Basketball - Pourquoi les arbitres n’ont pas utilisé la vidéo à la Riveraine

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BasketballPourquoi les arbitres n’ont pas utilisé la vidéo à la Riveraine

La rencontre entre Union Neuchâtel et les Lions de Genève a sans doute accouché du coup de sifflet le plus litigieux de la saison. Cela méritait bien qu’on en parle.

par
Jérémy Santallo
«Chaud Time», la chronique du «Matin» sur le basket suisse.

«Chaud Time», la chronique du «Matin» sur le basket suisse.

Yannick Michel/LM

Le règlement, c’est le règlement

Pour mieux comprendre la suite, d’abord le contexte. Il reste moins de 10 secondes à jouer entre Union et les Lions. En tête au tableau d’affichage durant toute la rencontre, les Neuchâtelois mènent 63-60 face aux Genevois, qui ont toutefois le potentiel dernier ballon de la rencontre. Et puis il se passe ça.

L’action qui a fait débat à la Riveraine.

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Eric Nottage remonte tout le terrain, se joue de Selim Fofana, puis joue bien le coup en tentant un tir derrière l’arc désespéré au moment de la faute de Noé Anabir. Sur le moment, stupeur dans les rangs neuchâtelois. On voit bien que Fofana demande l’utilisation de la vidéo, instaurée cette saison en SB League. Le hic? C’est que les arbitres n’ont pas le droit de la consulter pour ce type d’action. Le règlement FIBA en Suisse précise que les images peuvent être visionnées pour voir si un shoot est marqué avant ou après le buzzer et si le joueur est à 2 ou 3 points.

Dans ce cas de figure, les arbitres étaient dans leur bon droit et n’ont donc fait qu’appliquer le règlement à la lettre.

Un vol? Pas si simple

«Nous nous sommes fait voler la victoire.» Ce sont les mots de Selim Fofana dans les colonnes d’Arc Info ce lundi. On peut comprendre la frustration de l’international suisse, mais ce n’est pas tout à fait juste. Premièrement parce que si Union ne voulait pas s’exposer à ce qu’il considère être une injustice, il aurait pu décider de faire une faute juste après la remise en jeu et ainsi ne donner que deux lancers francs aux Lions. Une façon de garder son destin entre ses mains que l’on voit souvent notamment en Euroligue. Ensuite parce qu’il fallait encore qu’Eric Nottage ait les nerfs assez solides pour réussir ses trois lancers francs puis que les Lions dominent la prolongation (74-70).

Il est vrai, toutefois, qu’Union peut regretter le manque criant de pédagogie des arbitres, sur le coup. Ils n’avaient pas le droit de voir la vidéo, d’accord, mais se concerter à trois pour discuter du bien-fondé d’un coup de sifflet, c’est interdit? Et puis comme cette décision n’avait déjà pas assez d’impact sur l’issue de la partie, les officiels ont collé deux fautes techniques au coach neuchâtelois (Mitar Trivunovic) et au capitaine (Bryan Colon), pour contestations, juste avant le début de l’overtime. Ou comment partir avec un joli handicap.

La masterclass de Suggs

Avec lui, on souffle le chaud et le froid. En début de saison, on le voyait gros comme une maison. Et puis, comme tout un groupe, malade, Scott Suggs s’est effacé au fur et à mesure que les mois avançaient. Mais lorsqu’il est bien luné et dans un soir comme samedi, l’ailier US des Lions reste une pointure du championnat. On avait déjà écrit ici que le joueur était un véritable esthète, on a découvert à Neuchâtel un défenseur de tout premier plan (5 contres!) Ce qu’il y a d’un poil inquiétant pour les Genevois, c’est que Suggs n’évoluera pas sur cette planète à chaque match.

Les meilleures actions de Scott Suggs, 30 points à 11/15 au tir samedi.

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Massagno encore trop court

Devant près de 2300 personnes – pas un record puisque 2478 personnes avaient été annoncées à Saint-Léonard le 19 février selon l’excellent Patrick Biolley de La Liberté –, Fribourg a triomphé de son dauphin Massagno 72-69 pour la quatrième fois en cinq duels toutes compétitions confondues. Cette saison, l’écart moyen entre les deux équipes est de 7 points et on a encore assisté à un choc à suspense ce week-end. Notre regret? L’absence d’Isaiah Williams côté tessinois. Car déjà que la rotation de Robbi Gubitosa n’est pas bien grande alors à seulement 7 joueurs et sans leur homme à tout faire, ça se complique. D’autant plus qu’en face, Petar Aleksic a parfaitement mis en valeur la profondeur de son banc avec six joueurs à plus de 8 points. Alors messieurs, rendez-vous en finale?

Le résumé du choc Fribourg – Massagno.

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Nyon, avec ou sans Tubak?

Grâce au réveil de l’inévitable Jérémy Jaunin en seconde mi-temps, Nyon a engrangé une troisième victoire de rang, samedi, lors de la réception de la lanterne rouge, les Lugano Tigers (89-63). Depuis l’arrivée du nouveau joueur intérieur, Dragan Tubak, la formation de Stefan Ivanovic est donc invaincue mais on ne peut pas écrire que c’est grâce à son athlète bosnien, utilisé avec parcimonie, pour l’heure (14 minutes pour 5 points 3 rebonds et 3 balles perdues en moyenne). Ce week-end, il a brillé pendant les 6 premières minutes avant de regagner le banc pour ne plus le quitter jusqu’à la fin de la rencontre. La cause? Une vilaine douleur au genou gauche. À une semaine de la finale de la Coupe de Suisse contre Fribourg (ndlr: samedi), le coaching staff n’a pris aucun risque. Selon nos informations, le géant de 217 cm souffre d’une inflammation à un tendon. Cela ne devrait toutefois pas l’empêcher de tenir sa place. Tant mieux pour Nyon, qui aura grandement besoin de lui.

Ce que Dragan Tubak va apporter à Nyon est résumé sur les deux premières actions.

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Duel à distance pour la 8e place

Pour l’heure, le BBC Monthey est toujours 8e et dernier qualifié pour les play-off puisque les Chablaisiens sont allés glaner un succès capital ce week-end à Lucerne (79-70). Dans cette salle horrible avec toutes ces lignes au sol, il vaut mieux bien commencer son match et les hommes de Patrick Pembele l’ont parfaitement fait, dans le sillage d’un Kevin Langford qui a dépassé le stade de l’adaptation. JaCori Payne et Dikembe Dixson maladroits, c’est le jeune Thomas Fritschi qui a été le héros du jour avec 25 points et un incroyable 7/9 à 3 points!

Le carton offensif de Thomas Fritschi en images.

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Il fallait la prendre, cette victoire, pour les Valaisans parce que dans le même temps, Starwings Basket a démontré qu’il allait lutter jusqu’au bout pour cette 8e place en s’imposant après prolongation à Boncourt (92-98). Les Bâlois, s’ils remportent leur match en retard à domicile contre Lugano vendredi, repasseront devant Monthey. Mais si l’on regarde le calendrier d’un peu plus près, on a envie de donner un avantage aux Sangliers, qui doivent encore aller à Boncourt et recevoir Lugano. Le programme de Bâle? Un déplacement à Genève et la réception de Fribourg.

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