Hockey sur glace: Pourquoi Richard a encore faim et comment 12 clubs ont braqué 29 joueurs
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Hockey sur glacePourquoi Richard a encore faim et comment 12 clubs ont braqué 29 joueurs

Cyrill Pasche, journaliste de Sport-Center, revient sur l'actualité du hockey suisse dans la chronique décalée «Hockey Inside».

par
Cyrill Pasche
«Les hockeyeurs sont vraiment des bons types»

(Hockey Inside est une chronique à prendre idéalement avec des pincettes. Elle ne reflète d’ailleurs pas nécessairement, voire pas du tout, la position de la rédaction et l’interprétation de son contenu n’engage que vous-mêmes.)

«Les hockeyeurs sont vraiment des bons types»
(Hockey Inside est une chronique à prendre idéalement avec des pincettes. Elle ne reflète d’ailleurs pas nécessairement, voire pas du tout, la position de la rédaction et l’interprétation de son contenu n’engage que vous-mêmes.)

Le départ de Benjamin «Benji» Antonietti à Genève-Servette dès la saison prochaine marque la fin du romantisme et surtout la fin abrupte du bilinguisme au LHC.

A compter de l’automne 2021 déjà, le vestiaire du LHC sera donc définitivement alémanique. Le slogan «L’union fait la force» sera remplacé par un «Mir sind Lausanne» du plus bel effet.

Les coupes de champagne servies dans les allées deviendront des «Cüpli» et la «Leistungskultur» sera célébrée comme il se doit, au point de déteindre jusque dans les gradins de nouveau remplis, où les fäns se salueront à grands coups de «Hoi zäme» et brailleront des «Chummet Giele», «Meischter, Schwiizer Meischter» et aussi des «Huere Geil» à chaque solo du Soleurois Denis Malgin.

Mais je te vois déjà venir: «et pis Aurélien Marti, et pis Floran Douay, et pis Tim Bozon, et pis Guillaume Maillard???»

Alors voilà: Marti, avec un nom de famille alémanique, une moustache de flic et un «mullet» sous son casque est clairement Suisse-allemand. Douay et Bozon? Comme Antonietti, pas assez sexy. Ils gagneront péniblement leur vie avec une année d’avance dans le championnat de Slovaquie, où personne ne leur demandera s’ils ont pris ou pas leur licence suisse avec eux. Enfin, Maillard jouera d’ici-là dans une catégorie de jeu plus adaptée.

C’est comme ça, c’est le business. Un titre de champion s’achète à ce prix-là, vois-tu.

Et surtout, c’est pas contre moi qu’il faudra que tu sois fâché après avoir lu ces lignes.

Benjamin Antonietti: Tschüss zäme.

Benjamin Antonietti: Tschüss zäme.

Pascal Muller/freshfocus

Hockey Inside, épisode 6, auf geht’s:

1. Mardi durant le match Lausanne - Zoug, j’ai surpris le capitaine du EVZ en train de parler à l’arbitre sur le chemin du banc des pénalités. Vraisemblablement pas pour s’excuser pour la faute qu’il venait de commettre sur un Lausannois, mais sans doute pour s’excuser encore et encore de ne pas rester à Zoug et d’avoir signé à Fribourg.

Diaz: «Pourtant je te jure je leur avais dit 30% en moins y a pas de soucis je reste mais même ça ils ont pas voulu».

Arbitre: «C’est bon, Raphael, t’inquiètes pas pour ça. Maintenant faut vraiment tourner la page».

2. La «Merveille» - d’ailleurs même Stéphane Rochette, qui l’a enfin adoubé, aime désormais surnommer Janis Moser ainsi – est décidément un être touché par la grâce. Sa présence et son charisme sur la glace n’ont d’égaux que son talent d’acteur. La preuve, tu regardes ce clip, tu ne vois plus que lui.

Un maillot «gris sièges tribune»? Le valeureux capitaine Kevin Fey? Où ça? Je ne les vois pas.

3. C’est quand même moche ce qui va arriver aux joueurs étrangers à licence suisse dès 2022. Tout un contingent (29 actuellement) sacrifié pour faire passer en douce une augmentation à sept étrangers. Est-ce qu’il n’y avait vraiment pas moyen, pour ceux qui sont dans notre championnat depuis longtemps (ou qui ont déjà joué un certain nombre de matches/années), de bénéficier d’un statut «exceptionnel» durant au moins cinq ans, par exemple?

Ou mieux encore, d’être exempté par cette nouvelle réglementation qui devra certes encore être validée au mois de mars? Parce que là, ce sera vraiment une fin abrupte pour certains d’entre eux. A travers les 12 clubs de National League, personne n’a donc pensé à leur offrir au moins la possibilité d’effectuer une transition plus ou moins digne? Un tout petit peu d’humanité? Non, même pas.

4. On gueule parce qu’il y aura sept étrangers au lieu de quatre à l’avenir. Mais à ton avis, ton club aura-t-il plus, ou moins de chances de gagner enfin le titre avec sept étrangers plutôt qu’avec quatre renforts? Moi je dis avec sept, sauf si ton club s’appelle Zurich, Berne ou Davos, ceux qui raflent presque tous les titres depuis plus de 20 ans.

5. McSorley annoncé à Berne. McSorley annoncé à Lugano. McSorley annoncé un peu partout.

Chris McSorley viendra dans ton club à vélo s’il le faut. 

Chris McSorley viendra dans ton club à vélo s’il le faut.

freshfocus

«Any press good press», disait-il d’ailleurs souvent à l’époque, dans son petit bureau des Vernets.

D’ailleurs je me suis fait la réflexion, l’autre jour: sachant qu’il devrait bientôt y avoir sept étrangers, ne serait-ce pas une brillante idée d’avoir quelqu’un comme McSorley dans son organisation (sauf si ton club est le GSHC) pour dénicher ces perles rares à l’avenir? On ne peut pas dire qu’il s’est souvent planté par le passé avec ses renforts étrangers, ou bien?

6. Ou alors, au lieu de McSorley, pourquoi ne pas mandater Gary Sheehan, lui aussi un visionnaire qui se plante rarement dans le choix de ses étrangers. Imagine le carton qu’il ferait si on le laissait chercher quatre Devos et trois Hazen pour une équipe de l’élite?

7. Luca Cunti, topscorer du HC Bienne – quand Janis Moser retombe sporadiquement dans la fameuse et très pratique «loi de la moyenne» – a prolongé son contrat au HC Bienne jusqu’en 2025. Une bien belle signature pour le HCB. Pour ceux qui n’auraient pas vu jouer Cunti cette saison, c’est (à mon avis) le joueur suisse qui se rapproche le plus de Denis Malgin en termes de facilité de patinage et de maîtrise technique.

8. Denis Malgin n’est-il pas le meilleur joueur suisse du championnat? Je dis oui, et de loin.

Et qui est le joueur le plus sous-estimé? Mike Künzle, sous contrat avec Bienne jusqu’en 2022. Le directeur sportif du HCB, Martin Steinegger, ferait bien de le prolonger rapidement et prématurément pour une durée aussi longue que possible.

9. Aux Vernets mardi contre Langnau, l’attaquant du GSHC, Tanner Richard, a illuminé ma soirée. Non pas au travers de son jeu, mais pour la publicité «McDonalds» (quel casting parfait!) qui passe sur l’écran géant.

Cela commence comme ça: «Tanner Richard a encore faim».

Et là, boum: gros plan sur Tanner Richard attablé avec son maillot du GSHC, face caméra. Et c’est vrai, on ne nous prend pas pour des cons: en le regardant, on sent qu’il a vraiment encore faim, qu’il est heureux comme un gamin rien qu’à l’idée de s’envoyer un bon petit «McDo». Cette pub est d’une sincérité bouleversante.

10. (Bonus) Le joueur étranger à licence suisse du futur:

(Tim Bozon). Vient de se faire braquer par 12 dirigeants de clubs de National League. S’est même fait piquer sa chemise et son pantalon. Heureusement a pu garder le chapeau de paille et les lunettes de soleil. Se dit qu’ils pourront toujours servir pour aller vendre des chouchous sur la plage du Cap d’Agde pendant les intersaisons dès 2022. Se dit qu’il aurait quand même dû mettre un peu plus de pognon de côté au LHC et au GSHC. Se dit que le hockey c’était quand même vachement mieux avant. 

(Tim Bozon). Vient de se faire braquer par 12 dirigeants de clubs de National League. S’est même fait piquer sa chemise et son pantalon. Heureusement a pu garder le chapeau de paille et les lunettes de soleil. Se dit qu’ils pourront toujours servir pour aller vendre des chouchous sur la plage du Cap d’Agde pendant les intersaisons dès 2022. Se dit qu’il aurait quand même dû mettre un peu plus de pognon de côté au LHC et au GSHC. Se dit que le hockey c’était quand même vachement mieux avant.

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