Russie: Poutine place ses pions en vue des élections

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RussiePoutine place ses pions en vue des élections

Le président a remplacé le chef de son administration, après une salve de changements parmi les responsables régionaux.

Sergueï Ivanov (à g.) n'est plus le chef de l'administration présidentielle de Vladimir Poutine et devient représentant spécial du président pour les questions liées à l'environnement et aux transports.

Sergueï Ivanov (à g.) n'est plus le chef de l'administration présidentielle de Vladimir Poutine et devient représentant spécial du président pour les questions liées à l'environnement et aux transports.

Archives, Keystone

Le président russe Vladimir Poutine a opéré vendredi à un changement majeur dans son équipe en remplaçant le chef de son administration présidentielle, un poste clé occupé jusqu'à présent par son proche allié Sergueï Ivanov, issu comme lui des services secrets soviétiques du KGB.

Annoncé via deux décrets, le limogeage de Sergueï Ivanov, remplacé selon Vladimir Poutine à sa demande par son adjoint Anton Vaïno, constitue le changement à plus haut niveau depuis des années au Kremlin.

Il intervient deux semaines après une valse des responsables régionaux, que certains experts considèrent comme une manière pour le pouvoir de se mettre en ordre de bataille avant les législatives du 18 septembre et, surtout, avant la présidentielle de 2018, dans un contexte de crise économique et de tensions avec les Occidentaux.

Sergueï Ivanov, ancien ministre de la Défense, est âgé de 63 ans. Il a été nommé représentant spécial du président pour les questions liées à l'environnement et aux transports.

Proche allié du président

Lors d'un entretien avec les deux hommes diffusé à la télévision, Vladimir Poutine a assuré être «content» du travail de celui qui était le chef de l'administration présidentielle depuis 2011, soit quelques mois avant son retour au Kremlin en 2012.

«Je me souviens bien de notre accord, du fait que vous m'avez demandé de ne pas vous employer plus de quatre ans à ce travail de chef de l'administration présidentielle, et je comprends donc votre désir de passer à un autre domaine», a expliqué le président.

Sergueï Ivanov est considéré comme un très proche allié du président. Comme lui, il a servi comme espion du KGB, notamment à Londres, d'où il a d'ailleurs été expulsé en 1983, en Scandinavie et au Kenya. Il a aussi en commun avec Vladimir Poutine, dont il a été parfois considéré comme un dauphin potentiel, d'être originaire de Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays et ancienne capitale impériale.

Poids lourd politique

En 2001, un an après l'arrivée de Vladimir Poutine au Kremlin, il a été propulsé à la tête du ministère de la Défense où il est resté près de six ans et où il a vu son poids politique augmenter.

Sergueï Ivanov a observé qu'il détenait le record de longévité à ce poste clé, qu'il a occupé quatre ans et huit mois, et a assuré que son remplaçant disposait de «toutes les qualités» nécessaires.

Ancien diplomate de 44 ans, qui a été notamment en poste à Tokyo, Anton Vaïno avait commencé à travailler au protocole de la présidence en 2002. Il occupait depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012 le poste d'adjoint de M. Ivanov à l'administration présidentielle.

Né à Tallinn dans l'Estonie qui faisait partie à l'époque de l'URSS, il est le petit-fils d'un chef du Parti communiste d'Estonie à l'époque soviétique, Karl Vaïno.

«J'espère que vous ferez tout pour que le travail de l'administration reste aussi efficace qu'il l'a été jusqu'à présent, (...) pour qu'il y ait moins de bureaucratie vaine et qu'il soit marqué par du contenu concret», a déclaré Vladimir Poutine.

Dans sa nouvelle fonction, a-t-il ajouté, Anton Vaïno devra s'occuper de «résoudre les problèmes qui se posent non seulement à l'administration présidentielle mais aussi concernant les questions clé du développement de l'économie et la sphère sociale».

Economie à stabiliser

La Russie traverse depuis un an et demi une profonde récession due à l'effondrement des prix des hydrocarbures, dont dépend fortement le budget et l'activité, ainsi qu'aux sanctions imposées par les Occidentaux en raison de la crise ukrainienne.

Si l'économie semble se stabiliser après une crise qui a fortement affecté le pouvoir d'achat des Russes, les autorités craignent désormais une stagnation faute de réformes structurelles qui restent à définir.

Si le président conserve une popularité exceptionnelle à plus de 80%, les cotes de confiance du gouvernement, des gouverneurs régionaux ou du Parlement ont nettement baissé depuis un an.

(AFP)

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