30.05.2012 à 11:33

AthlétismePowell défie Bolt à Rome

Le 100 m, à 21h38, constituera le temps fort du meeting de Rome (Ligue de diamant) de jeudi. Il offrira l’une des rares confrontations directes entre Usain Bolt et Asafa Powell avant les Jeux olympiques.

L’an dernier, les 47’732 spectateurs du Stade olympique avaient vu Bolt s’imposer difficilement pour son retour, sur le fil, en 9’’91, deux centièmes devant Powell. Ce dernier brûle de prendre une revanche, dans un meeting où il avait gagné il y a deux ans. Mais Bolt aura à coeur de montrer que ses décevants 10’’04 d’Ostrava la semaine dernière - le plus mauvais chrono de sa carrière en 19 finales de 100 m! - n’étaient dus qu’à une chute de tension très ponctuelle.

Le patron, en cette année olympique, ne peut être que lui. Toutefois le Jamaïcain, tant qu’il ne passe pas la vitesse supérieure, reste pressé par la meute: outre lui-même et ses 9’’82 de Kingston début mai, quatre autres hommes sont déjà passés sous les 9’’90 ce printemps, Yohan Blake (9’’84), Justin Gatlin (9’’87), Powell (9’’88) et l’étonnant Keston Bledman (9’’89). Quant à Lemaitre, il se cache encore un peu mais ne devrait pas tarder à pointer. En attendant par ailleurs aussi le retour du convalescent Tyson Gay. Bolt est prévenu mais ne «s’inquiète jamais», dit-il: «Je prends plaisir à mon job!».

Les Suisses présents sur le relai

Le relais suisse masculin 4 x 100 m, privé de deux de ses piliers, espère que l’atmosphère propre aux grands rendez-vous lui permettra de se sublimer une nouvelle fois jeudi lors du meeting de la Ligue de diamant à Rome. Il ira chercher un chrono de référence qui le replacerait pour la qualification olympique. Le quatuor figure actuellement au 19e rang mondial (6e européen) à la moyenne des deux meilleurs temps depuis 2011, en 39’’09. Les 16 meilleures nations mondiales seront invitées aux Jeux. Il faut donc grappiller quelques dixièmes, sachant que la 16e place est actuellement occupée en 38’’90 par l’Afrique du Sud. Tout serait plus simple si les 38’’62 établis l’été dernier à Zurich n’avaient pas été annulés par la suite pour une curieuse histoire de prise de Ritaline sans autorisation idoine de Pascal Mancini, le premier relayeur.

Mancini manquera également à Rome, pour une autre affaire cette fois, liée à son contrôle positif à la nandrolone. Autre taulier habituel du quatuor, Marc Schneeberger n’est pas du voyage non plus en raison d’une gêne musculaire. Mais le coach du Centre romand d’athlétisme Laurent Meuwly reste optimiste: «La qualification est dans leurs cordes. Un chrono de 38’’8 ou 38’’9 est possible jeudi, car Reto Amaru Schenkel et Alex Wilson sont en grande forme.»

Schenkel, qui effectuera le deuxième relais, et Wilson, l’homme du premier, ont en effet impressionné le week-end dernier sur 200 m en se qualifiant haut la main pour les Jeux. Charge à eux, au Stade olympique romain, de placer leur coéquipiers sur orbite avec si possible deux premiers parcours flamboyants, à l’image de celui réalisé par Schenkel l’an passé au Letzigrund.

Le numéro 3, le Genevois Aron Beyene, a l’habitude de se sublimer en relais. Quant au finisseur, Rolf Malcolm Fongué, sa simple présence illustre la réjouissante «profondeur de banc» du relais helvétique. Jusqu’à l’an dernier, le Zurichois ne faisait en effet pas partie du relais. Aujourd’hui, il devient indispensable, d’autant que le Genevois Cédric Nabé est encore suspendu pour avoir contrevenu à ses obligations en matière de localisation pour contrôles antidopage.

Même si la Suisse réussit un bon chrono, elle ne sera pas à l’abri d’un retour ces prochaines semaines d’autres nations classées actuellement derrière elle. L’incertitude risque de planer jusqu’au bout, avec des pays comme la Corée du Sud ou le Nigeria capables à tout moment de passer nettement sous les 39 secondes et de se hisser dans le top 16. «Il serait beaucoup plus agréable d’avoir à réaliser des minima fixes, mais ce sont les règles du jeu», observe Meuwly.

Les Helvètes auront encore l’occasion d’améliorer leur moyenne dimanche au Résisprint de La Chaux-de-Fonds, qui annonce des sprints de feu, puis aux Championnats d’Europe à Helsinki à fin juin. La météo finlandaise étant toujours incertaine, mieux vaut toutefois prendre les devants. En se souvenant, par exemple, de la vague qui avait porté le relais lors de sa belle 4e place aux Championnats d’Europe 2010 à Barcelone, record national à la clé (38’’69). Une autre époque?

(SI)

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