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LibyePoursuite des pourparlers libyens au Maroc

Réunis dans complexe hôtelier de Bouznika, les représentants du gouvernement du GNA et des forces du maréchal Haftar ont repris les discussions jeudi pour mettre fin à des années de conflit.

Le «dialogue libyen», organisé sous l’impulsion du Maroc, a repris à huis-clos dans le complexe hôtelier de Bouznika jeudi. 

Le «dialogue libyen», organisé sous l’impulsion du Maroc, a repris à huis-clos dans le complexe hôtelier de Bouznika jeudi.

AFP

Les pourparlers réunissant des parlementaires des deux camps rivaux libyens --le Gouvernement d’union nationale (GNA) dans l’Ouest, et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar dans l’Est-- se poursuivent jeudi au Maroc, a-t-on appris de source diplomatique marocaine.

«Importants compromis»

Mardi, après trois jours d’échanges, les représentants du Haut conseil d’Etat libyen (ouest) et du Parlement de Tobrouk (est) avaient affirmé dans une déclaration conjointe avoir consenti d'»importants compromis", ouvrant la voie à un processus de règlement politique global pour mettre fin à des années de chaos.

Après un jour de pause, ce «dialogue libyen», organisé sous l’impulsion du Maroc, a repris à huis-clos dans le complexe hôtelier de Bouznika, au sud de la capitale Rabat, a constaté un correspondant de l’AFP.

Depuis 2015, le GNA, basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, et le camp du maréchal Khalifa Haftar se disputent le pouvoir.

Un conflit meurtrier a éclaté en avril 2019 lorsque les forces de Haftar ont lancé une offensive visant à prendre Tripoli. Les deux parties ont annoncé le 22 août, séparément, un cessez-le-feu et des élections dans ce pays, meurtri par les violences depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Les compromis conclus cette semaine au Maroc «concernent notamment l’établissement de normes claires pour éradiquer la corruption et la dilapidation des fonds publics et mettre fin à l’état de division institutionnelle», selon la déclaration conjointe.

Abdessalam Al-Safraoui, qui préside la délégation du Haut Conseil d’Etat libyen, avait fait savoir lundi que «le dialogue s’était concentré sur les nominations à faire à la tête des institutions régaliennes» du pays.

Concertations à Montreux

Les postes de directeur de la Banque centrale, de la Compagnie nationale de pétrole (NOC) et de chef des armées sont ceux qui divisent le plus les deux camps, selon des médias libyens.

La ville balnéaire de Bouznika, où se tiennent les discussions est très proche de Skhirat, la bourgade qui avait donné son nom à l’accord de règlement politique signé en décembre 2015 sous l’égide de l’ONU et en vertu duquel a été créé le GNA.

Parallèlement, des «concertations» interlibyennes se sont déroulées à Montreux du 7 au 9 septembre, parrainées par le Centre pour le dialogue humanitaire, une organisation de diplomatie privée basée en Suisse. Elles se sont déroulées en présence de l’émissaire par intérim de l’ONU en Libye, Stephanie Williams, et visaient à inciter les rivaux libyens à reprendre le dialogue politique, a-t-on appris jeudi.

«Se basant sur ces concertations et celles en cours au Maroc», la mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) se prépare à «entamer les démarches nécessaires pour la reprise du dialogue politique libyen», a indiqué la Manul sur son site.

Selon un communiqué, les participants libyens à ces concertations, ont convenu de tenir des «élections présidentielle et parlementaires à la fin d’une période de 18 mois sur la base d’un cadre constitutionnel convenu», une fois un nouveau Conseil présidentiel et un nouveau gouvernement d’unité nationale formés.

(AFPE/NXP)

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