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RussiePoutine promet de renoncer à la répression

Contesté dans des manifestations sans précédent, Vladimir Poutine affirme jeudi sur son site de campagne présidentielle que la Russie doit renoncer «à la tendance à une répression excessive».

Vladimir Poutine, tel qu'il apparaît sur son site internet de campagne.

Vladimir Poutine, tel qu'il apparaît sur son site internet de campagne.

La Russie doit renoncer à la «tendance à une répression excessive» de la société russe, est-il indiqué dans le programme de Vladimir Poutine en vue de la présidentielle de mars, publié jeudi sur le site de sa campagne putin2012.ru. Il prévoit aussi de répliquer aux actions «unilatérales» des Occidentaux.

«Il nous faut repenser tout le système de protection des intérêts de la société et renoncer à la tendance à une répression excessive. Cette situation déforme notre société, la rend moralement malsaine», selon ce document.

Il promet pour la période 2012-2018 -soit la durée de son mandat au Kremlin s'il est élu- que des «mécanismes réels de contrôle des activités des autorités par la société civile seront créés».

L'ex-agent du KGB a jusqu'à présent toujours cultivé l'image d'un dur, insistant sur la nécessité d'un Etat fort et d'une démocratie «dirigée», où le développement de la société civile n'était pas prioritaire.

Le dirigeant du parti démocrate Iabloko (opposition), Sergueï Mitrokhine, a fait part de son étonnement à la lecture de ce texte. «Ca ressemble au programme d'un candidat qui n'occupe pas les fonctions clés de l'Etat. Au minimum, M. Poutine doit nous expliquer pourquoi les thèmes soulevés ici n'ont jamais été mis en oeuvre», a- t-il dit à Interfax, estimant dès lors que ces promesses resteront lettre morte.

Le nouveau ton de M. Poutine intervient au moment où il est confronté à une vague de protestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 2000, déclenchée par les législatives de décembre qui ont été marquées, selon des observateurs et l'opposition, par d'importantes fraudes.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Moscou les 10 et 24 décembre pour réclamer des élections libres et une «Russie sans Poutine».

Combattre la corruption

Si le programme de M. Poutine se félicite du bilan des douze dernières années, il reconnaît toutefois que de nombreux efforts restent à faire et reprend des thèmes chers à ses détracteurs comme l'arbitraire de l'Etat et la corruption. «Beaucoup de choses ne nous conviennent pas.

Il s'agit du niveau de pauvreté, le mauvais climat des affaires, l'ampleur de la corruption, l'inefficacité d'une grande partie des fonctionnaires lorsqu'il s'agit de répondre aux problèmes des gens, à commencer par la sécurité des citoyens», relève-t-il.

«Les forces de l'ordre doivent protéger et soutenir les entrepreneurs agissant dans la légalité, et non pas les combattre», souligne encore le document.

Piques lancées à l'Occident

Toutefois l'homme fort de la Russie n'a pas renoncé à lancer des piques à l'Occident, qu'il accuse notamment d'être derrière la vague de protestation.

Le programme de politique étrangère Poutine se tient ainsi à sa ligne habituelle et promet aux Russes qu'il luttera contre toutes les tentatives occidentales d'imposer leur volonté à Moscou.

«Les mesures unilatérales de nos partenaires, ne prenant pas en compte l'opinion de la Russie et ses intérêts, feront l'objet de l'évaluation qui s'impose et d'une réaction appropriée», indique encore ce document, dans une référence claire aux puissances occidentales.

«Les règles du jeu de la politique et de l'économie internationale ne peuvent être déterminées dans le dos de la Russie ou en contournant ses intérêts», relève-t-il.

Avertissement lancé

Le procureur général de Russie, Iouri Tchaïka, et le chef du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, ont dénoncé jeudi le rôle de l'étranger dans l'organisation de la contestation sans précédent contre le régime de Vladimir Poutine.

Le chef du Conseil de sécurité russe a repris ce discours dans un entretien avec le journal «Kommersant», relevant aussi, que comme lors du printemps arabe, les réseaux sociaux sur l'internet étaient utilisés depuis «l'étranger» contre le pouvoir russe.

La prochaine grande manifestation est prévue le 4 février, un mois avant la présidentielle que M. Poutine espère remporter dès le premier tour.

(ats)

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