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Vague de froidPourquoi les CFF n’y arrivent (toujours) pas?

La direction invoque un principe de prudence pour justifier les retards mais les syndicats dénoncent l'externalisation du dégagement de la glace et la réduction des effectifs.

par
Sarah Zeines
Le personnel des CFF s’est démené ces jours pour remettre le matériel gelé en marche.

Le personnel des CFF s’est démené ces jours pour remettre le matériel gelé en marche.

Keystone

Des pendulaires fâchés amassés dans des gares bondées. C’est cette scène de chaos qui s’est jouée mardi soir, dans les gares de Genève et de Lausanne. Tout comme sur la ligne Neuchâtel-Pontarlier hier, en matinée. Dans un pays réputé pour ses hivers rudes, comment se fait-il que le réseau ferroviaire soit autant perturbé à la moindre vague de froid?

Blocs de glace dangereux

Pour Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF, la précaution prime sur la fluidité du trafic. «La neige soufflée sur les voies par la bise et la glace qui se fixe sur les trains sont des éléments potentiellement dangereux, explique-t-il. Les blocs de glace peuvent tomber sur un aiguillage et empêcher son bon fonctionnement.» Et de préciser: «La vitesse des trains a été réduite à 80 km/h, mais la circulation des trains n’a jamais été interrompue, et est redevenue normale bien qu’à une fréquence moins élevée. Nous nous sommes organisés pour pénaliser le moins de clients possible.»

Même son de cloche chez Ueli Stückelberger, directeur de l’Union des transports publics: «Nous avons un des meilleurs systèmes ferroviaires du monde, assure-t-il. Pour éviter les contretemps classiques en cas de mauvaise météo, il faudrait construire des murs le long des voies, remplacer tout le matériel vétuste ou encore baisser la vitesse à 50 km/h. Des mesures qui représenteraient des coûts faramineux et des travaux de longue haleine.»

Force de travail en baisse

Un discours qui ne convainc pas les syndicats. Ces derniers dénoncent une externalisation des tâches les plus ingrates de la branche. À l’instar du dégagement de la glace sur les rails. «La tendance à réduire le personnel sur les différents sites et la volonté de centraliser le travail fait baisser la qualité du service, s’indigne Bruno Zeller, chef de la branche transports publics du syndicat TransFair. À la longue, les entreprises et les clients devront s’adapter aux retards qui ne peuvent être résolus immédiatement, les collaborateurs étant moins présents sur place.»

Des déclarations validées par Jean-Pierre Etique, secrétaire régional au Syndicat du personnel des transports (SEV): «Les CFF deviennent de moins en moins efficaces avec l’externalisation des services, détaille-t-il. Les forces de travail diminuent d’année en année. Il est donc logique que les obstacles soient moins bien gérés.»

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