Actualisé

Putsch avortéPoutine affiche son soutien à Erdogan

Le président russe a souligné la volonté de «rétablir le dialogue» avec Ankara, après plusieurs mois de tension. Le gazoduc TurkStream sera réalisé le plus vite possible.

1 / 118
Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

Un accord a été conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie» pour évacuer les civils et les rebelles à Alep. (13 décembre 2016)

AFP
Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

Les rebelles se sont retirés lundi de six nouveaux quartiers importants d'Alep face à l'avancée de l'armée syrienne rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ils ne sont plus que dans une petite poche dans la deuxième ville de Syrie. La prise d'Alep n'est «plus qu'une question de temps», selon l'OSDH. (12 décembre 2016)

AFP
Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

Plus de de 10'000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep depuis minuit en raison des violents bombardements. (Dimanche 11 décembre 2016)

AFP

Le président russe Vladimir Poutine a apporté son soutien mardi à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, en visite en Russie. Souhaitant qu'il parvienne à ramener l'ordre en Turquie après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet, il a aussi affiché sa volonté de rétablir des relations solides avec son ancien partenaire commercial.

Vladimir Poutine a apporté son soutien mardi à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, en visite en Russie. Souhaitant qu'il parvienne à ramener l'ordre en Turquie après la tentative de putsch, il entend rétablir des relations avec son ancien partenaire commercial.

La visite du président turc à Saint-Pétersbourg illustre un rapprochement entre Ankara et Moscou. Celui-ci intervient après neuf mois de crise diplomatique et alors que les purges qui ont suivi le putsch raté ont jeté un froid sur ses relations avec l'Europe et les Etats-Unis.

Premier dirigeant à avoir appelé

Vladimir Poutine, un des premiers dirigeants étrangers à avoir appelé Recep Tayyip Erdogan après le putsch, a saisi l'occasion pour tourner la page des tensions nées de la destruction par la chasse turque d'un bombardier russe l'année dernière près de la frontière syrienne.

«Je veux exprimer mon espoir que sous votre direction, le peuple turc surmonte ce problème (les conséquences du putsch) et que l'ordre et le respect de la Constitution soient restaurés», a déclaré le président russe à son hôte.

Pour sa part M. Erdogan a remercié de manière appuyée son «ami», avec lequel il partage désormais ses critiques véhémentes de Washington.

Rétablir des relations solides

En accueillant le président Erdogan dans un palais de la Russie tsariste à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a également affiché sa volonté de rétablir des relations solides avec son ancien partenaire commercial.

A l'issue de leur rencontre, qualifiée de «constructive» et «franche», le président russe a toutefois dit s'attendre à un «travail difficile pour «réanimer» la coopération économique» entre leurs deux pays, vu la forte baisse subie par les échanges commerciaux entre les deux pays ces derniers mois.

Le ministre russe de l'Economie, Alexeï Oulioukaïev, a annoncé de son côté que la Russie pourrait recommencer à importer des produits alimentaires turcs avant la fin de l'année. Il a prévenu que rétablir le niveau des échanges commerciaux pourrait prendre jusqu'à deux ans.

Projets relancés

La coopération sera accrue dans le domaine de la défense, tandis qu'un certain nombre de projets seront relancés: la centrale nucléaire d'Akkuyu qui doit être construite en Turquie par la Russie et le projet de gazoduc TurkStream qui doit permettre à la Turquie de recevoir davantage de gaz russe, a déclaré le président turc.

La Turquie souffre également de la baisse de la fréquentation touristique russe. Le nombre de Russes se rendant en Turquie a chuté de 87% sur les six premiers mois de l'année. La reprise des vols charters vers la Turquie, arrêtée dans le cadre des sanctions, devrait pouvoir s'organiser dans un proche avenir, a déclaré Vladimir poutine.

Des solutions pour la Syrie

Ce dernier a également assuré que les deux Etats s'étaient mis d'accord pour discuter plus longuement de la guerre en Syrie et chercher ensemble des solutions. Cela alors que Moscou soutient le président Bachar al Assad, contrairement à Ankara.

«Je crois qu'il est possible d'aligner nos perspectives et approches», a déclaré le président russe.

Poutine et Erdogan relancent le gazoduc TurkStream

Le gazoduc russo-turc TurkStream «sera réalisé le plus vite possible», a assuré mardi le président turc Erdogan. Le projet avait été gelé à cause de la crise diplomatique entre Moscou et Ankara. Le président russe a de son côté estimé que la construction de la partie du gazoduc destinée au marché intérieur turc pourrait commencer «très prochainement». Mais il a souligné que la réalisation de celle destinée à approvisionner l'Union européenne dépendrait de garanties que Bruxelles devra fournir.

TurkStream avait été dévoilé fin 2014 en même temps que l'abandon, en pleine crise ukrainienne, du projet South Stream par la mer Noire, bloqué par l'Union européenne. L'idée était non seulement d'alimenter la Turquie, mais d'en faire un pays de transit pour approvisionner le Sud de l'UE à la place de l'Ukraine. Le projet initial prévoyait des premiers approvisionnements fin 2016 avec, à terme, une capacité considérable de 63 milliards de m3 par a. Elle a ensuite été abaissée à 32 milliards.

Depuis l'échec de South Stream et le gel de TurkStream, Vladimir Poutine a plusieurs fois affirmé que la construction de gazoduc sur le sol européen ne se ferait que si Bruxelles donnait par écrit à ces projets un statut prioritaire. Depuis, Gazprom a lancé un projet pour le Nord de l'Europe.

Ce dernier, Nord Stream 2, ne passe pas par le sol européen, mais par la mer Baltique directement vers l'Allemagne. Ce qui devrait éviter, selon Moscou, des problèmes liés à la réglementation européenne en termes de concurrence. Certains pays en froid avec Moscou, Pologne en tête, ont demandé à Bruxelles de bloquer également ce projet.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!