Actualisé 02.10.2019 à 15:15

ToilePourquoi Spider-Man peut rester dans l'écurie Marvel

Nouveau coup de théâtre autour du superhéros détenu par Sony, d'abord prêté à Disney, puis repris et finalement repêché pour deux films. C'est quoi ce binz?

von
lematin.ch

Une bande-annonce de «Spider-Man - Far from Home», film qui n'aurait pu se faire sans un accord entre Sony et Disney.

Ce fut le coup de tonnerre de l'été hollywoodien. En août dernier, la presse spécialisée américaine, révélait la fin de l'association de Disney/Marvel et de Sony/Columbia autour de Spider-Man.

Tournage de «Spider-Man- Far from Home». Sous le costume, Tom Holland. Enfin, probablement.

Tournage de «Spider-Man- Far from Home». Sous le costume, Tom Holland. Enfin, probablement.

Pour la majorité des observateurs, l'affaire était pliée: Sony (qui détient toujours Columbia) et Marvel Studios (une unité de la galaxie Disney) devaient renégocier le droit du second d'utiliser dans ses films le personnage du premier. Ils ne sont pas tombés d'accord. Adieu donc Spider-Man dans le Marvel Cinematic Universe (l'univers cinématographique Marvel ou MCU) et coucou Spidey dans un univers 100% Sony dont le film «Venom» a posé la première pierre en 2018.

Venom, en 2018. Échec critique, succès financier. Sony en est sorti renforcé.

Venom, en 2018. Échec critique, succès financier. Sony en est sorti renforcé.

Dommage collatéral, le divorce signifiait – sans grands risques de se tromper – que le cliffhanger qui termine «Spider-Man: Far from Home», dernier gros succès en date du MCU, resterait à jamais irrésolu.

En fin de semaine dernière pourtant, nouveau coup de théâtre: Disney et Sony, qui disait-on avaient définitivement quitté la table des négociations, ont repris langue et sont parvenus à un accord dont les détails restent secrets. Spider-Man rempile dans le MCU pour deux longs-métrages, dont l'épisode qui, d'ici à l'été 2021, conclura la trilogie lancée avec «Homecoming». Les fans respirent.

Dans les communiqués officiels, on se congratule et on se tape dans le dos, mais l'avenir de Peter Parker n'en reste pas moins nébuleux. Pour certains, le renouvellement n'est qu'un recul pour mieux sauter et Spider-Man quittera définitivement le MCU après cette nouvelle parenthèse. Pour d'autres, le new deal n'est qu'une étape qui sera suivie d'autres, favorables à son maintien dans le Marvel Cinematic Universe.

Surtout si, spécule-t-on toujours, Sony est parvenu à faire sauter dans le nouvel accord la clause qui l'empêchait d'utiliser Spider-Man dans ses propres productions tant que ce dernier était prêté au MCU. Il y aurait dans cette hypothèse un grand vainqueur à l'issue du bras de fer entre les deux partenaires. Et ce serait Sony.

Jean-Charles Canet

Commentaire: plutôt avec Marvel que sans

Spider-Man se porte-il mieux dans l'univers de Sony ou dans celui de Marvel? Notre opinion est faite: le tisseur est plus à sa place dans le MCU. Depuis sa première apparition dans «Captain America - Civil War» et sa dernière dans «Spider-Man - Far from Home», le personnage a parfaitement réintégré l'écurie familiale d'origine. Tom Holland a su gagner haut la main ses galons de crédibilité et les cinq longs métrages nés sous cette étoile sont d'une belle cohérence, sans aucun doute grâce à la supervision de Kevin Feige, le timonier du MCU.

On ne peut en dire autant pour les Spider-Man nés sous la seule gouverne de Sony. Certes, il y a eu la trilogie signée Sam Raimi dans les années 2000. Mais le mariage de la carpe (l'argent) et du lapin (le créatif) est parti en eau de boudin avec un «Spider-Man 3» de triste mémoire qui conduit Sony à tout effacer pour recommencer quasi à zéro avec Andrew Garfield et un certain Marc Webb à la réalisation dans les années 2010. L'échec relatif du premier «Amazing Spider-Man» et total de sa suite a alors conduit Sony à s'associer avec Disney/Marvel...

Depuis, Sony a entrepris de lancer ce qui ressemble à un univers étendu concurrent du MCU peuplé de personnages associés étroitement à Spider-Man. De cette ambition est né «Venom» en 2018. Si le pari critique a été perdu (le film s'est fait descendre à juste titre), le succès commercial fut sans ambiguïté et remis Sony en position de force.

Cette tournure n'est sans doute pas étrangère au tango dansé cet été avec un Mickey en quête d'un accord plus en sa faveur et un Sony regonflé à bloc et donc moins enclin à partager.

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