Football - Pourquoi YB écrase la concurrence
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FootballPourquoi YB écrase la concurrence

Sans surprise, le club bernois pourrait fêter ce dimanche déjà un titre programmé depuis le coup d’envoi de la saison. Son insolente domination interpelle.

par
Nicolas Jacquier
Possédant la meilleure attaque (53 buts marqués) et la meilleure défense (21 buts encaissés) du pays, les joueurs de Young Boys ont fait le vide derrière eux.

Possédant la meilleure attaque (53 buts marqués) et la meilleure défense (21 buts encaissés) du pays, les joueurs de Young Boys ont fait le vide derrière eux.

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Cela ne s’était pas produit le dernier week-end, mais cela pourrait se faire dès ce dimanche après-midi: il «suffira» à Young Boys de battre Lugano (3e) au Wankdorf pour s’assurer déjà un quatrième titre de champion consécutif. En cas de match nul contre les Tessinois, le champion sortant se succéderait également à lui-même officiellement si Servette ne parvenait pas à s’imposer dans le même temps à Bâle.

Quoi qu’il en soit, voilà qui permettrait au club bernois d’égaler le record établi par l’Allemand Albert Sing, auteur d’un historique quadruplé avec quatre titres fêtés entre 1957 et 1960.

En étant couronné à sept journée de la fin, YB égalerait aussi le record de précocité qu’il détient depuis le printemps 2019 lorsqu’il avait été couronné au terme de la 29e journée. Voici deux ans, le club de la capitale avait enlevé le titre avec 20 points d’avance sur son dauphin bâlois, une avance similaire à celle que comptait le FC Bâle sept ans plus tôt.

A ce jour, l’équipe de Gerardo Seoane compte déjà 22 points d’avance sur Servette, son moins lointain poursuivant, pourtant crédité d’une différence de but négative (-1). Mais même en remportant ses huit derniers matches, elle ne pourra pas approcher le record de points qu’YB possède avec 91 unités (saison 2018/2019).

Il n’en demeure pas moins que le club du Wankdorf continue de régner sans partage sur le football helvétique. Au moment d’un nouveau titre programmé depuis le coup d’envoi de l’exercice, faut-il davantage mettre en avant le cavalier seul des Bernois ou s’inquiéter plutôt de la faiblesse de l’opposition?

Tout est planifié, rien n’est laissé au hasard

«Il y a sans doute un peu des deux, estime Bernard Challandes. Voici plusieurs années déjà qu’YB a mis en place une structure qui est au-dessus des autres. Leur cellule de recrutement est excellente, ils sont toujours en avance, tout est planifié, rien n’est laissé au hasard. Si Nsame s’en va, son remplaçant est déjà là. Derrière, c’est plus compliqué, mais ça l’était déjà à l’époque de la domination du FC Bâle. Le FCB est la seule équipe qui aurait pu rivaliser, mais on connaît les problèmes rhénans.»

«C’est certainement la saison la moins aboutie depuis qu’YB est YB, mais c’est celle où son avance est la plus grande»

Bernard Challandes, sélectionneur du Kosovo et consultant

Incontestable au niveau des chiffres, la domination bernoise s’exerce curieusement moins sur le plan du jeu lui-même. Le sélectionneur neuchâtelois du Kosovo y voit même un paradoxe: «C’est certainement la saison la moins aboutie depuis qu’YB est YB, mais c’est celle où son avance est la plus grande. Je trouve les Bernois plus impressionnants au niveau des points que sur le terrain, où ils sont parfois plus appliqués que brillants. Cela n’a pas toujours été aussi spectaculaire que le classement ne l’indique. Ça dénote le problème des autres

Autre regard, celui de Johann Lonfat, qui évoque aussi le nivellement du championnat par le bas: «Cela n’enlève rien au mérite d’YB, explique le consultant de blue Sports, mais quand on voit que Vaduz est la meilleure équipe derrière les Bernois en 2021, cela pose quand même des questions.»

Une qualité qui se retrouve jusque sur le banc

L’ancien international helvétique insiste sur la qualité du banc d’YB. «Ils ont étoffé le contingent en doublant tous les postes sans affaiblir l’équipe. YB fait souvent la différence avec la profondeur de son banc. Surtout quand l’on voit qui y est assis.»

Le recrutement opéré ainsi que la gestion des transferts est un autre facteur de réussite: «YB a mis en place une structure qui assure la pérennité du club sur la durée, reprend notre interlocuteur. Il ne fait pas des coups pour faire des coups, mais assure un roulement qui fonctionne. Les Bernois ont déjà perdu des joueurs et en perdront encore d’autres, cela ne les empêche pas d’avoir toujours 20 points d’avance! A l’inverse, quand Saint-Gall voit partir quatre de ses meilleurs joueurs, on voit tout de suite la différence.»

«C’est symptomatique de constater que l’on n’entend jamais parler du président, ou alors très rarement»

Johann Lonfat, consultant <em>blue Sports</em>

A Berne, l’organigramme du club place aussi d’anciens joueurs (Spycher, Chapuisat, Von Bergen, etc.) à des postes clés. «C’est symptomatique de constater que l’on n’entend jamais parler du président, ou alors très rarement, relève Lonfat. C’est tout juste si l’on connaît son nom (ndlr: Hanspeter Kienberger) dans le grand public.»

En ces temps de grandes incertitudes, les Bernois ont sans doute été moins lésés que d’autres face aux conséquences de la pandémie. «YB peut survivre plus facilement que d’autres», confirme Challandes.

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