Russie: Poutine lève des sanctions contre la Turquie
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RussiePoutine lève des sanctions contre la Turquie

Les relations russo-turques semblaient se détendre mercredi, au lendemain d'un attentat qui a frappé l'aéroport d'Istanbul.

Vladimir Poutine a parlé avec son homologue turc.

Vladimir Poutine a parlé avec son homologue turc.

Reuters

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi la levée des sanctions contre la Turquie dans le domaine touristique. Il a pris cette décision à l'issue d'une conversation téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Le crash d'un bombardier russe abattu en novembre dernier par des F-16 turcs au-dessus de la frontière avec la Syrie avait provoqué pendant des mois une grave crise diplomatique.

«J'aimerais commencer par les questions liées au tourisme (...). Nous levons les restrictions administratives dans ce domaine» contre la Turquie, a déclaré M. Poutine, lors d'une réunion du gouvernement russe.

Premiers échanges

Les présidents russe et turc se sont parlés mercredi pour la première fois depuis le début de la crise diplomatique entre leurs pays en novembre. «Réitérant leur engagement à relancer les relations bilatérales (...), les deux leaders se sont mis d'accord pour rester en contact et se rencontrer», à une date encore non fixée, a indiqué la présidence turque dans un communiqué.

La conversation téléphonique a été qualifiée par Ankara de «très productive et très positive». Les deux dirigeants sont convenus de se rencontrer en marge du prochain sommet du G20 en septembre en Chine, ont indiqué le Kremlin et une source présidentielle turque.

Condoléances pour les attentats

«Le président russe a également exprimé ses condoléances profondes» à M. Erdogan pour l'attentat-suicide perpétré mardi à Istanbul, selon un communiqué du Kremlin. Vladimir Poutine a ensuite ordonné la levée des sanctions contre la Turquie.

«J'ai demandé au gouvernement de commencer le processus de normalisation du commerce et de nos relations économiques», a déclaré Vladimir Poutine. Après le crash de l'avion russe, Moscou avait en effet adopté des mesures de rétorsion envers Ankara.

Des mesures commerciales

Des mesures essentiellement commerciales qui comprenaient, entre autres, un embargo sur l'importation de fruits et légumes turcs. Les employeurs russes avaient aussi reçu l'interdiction d'embaucher des travailleurs turcs.

Furieuse, la Russie avait également rétabli à partir du 1er janvier 2016 les visas pour les Turcs. Elle avait interdit des vols charter vers la Turquie et la vente des voyages vers ce pays, portant un coup dur au secteur du tourisme turc.

Après la brouille, le rapprochement

MM. Poutine et Erdogan s'étaient beaucoup rapprochés ces dernières années grâce à de bonnes relations. La brouille diplomatique entre les deux pays avait éclaté le 24 novembre 2015.

L'aviation turque avait abattu un bombardier russe près de la frontière syrienne. Le pilote avait été tué alors qu'il retombait en parachute. La Turquie avait assuré que l'appareil russe avait violé son espace aérien, ce que Moscou avait nié.

La Russie également touchée

Ce grave incident avait été qualifié de «coup de poignard dans le dos» par le président Poutine. Il avait provoqué une crise aiguë dans les relations russo-turques.

Le Kremlin a affirmé que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait présenté ses «excuses» pour cette affaire dans un message envoyé à Vladimir Poutine. La Turquie n'a de son côté déclaré qu'avoir fait part de ses «regrets» à la Russie.

L'incident avait entraîné de lourdes conséquences pour l'économie turque, mais également pour l'économie russe. Déjà lourdement affectée par les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne, le pays a à nouveau été mis à l'épreuve.

Des pertes économiques

Des experts ont estimé à des centaines de milliers d'euros les pertes des tour-opérateurs russes après les restrictions. La Turquie était l'une des destinations privilégiées des touristes russes avant la crise.

Le projet de gazoduc TurkStream a été gelé. Il devait permettre d'acheminer le gaz russe jusqu'en Europe via le territoire turc en contournant l'Ukraine, principal pays de transit gazier, mais théâtre d'un conflit armé dans l'Est entre les forces ukrainiennes et des rebelles prorusses.

Régler le conflit syrien Le soutien apporté par Moscou au président syrien Bachar el-Assad avait également tendu les liens entre la Russie et la Turquie avant même le crash du bombardier russe. Ankara, qui encourage de son côté activement sa chute, soutient des groupes rebelles.

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays vont se rencontrer cette semaine à l'occasion d'un sommet régional à Sotchi. Moscou et Ankara reprendront probablement leur coopération pour trouver une solution au conflit syrien. Nachricht per e-mail senden

(ats/afp)

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