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RussiePoutine réapparaît en public et se moque des «ragots»

Alors que de folles hypothèses ont circulé autour de la disparition de Vladimir Poutine, celui-ci a fait une apparition publique.

Les Russes rassurés après la réapparition de Poutine.

Les Russes rassurés après la réapparition de Poutine.

AFP

Le président russe Vladimir Poutine est apparu lundi 16 mars en public près de Saint-Pétersbourg, mettant fin à dix jours d'une absence qui a suscité un torrent de rumeurs sur son état de santé, un coup d'Etat ou une nouvelle paternité. Il a déclaré: «On s'ennuierait s'il n'y avait pas de ragots» dans les médias.

Le chef de l'Etat russe, 62 ans, est apparu, plutôt pâle, à une rencontre avec son homologue kirghiz Almazbek Atambaïev, dans un salon du palais Constantin, près de Saint-Pétersboug, a rapporté une journaliste de l'AFP.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui ironisé. «Bon alors, vous avez tous vu un président paralysé, enlevé par des généraux, et qui est arrivé en avion de Suisse où il a lui-même accouché ?», a déclaré M. Peskov à la presse. «Nous ne voulons plus parler de ce sujet, tout va bien», a-t-il ajouté.

La «disparition» du chef de l'Etat russe à quelques jours du premier anniversaire de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée a mis en lumière la fascination des médias russes et occidentaux pour Vladimir Poutine, alpha et oméga de la vie politique russe et omniprésent à la télévision.

Toutes les hypothèses

Face à un Kremlin silencieux qui s'est contenté de démentir sobrement les rumeurs, médias et internautes ont imaginé les pires scénarios, les uns projetant leur désir de le voir quitter le pouvoir en annonçant sa mort ou un coup d'Etat, les autres lui imaginant une nouvelle paternité.

Mais au fond personne ne savait où le président russe a passé les dix derniers jours ni même s'il a quitté sa résidence de Novo-Ogarevo, dans la banlieue de Moscou.

Événements annulés

Omniprésent de coutume dans les médias, le président russe, 62 ans, n'est pas réapparu en public depuis le 5 mars à l'occasion d'une conférence de presse avec le premier ministre italien, Matteo Renzi.

Il a annulé plusieurs événements la semaine dernière, notamment un voyage au Kazakhstan pour une rencontre trilatérale avec les présidents kazakh et biélorusse et la signature d'un accord de coopération avec l'Ossétie du Sud, région séparatiste de Géorgie.

Grippe, cancer?

Cette absence a provoqué une hystérie de rumeurs. Des médias russes, et certains médias étrangers, ont tour à tour évoqué, sans présenter le moindre début de preuve, un Poutine victime d'un coup d'Etat, un Poutine mort ou bien malade (grippe, cancer, hémorragie cérébrale, problème de dos soigné par un médecin autrichien), un Poutine père d'un enfant né en Suisse d'une ancienne sportive qui aurait été sa maîtresse ou un Poutine participant à un tournoi de judo en Corée du Nord.

A chacune de ces rumeurs, le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitry Peskov, a opposé des démentis catégoriques, se contenant de dire que le président était «en bonne santé», qu'il travaillait et que son agenda était chargé.

Les réseaux sociaux russes fourmillaient par ailleurs de plaisanteries morbides sur le sujet, le hashtag #Putinumer (#PoutineMort) devenant même un «sujet tendance» sur Twitter.

Cette absence intervient au moment où la Russie célèbre en grande pompe le premier anniversaire du «retour» de la Crimée dans son giron. L'annexion de la péninsule, il y a un an, par des troupes russes, avait été suivie d'un référendum controversé menant à son rattachement à la Russie malgré les critiques de Kiev et des Occidentaux. Dans un documentaire diffusé à la télévision publique russe dimanche, Vladimir Poutine a affirmé qu'il avait envisagé à l'époque de mettre les forces nucléaires russes en alerte face à une éventuelle intervention militaire occidentale.

(AFP)

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