Russie: Une proche de Navalny visée par une enquête criminelle

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RussieUne proche de Navalny visée par une enquête criminelle

Une enquête pour «violation de domicile» avec violence ou «menaces» de l’employer vise une alliée d’Alexeï Navalny. Elle s’était rendue lundi chez un homme que l’opposant accuse d’avoir participé à son empoisonnement.

L’enquête «pour violation du domicile» et «menaces» vise Lioubov Sobol. (Photo d’archives)

L’enquête «pour violation du domicile» et «menaces» vise Lioubov Sobol. (Photo d’archives)

KEYSTONE

Une alliée d’Alexeï Navalny a été mise en accusation vendredi dans le cadre d’une enquête criminelle. Celle-ci intervient après qu’elle s’est rendue chez un agent présumé des services de sécurité russes que l’opposant accuse d’avoir participé à son empoisonnement.

L’enquête pour «violation de domicile» avec violence ou «menaces» de l’employer vise Lioubov Sobol, qui s’était rendue lundi chez cet homme, qu’Alexeï Navalny dit avoir piégé au téléphone pour lui faire avouer la tentative d’assassinat, a annoncé sur Twitter Ivan Jdanov, directeur du Fonds de lutte contre la corruption, l’organisation de l’opposant.

Initialement entendue comme témoin, Lioubov Sobol a été mise en accusation à l’issue d’une journée d’interrogatoire et placée en détention préventive pour 48 heures, a indiqué Ivan Jdanov dans la soirée. «Lioubov Sobol est désormais officiellement soupçonnée dans le cadre de cette enquête, son statut a changé», a-t-il précisé sur Twitter.

Peine maximale de deux ans

Vladimir Voronine, l’avocat de Lioubov Sobol, a confirmé ces informations à l’AFP, sans donner de détails. La peine maximale encourue pour ce délit est de deux ans de prison.

La police russe a interpellé vendredi matin Lioubov Sobol à son domicile moscovite, qui a été aussi perquisitionné, et l’a conduite au Comité d’enquête de Russie, puissant organe chargé des principales investigations criminelles.

«Je n’avais jamais été perquisitionnée chez moi. Mais bon, il y a une première fois à tout», a commenté Lioubov Sobol dans une vidéo tournée dans son appartement et filmant sa porte en train d’être tambourinée.

Une vidéo de surveillance, à l’extérieur de l’appartement, montre des hommes casqués et cagoulés sur le palier, qui neutralisent ensuite la caméra avec du ruban adhésif.

Membre présumé du FSB piégé

Alexeï Navalny avait publié lundi une vidéo d’une conversation téléphonique avec un membre présumé du FSB, Konstantin Koudriavtsev, dans laquelle ce dernier, pensant parler à un responsable du renseignement, explique que les services spéciaux russes ont bien empoisonné l’opposant.

Les autorités ont qualifié cette conversation de «falsification», mais n’ont jamais démenti que l’interlocuteur de l’opposant était bien un agent ni que celui-ci était membre de l’équipe chargée de filer l’intéressé.

Le président russe Vladimir Poutine avait précédemment reconnu qu’Alexeï Navalny faisait l’objet d’une surveillance, après la publication d’une enquête médiatique nommant huit agents secrets, dont des spécialistes des armes chimiques, qui pendant des années assuraient la filature de l’opposant. Parmi eux, Konstantin Koudriavtsev.

Trois laboratoires européens ont conclu qu’Alexeï Navalny avait été empoisonné par une substance de type Novitchok, un produit neurotoxique développé à des fins militaires à l’époque soviétique.

Adresse diffusée sur internet

Avocate de formation et figure montante de l’opposition russe, Lioubov Sobol, 33 ans, une proche alliée d’Alexeï Navalny, s’était rendue lundi dans l’immeuble où l’agent présumé du FSB habitait, selon elle.

Elle avait aussi diffusé son adresse sur internet et de nombreux journalistes étaient venus alors sur les lieux. La police anti-émeute avait été déployée sur place et avait interpellé la jeune femme. Selon son avocat, la plainte visant Lioubov Sobol a été déposée par la belle-mère de Konstantin Koudriavtsev, Galina Soubbotina.

Alexeï Navalny affirme qu’il a été empoisonné le 20 août sur ordre du Kremlin. La Russie affirme elle qu’il n’y a aucune preuve que l’opposant a été la victime d’un crime, malgré son malaise dans un avion en Sibérie, un coma et les résultats de laboratoires européens établissant qu’il avait été empoisonné.

Moscou a, selon les versions, dénoncé un complot occidental, de l’opposant ou mis en cause son hygiène de vie. Rappelant qu’aucune enquête n’a été ouverte en Russie dans son affaire, Alexeï Navalny a dénoncé les investigations visant Lioubov Sobol, qui n’a fait que sonner «à la porte d’un tueur».

(ATS/NXP)

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