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RussiePoutine accuse l'opposition de refuser tout dialogue

Le Premier ministre est confronté à la plus importante vague de constestations, déclenchée par des législatives émaillées de fraude selon l'opposition.

Vladimir Poutine: «Je suis prêt à la plus grande des transparences.»

Vladimir Poutine: «Je suis prêt à la plus grande des transparences.»

AFP

«Nous avons invité il y a peu ces collègues (de l'opposition), ils ne sont pas venus. Ils disent qu'ils veulent discuter, que le pouvoir ne les écoute pas. Nous les avons invités, mais ils ne viennent pas», a lancé Vladimir Poutine au cours d'une rencontre avec les dirigeants de médias russes.

Des célébrités russes ont pour leur part fondé un mouvement visant à mobiliser les Russes pour garantir un scrutin «honnête».

L'actuel Premier ministre avait déclaré le 28 décembre qu'un dialogue avec ses détracteurs était impossible car «il n'y a là personne à qui parler».

Ses propos faisaient suite à la vague de contestation la plus importante que son régime ait connue et qui a été déclenchée par des législatives émaillées, selon l'opposition et des observateurs, de fraudes et remportées par le parti du pouvoir, Russie unie.

Nouvelle manifestation de masse prévue

Les organisateurs de ce mouvement - divers groupes politiques et associatifs - prévoient un nouveau grand rassemblement le 4 février, à un mois jour pour jour de la présidentielle dont Vladimir Poutine est le favori.

Vladimir Poutine a une nouvelle fois affirmé mercredi que ce scrutin serait libre et transparent, soulignant qu'il voulait lui- même connaître sa cote de popularité. «Je suis prêt à la plus grande des transparences. On ne peut travailler à ce niveau (de responsabilité) qu'avec une confiance, un soutien réel des citoyens», a relevé l'ex-agent du KGB.

L'opposition s'organise

De leur côté, plusieurs célébrités russes, dont les écrivains Lioudmila Oulitskaïa et Boris Akounine et la légende du rock antisoviétique Iouri Chevtchouk, ont annoncé la création d'une «Ligue des électeurs» visant à mobiliser les Russes en vue de la présidentielle.

Critiques de longue date du régime russe, ils ont néanmoins indiqué ne soutenir aucun candidat. «Nous devons organiser une élection juste (...) Aujourd'hui, la question n'est pas de savoir à quel homme politique va notre sympathie», a déclaré la romancière Lioudmila Oulitskaïa, au cours d'une conférence de presse à Moscou.

Le journaliste Léonid Parfionov, ex-vedette de la chaîne de télévision NTV dont il a été évincé après la reprise en main des télévisions par les autorités au début des années 2000, a souligné que les récentes manifestations prouvaient que la société avait changé. La Ligue des électeurs fondée par ces personnalités, ainsi que des figures du monde associatif, de la culture et de la blogosphère, veut organiser «un contrôle de l'élection» présidentielle avec l'aide d'observateurs et de juristes bénévoles. Elle compte aussi mobiliser en vue des manifestations prévues pour le 4 février.

Candidatures

Enfin, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov et le fondateur du parti démocrate Iabloko, Grigori Iavlinski, ont déposé chacun mercredi plus de deux millions de signatures en faveur de leur candidature à la présidentielle.

La Commission électorale doit désormais vérifier ces listes avant de décider s'ils pourront concurrencer l'homme fort du pays et les dirigeants des trois partis adoubés par le Kremlin, le communiste Guennadi Ziouganov, le populiste Vladimir Jirinovski et le chef du parti Russie juste, Sergueï Mironov.

Premier ministre depuis près de quatre ans, Vladimir Poutine veut revenir après la présidentielle de mars au Kremlin, qu'il avait dû quitter après deux mandats consécutifs (2000-2008). Selon de récents sondages, sa popularité est en chute et il pourrait même être contraint à un second tour.

(ATS)

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