Football - Pourquoi Sion joue son avenir dimanche

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FootballPourquoi Sion joue son avenir dimanche

Le maintien des Valaisans passe par une victoire contre Lausanne. L’occasion de faire valoir la «logique sédunoise».

par
Florian Vaney
Les Valaisans devront faire preuve d’unité jusqu’à la fin de la saison s’ils comptent se maintenir.

Les Valaisans devront faire preuve d’unité jusqu’à la fin de la saison s’ils comptent se maintenir.

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Le complexe d'infériorité et le sentiment de supériorité font partie de l'essence même du sport de compétition. Cela s'explique facilement. Par ascendant psychologique, par opposition de styles qui favorisent l'un face à l'autre, ou par un fossé creusé par la confiance d'un côté et le manque de confiance de l'autre. Par exemple. Logique, identifiable, compréhensible.

Pourtant, les frontières de ce phénomène ont tendance à s'élargir à foison, jusqu'à ce qu'il échappe aux explications les plus rationnelles. Le FC Sion en est un excellent exemple. Les Valaisans poussent le vice jusqu'à l'extrême. À gauche, le complexe d'infériorité: les Sédunois n'ont plus gagné à Berne ou à Bâle en championnat depuis plus de vingt ans. À droite, le sentiment de supériorité: ils ne perdent quasiment jamais un derby.

Des chiffres absurdes

Des explications existent, évidemment. Pour éclaircir la malédiction de Saint-Jacques et du Wankdorf, il faut se rendre compte que le FC Sion aligne la majorité du temps depuis la fin des années 90 une équipe intrinsèquement inférieure à celle de Bâle ou à celle de Young Boys. Cela suffit-il à comprendre comment le club de Tourbillon a enchaîné des dizaines de défaites là-bas? Absolument pas.

De la même manière, on veut bien que Christian Constantin soit particulièrement doué pour faire ressentir jusqu'au fond des tripes la valeur d'un derby à ses joueurs. On veut bien aussi que ce genre de match puisse être un peu plus important en Valais qu'ailleurs en Romandie. Pourquoi pas. Mais les chiffres virent à l'absurde. Voilà le bilan pour ces quatre dernières saisons de Super League.

2017-18: trois victoires, un nul

2018-19: deux victoires, un nul, une défaite

2019-20: deux victoires, cinq nuls, une défaite

2020-21: quatre victoires, deux nuls, une défaite

Au même titre que son complexe d'infériorité face aux deux meilleures équipes du championnat de ces dernières années, le sentiment de supériorité du FC Sion lorsqu'il affronte ses voisins est ancré loin au fond de lui. Cela fait en somme partie de l'identité du club sédunois, ça nourrit son histoire qui se raconte comme aucune autre.

Un peu comme ses saisons bordéliques. Un peu comme ses retours en grâce lorsque tout le monde s'est résolu à l'enterrer. Un peu comme le mythe des finales de Coupe. À Sion, la logique existe, mais elle est différente de partout ailleurs.

Le tour de magie va-t-il fonctionner une fois de plus?

Celle du terrain voudrait que les Valaisans partent avec un handicap au moment de recevoir le Lausanne-Sport dimanche. Parce que le LS réalise une saison qui oscille entre le correct et le très convaincant, tellement plus aboutie que celle du voisin sédunois. Sauf que le rapport de forces ne s'arrête pas à des résultats récents, un classement ou des idées de jeu plus complexes et maîtrisées.

Les deux éléments qui modifient la donne, c'est qu’il s'agit d'un derby et que Sion joue – vraiment – sa peau. Comme l'année dernière, comme en 2018, l'équipe de Marco Walker est en train de sortir un lapin de son chapeau. Elle a effectué le début de son tour il y a dix jours contre Servette (victoire 5-3), en a montré un peu plus dimanche à Berne (défaite 1-2) et n'attend plus qu'à pouvoir dévoiler la chute face à Lausanne.

Si bien que comme les magiciens de renom qu'ils sont, les Valaisans seront attendus au tournant et guettés de près dimanche. Au moindre couac, tout le monde aura compris la supercherie. Autrement dit, la défaite est interdite. Parce qu'elle brûlerait un des rares jokers restant. Mais surtout parce que, contrairement à toutes les autres dans une certaine mesure, elle n'est pas prévue dans le plan de marche. S'incliner, c'est laisser le rythme s'effondrer. Plus que jamais, Sion joue son avenir dimanche.

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