Espace - Poutine veut rester dans la course à la conquête spatiale
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EspacePoutine veut rester dans la course à la conquête spatiale

À l’occasion du 60e anniversaire du premier vol dans l’espace de Iouri-Gagarine, Vladimir Poutine a affirmé sa volonté de redorer le blason de la Russie en matière de conquête spatiale.

Le secteur spatial russe est miné depuis plusieurs années par des infrastructures vieillissantes et une importante corruption.

Le secteur spatial russe est miné depuis plusieurs années par des infrastructures vieillissantes et une importante corruption.

AFP

La Russie doit rester une grande puissance nucléaire et de la conquête spatiale, a estimé lundi le président russe Vladimir Poutine à l’occasion du 60e anniversaire du premier vol dans l’espace, effectué par le cosmonaute soviétique Iouri Gagarine.

«Au XXIe siècle, la Russie doit maintenir son statut parmi les principales puissances nucléaires et spatiales car le secteur spatial est directement lié à la défense», a-t-il dit, au cours d’une vidéoconférence consacrée au sujet avec divers responsables du gouvernement.

«La Russie doit maintenir son statut parmi les principales puissances nucléaires et spatiales car le secteur spatial est directement lié à la défense»

Vladimir Poutine

Il a demandé la mise en place d’une stratégie de développement spatial sur «au moins 10 ans», citant en premier lieu le secteur de la défense, mais aussi ceux des télécommunications, des transports ou encore de la recherche fondamentale, la santé et l’éducation. «Le gouvernement doit préparer et approuver un document contenant des mesures claires pour atteindre les priorités», a encore dit Vladimir Poutine.

L’agence spatiale Roscosmos annonce régulièrement des projets ambitieux mais beaucoup n’aboutissent pas, faute de ligne directrice claire. Loin donc de l’exploit des scientifiques soviétiques qui envoyèrent Gagarine en orbite.

Saluant en outre le succès historique de Iouri Gagarine, Vladimir Poutine estime que «ce sera toujours une grande fierté que ce soit notre pays qui ait ouvert la route vers l’univers».

«C’est parti!»

Le 12 avril 1961, c’est par une phrase enjouée restée dans les mémoires que le premier cosmonaute avait commencé sa mission. «C’est parti!», lançait-il avant de décoller depuis le cosmodrome alors ultra-secret de Baïkonour, dans la république soviétique du Kazakhstan. Son vol durera 108 minutes, le temps de réaliser un tour de la Terre.

«Ce sera toujours une grande fierté que ce soit notre pays qui ait ouvert la route vers l’univers.»

Vladimir Poutine

La minuscule capsule Vostok dans laquelle le cosmonaute fut bringuebalé sera montrée au musée de la Conquête spatiale de Moscou, pour une exposition intitulée «Premier» qui ouvrira mardi. Le musée montrera aussi de nombreux effets de Gagarine, de l’imposante clef utilisée pour allumer les moteurs au siège éjectable avec lequel il quitta la capsule, sept kilomètres au-dessus du sol.

La Russie à la traîne

Loin des célébrations, l’actualité spatiale russe est moins resplendissante. Pour de nombreux critiques, la Russie a privilégié depuis des années la mise au point de nouvelles armes – comme des missiles hypersoniques —, abandonnant du terrain face à la concurrence occidentale dans le domaine spatial.

Soixante ans après le premier vol dans l’espace, la Russie continue d’envoyer régulièrement des femmes et des hommes dans l’espace. Une fusée Soyouz, décorée pour l’occasion du profil de Gagarine, a décollé vendredi de Baïkonour vers l’ISS avec à son bord deux Russes et un Américain.

Mais l’étoile spatiale de Moscou a bien pâli. Si les Soyouz restent fiables et la Russie un acteur incontournable, le pays peine à innover et a subi une série de déconvenues ces dernières années. En cause, des problèmes de financement chroniques mais aussi de corruption, notamment sur le cosmodrome de Vostotchny en Extrême-Orient, appelé à terme à remplacer Baïkonour.

L’année dernière, la Russie a aussi perdu le monopole qu’elle avait depuis dix ans sur les vols vers l’ISS, désormais concurrencée par la société privée américaine SpaceX.

(AFP)

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