Pourquoi la grippe est plus grave dès 65 ans

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MédecinePourquoi la grippe est plus grave dès 65 ans

Une étude a découvert comment les cellules immunitaires, qui sont la première ligne de défense de nos poumons, commencent à se fragiliser avec l’âge.

par
Michel Pralong
Aux États-Unis, 86% des décès dus à la grippe sont survenus chez des personnes âgées de 65 ans et plus.

Aux États-Unis, 86% des décès dus à la grippe sont survenus chez des personnes âgées de 65 ans et plus.

Getty Images/iStockphoto

Tout comme le coronavirus, la grippe peut avoir des conséquences plus graves chez les personnes de 65 ans et plus que chez les plus jeunes. Ceci parce qu’en vieillissant, les réponses immunitaires de notre corps sont plus faibles. Mais pourquoi? Une nouvelle étude de l’Université du Michigan a découvert un mécanisme clé responsable de ce processus.

La question est importante puisque la dangerosité de la grippe augmente vraiment de façon exponentielle avec l’âge. En 2017-2018 aux États-Unis, 86% des décès dus à la grippe saisonnières sont survenus chez des personnes âgées de 65 ans et plus alors que ce groupe d’âge ne représente que 13% de la population du pays. La population mondiale ayant tendance à vieillir, la fragilité des personnes âgées face à la grippe est donc préoccupante.

Des recherches ont montré que les macrophages alvéolaires, qui sont les cellules immunitaires constituant la première ligne de défense de nos poumons, se fragilisent avec l’âge. Leur densité diminue considérablement et les tissus pulmonaires deviennent plus sensibles aux infections, comme l’explique ZME Science. De précédentes études avaient toutefois montré que lorsque des macrophages prélevés chez des souris âgées sont implantés chez de jeunes souris, elles se régénéraient et se montraient à nouveau efficaces. Le problème n’est donc pas au niveau des cellules, mais plutôt des poumons.

Une substance augmente dans les poumons avec l’âge

Ce que la nouvelle étude, publiée dans «Nature Communications», a découvert, c’est qu’une substance appelée prostaglandine E2 (PGE2) augmentait dans les poumons avec l’âge. Or ce composé, qui est un modulateur immunitaire des lipides, est impliqué dans de nombreux phénomènes dans notre corps, des inflammations à la fièvre en passant par le déclenchement du travail lors de l’accouchement.

Pour les chercheurs, cet accroissement de PGE2 est probablement une marque de sénescence des cellules, soit le processus de leur mort programmée. Cela permet d’éviter que les vieilles cellules continuent à se diviser et se multiplier, diminuant ainsi le risque de tumeurs et de cancers.

Traitement efficace chez les souris

L’accumulation de PGE2 dans les poumons pourrait donc être responsable de la fragilisation des macrophages. Pour le prouver, les chercheurs ont donné aux souris âgées un médicament qui bloque la production de PGE2. Résultat: elles ont eu davantage de macrophages et un meilleur taux de survie face à la grippe que les souris du même âge non traitées. Voilà qui ouvre la voie à de nouvelles thérapies contre les maladies respiratoires chez les personnes âgées.

Les scientifiques veulent maintenant comprendre comment la PGE2 affecte les macrophages et si elle joue un rôle dans des inflammations ailleurs dans le corps. Car la grippe n’est pas la seule maladie à laquelle on devient plus sensible avec l’âge et la prostaglandine pourrait jouer un rôle.

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