franchises de NHL – c’est que quand un coach se fait virer, tout le monde lui rend hommage, à commencer par le club qui vient de le virer. On en arrive même au point où on se dit mais bordel il était incroyable ce coach quand même, c’est fou de l’avoir viré!

Claude Julien vient d’être congédié et les journalistes qui suivent les Canadiens de Montréal y sont tous allés de leur hommage, de leur petite anecdote perso, pour raconter à quel point cet entraîneur était une bonne personne et un super stratège. En lisant mon fil twitter, je me suis même demandé si Claude Julien n’était pas décédé, d’où cette avalanche d’hommages aussi vibrants.

En Suisse, on n’est pas comme ça. Quand un coach se fait virer, on n’en parle plus. Terminé. De toute façon il était nul. Idem pour les directeurs sportifs. Pas d’hommage, que dalle. Pire, on va rappeler à qui voudra bien l’entendre à quel point ses transferts, en fin de compte, étaient vraiment bidons et comment il s’est quand même souvent trompé sur le choix des étrangers. Et comment les transferts du nouveau directeur sportif sont quand même beaucoup plus réussis et mieux ciblés.

C’est marrant, mais c’est quand j’ai vu réapparaître le nom de Jan Alston la semaine dernière du côté de Davos que j’ai repensé à tout ça.

Hockey Inside, épisode 7. C’est parti:

1. Moi en tout cas je suis absent du 8 au 9 mars. Ouais, je vais à un try-out pour jouer en Swiss League, au HC Viège. Il y a deux entraînements par jour (mais j’ai une dispense médicale pour en faire qu’un seul) et je suis assez confiant de faire l’équipe, d’autant plus que je connais Yves Sarault, le coach. Enfin, je crois qu’il est toujours coach là-bas. Il aura pas le choix de toute façon, sinon il sait bien que j’écrirai plein d’articles méchants sur lui. Après tout si Tim Traber trouve des contrats en National League, pourquoi j’en trouverais pas un en Swiss League, hein?

2. Du coup pour me remettre en shape j’ai recommencé la muscu et là je te dis pas comme j’ai la pêche depuis que je soulève de nouveau de la fonte. Je sais pas toi, mais moi en tout cas c’est assez dingue comme je prends vite du muscle. J’ose même plus prendre des prot’ #trusttheprocess

3. Belle initiative du HC La Chaux-de-Fonds, qui propose samedi à ses fans de «VIVRE L’EXPERIENCE HCC AUTREMENT» que par une défaite de plus. #latchauxcestnous

4. Alors là, mais alors là quel début de semaine sur les chapeaux de roues pour Petr Svoboda! Pendant toute la semaine précédente Swiss Ice Hockey inonde les réseaux sociaux avec sa campagne de sensibilisation «No Refs No Game» et surtout pour nous dire que voilà, les arbitres font de leur mieux après tout, qu’ils sont humains et pas à l’abri d’une erreur, qu’eux aussi sont des passionnés de hockey, que la bonne communication est très importante, etc. Après une semaine, tu te dis presque «c’est vrai après tout ils sont plutôt bonnards ces arbitres».

Mais heureusement, il y a Petr Svoboda. Et qu’a-t-il dit mardi matin en Une du journal?

Eh ouais, boum: les arbitres ils sont NULS!!!

Il ajoute même une pépite au passage: «Je ne suis pas en train de jouer à la victime ou de dire qu’il y a une cabale anti-Lausanne. Mais on ne peut pas demander aux joueurs de sacrifier leur corps, de renoncer à une partie de leur salaire en raison de la crise, et derrière les traiter comme ça.» Saloperie de saison, quand même.

En tout cas si ça c’est pas une belle manière de couronner la campagne de communication de Swiss Hockey, hein? #norefsnogame

5. Si ma mémoire est bonne, le dernier joueur que j’ai vu faire un «soleil» (ou hip check en anglais) doit être le défenseur du CP Berne Beat «Bidou» Gerber.

Beat Gerber, le hockey vrai. 

Beat Gerber, le hockey vrai.

Urs Lindt/freshfocus

L’avant-dernier devait être un arrière étranger de Zurich me semble-t-il (son nom m’échappe) qui en avait tenté un à Fribourg mais était ressorti sur une civière après avoir méchamment manqué son coup et violemment percuté la bande avec son fessier (j’ai encore mal pour lui). Toujours est-il que je trouve presque dommage que ce geste ait complètement disparu des patinoires suisses.

Voici quand même la mère de tous les soleils, et s’il ne devait en rester qu’un, ce serait celui-ci:

6. Quelle photo de sport n’oublierez-vous jamais, demandait le site ESPN sur Twitter. Et c’est vrai que celle du tir manqué de Kevin Fiala en finale du championnat du monde 2018 laissera à jamais un souvenir amer aux fans suisses. Mais moi ce qui m’épate surtout sur cette photo, c’est le numéro 33 des Suédois, Viktor Arvidsson: en position relâchée, en paix avec lui-même et avec le fait que la Suisse est championne du monde. Ou pas, finalement.

7. Les joueurs savaient-ils vraiment pourquoi ils manifestaient la semaine dernière? J’en suis vraiment pas certain. Toujours est-il que Kristian Kapp du Tagesanzeiger a fait remarquer dans un article paru récemment que tous les joueurs n’avaient pas suivi le mouvement. Plusieurs joueurs étrangers à travers la ligue sont ainsi restés dans le vestiaire – ou alors n’ont pas souhaité être sur la glace lors de l’engagement initial – pendant que leurs coéquipiers déroulaient leur banderole sur le banc. Difficile de leur en vouloir à vrai dire, puisque s’opposer à une augmentation du nombre d’étrangers aurait clairement desservi leurs intérêts personnels. Reste que pour l’unité du «mouvement», il faudra repasser.

8. J’ai jeté un coup d’oeil au calendrier du HC Bienne. Il y a des pièges et des déplacements difficiles un peu partout. Des trucs tout cons du genre: au lieu de recevoir Lugano ou Ambri tu vas au Tessin. Au lieu de recevoir Rapperswil tu vas à Rapperswil, où personne d’ailleurs n’est à l’abri de se prendre une volée de temps en temps. Et puis, il y a aussi deux fois des déplacements à Genève et Lausanne. Avec un peu de malchance, les Biennois peuvent donc finir la saison régulière sans gagner un seul autre match. Ce qui ferait quand même 16 défaites consécutives.

9. Tout ça pour dire que le moment de changer de coach est bientôt arrivé (le directeur sportif Martin Steinegger pourra alors faire «une Dubé», qui lui-même avait fait «une Steinegger» à l’époque; l’avantage est que sur le banc il sera beaucoup plus près des arbitres pour leur gueuler dessus que depuis la tribune de presse, d’ailleurs à Ambri Paolo Duca devrait aussi y songer).

Parce qu’au bout d’un moment faut quand même admettre qu’avec Lars Leuenberger à la bande, le HCB ne décollera jamais cette saison. Ou bien?

10. (Bonus) Le joueur suisse militant du futur:

Tente discrètement de se cacher derrière la banderole. N’a toutefois pas regardé ce qui est écrit sur ladite banderole. Demande quand même au collègue dis pourquoi on manifeste? Bein j’en sais rien moi je manifeste parce que les autres manifestent. Ah ok répond le joueur suisse militant du futur. Se dit bah au moins ça fera une jolie photo d’équipe et un beau souvenir. 

Tente discrètement de se cacher derrière la banderole. N’a toutefois pas regardé ce qui est écrit sur ladite banderole. Demande quand même au collègue dis pourquoi on manifeste? Bein j’en sais rien moi je manifeste parce que les autres manifestent. Ah ok répond le joueur suisse militant du futur. Se dit bah au moins ça fera une jolie photo d’équipe et un beau souvenir.

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