Actualisé 05.03.2014 à 00:28

UkrainePoutine continue de souffler le chaud et le froid

Poutine a nié l'implication russe en Ukraine et dénoncé un «coup d'Etat». Obama a mis en doute la bonne foi de ce dernier, affirmant que ses déclarations «ne trompent personne».

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Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

Vladimir Poutine a nié, mardi 4 mars, l'implication russe en Ukraine et dénoncé un «coup d'Etat» contre le «seul président légitime»: Viktor Ianoukovitch. Parallèlement, des contacts sont engagés entre le nouveau pouvoir à Kiev et les autorités russes, sous le regard circonspect de Washington.

Le chef de l'Etat russe a estimé que l'envoi de troupes n'était «pas nécessaire pour le moment». Mais le président américain Barack Obama a mis en doute la bonne foi de Vladimir Poutine affirmant que ses déclarations «ne trompent personne».

L'Ukraine affirme avoir repoussé une attaque russe

L'armée ukrainienne a affirmé avoir repoussé à mains nues une attaque de fusiliers marins russes armés qui avaient tenté de prendre d'assaut un navire mouillant dans le port de Sébastopol. «Les hommes armés ont approché en remorqueur le navire Slavoutitch, il y a eu une tentative de monter à bord du bateau, de capturer les marins et de se saisir de leurs armes», a indiqué le ministère ukrainien de la Défense dans un communiqué.

Les marins «en sont venus aux mains et l'attaque a été repoussée», a précisé ce porte-parole. Les bateaux russes continuent de bloquer les navires ukrainiens à Sébastopol, selon le ministère ukrainien de la Défense. Il était impossible de vérifier cette information de source indépendante mardi soir.

Kerry à Kiev, puis à Paris

En visite à Kiev, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a vivement condamné l'«acte d'agression» de la Russie contre l'Ukraine suite au déploiement de soldats en Crimée. Il a toutefois souligné que les Etats-Unis ne cherchaient pas «la confrontation» avec Moscou.

En fait, Vladimir Poutine n'a pas entièrement écarté l'envoi de troupes en Ukraine. «Cette possibilité existe», a-t-il dit, en précisant que la Russie se réservait le droit de recourir à «tous les moyens» pour protéger ses citoyens dans cette ex-république soviétique, notamment en Crimée où la population est composée à 60% de citoyens russes.

Il a répété qu'il n'y a «qu'un seul président légitime», Viktor Ianoukovitch. «Il s'agit d'un coup d'Etat anticonstitutionnel, d'une prise de pouvoir par les armes», a-t-il martelé, accusant les Occidentaux d'avoir eu recours à des «entraîneurs» pour former les «unités de combat», en référence aux contestataires ukrainiens.

Tir de missile

Pour la première fois, les forces russes qui encerclent la base aérienne ukrainienne de Belbek, en Crimée, ont tiré mardi des coups de semonce sur des militaires ukrainiens qui tentaient de s'approcher. Mais la tension est ensuite retombée.

Plus d'un millier de manifestants soutenant Kiev ont par ailleurs défilé mardi, drapeaux ukrainiens à la main, à Donetsk, dans le sud-est de l'Ukraine. Le cortège est resté à distance du siège du gouvernement pour éviter tout affrontement avec les tenants d'une intervention militaire de la Russie.

Dans ce contexte explosif, la Russie a procédé dans la journée avec succès au tir d'essai d'un missile intercontinental. Celui-ci a été lancé de la région d'Astrakan et l'ogive non armée a atteint sa cible qui se trouvait au Kazakhstan. Washington a toutefois confirmé avoir été prévenu que Moscou allait procéder à ce tir. «Ce test de routine d'un ICBM a été notifié à l'avance», a fait savoir la Maison Blanche.

Premiers contacts

De timides premiers contacts ont parallèlement eu lieu entre les membres du nouveau gouvernement ukrainien et leurs homologues russes, selon Arseni Iatseniouk, Premier ministre ukrainien.

«Les premiers pas ont été faits. Nous voudrions comprendre la position de la Russie concernant les crédits» accordés par Moscou en décembre à Viktor Ianoukovitch, a-t-il dit. «Nous voudrions que la Russie dise clairement si elle va remplir ses engagements pris il y a quelques mois», a-t-il encore souligné.

Observateurs de l'OSCE en Crimée

Par ailleurs, le pouvoir actuellement en place à Kiev a indiqué que des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), que préside la Suisse, allaient se rendre en Crimée «pour y suivre la situation».

L'OTAN tiendra pour sa part une nouvelle réunion de crise sur la situation en Ukraine ce soir, a annoncé le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen. Cette assemblée se réunira à la demande de la Pologne qui estime que sa sécurité est menacée.

Rétorsion américaine

Barack Obama s'est aussi exprimé mardi. «Le message que nous faisons passer aux Russes est que, s'ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous examinerons un ensemble de mesures économiques et diplomatiques qui isoleront la Russie», a-t-il prévenu. Un responsable américain qui accompagnait John Kerry à Kiev a indiqué que des sanctions américaines contre la Russie interviendront «probablement dans la semaine».

Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, ces menaces de sanctions ne changeront pas la position russe sur l'Ukraine. Et un conseiller du président Vladimir Poutine, Sergueï Glaziev, a répliqué aux menaces de Washington en promettant l'apocalypse à l'oncle Sam sous la forme d'un «krach du système financier américain».

Pressions économiques

Moscou a également décidé d'utiliser l'arme économique contre Kiev en mettant fin, dès le mois prochain, au rabais accordé par le groupe Gazprom sur le gaz vendu à l'Ukraine.

Mais John Kerry n'est pas arrivé les mains vides à Kiev, les Etats-Unis offrant d'accorder un milliard de dollars dans le cadre d'un prêt international. L'UE pour sa part s'engage à aider Kiev à régler sa dette de deux milliards de dollars pour ses achats de gaz russe.

(AFP)

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