Eruption volcanique aux îles Tonga – Premier décès aux îles Tonga, toujours coupées du monde
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Éruption volcanique aux îles TongaPremier décès aux îles Tonga, toujours coupées du monde

La victime est Angela Glover, une Britannique de 50 ans qui a été emportée par le tsunami. Par ailleurs, l’archipel du Pacifique est toujours privé de connexions téléphoniques et internet.

L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai aux Tonga. 

L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai aux Tonga.

AFP

Un premier décès a été confirmé dans les îles Tonga après la puissante éruption sous-marine qui a provoqué un tsunami ce week-end, l’étendue des dommages restant inconnue mardi.

L’archipel est privé de connexions téléphoniques et internet, le cataclysme ayant sectionné un câble essentiel pour ses communications qui ne devrait pas être réparé avant des semaines. Et le nuage de cendres volcaniques empêche les avions d’atterrir. Les informations depuis ce pays d’à peine 100’000 habitants, recouvert d’une couche de cendres après l’éruption qui a envoyé des ondes de choc dans le monde entier, n’arrivent qu’au compte-gouttes grâce à de rares téléphones satellite.

Une Britannique de 50 ans, Angela Glover, emportée par le tsunami aux Tonga après avoir essayé de sauver les chiens de son refuge, a été retrouvée morte, a déclaré sa famille sur la BBC. Elle est le premier décès répertorié dans le pays. Deux femmes s’étaient également noyées samedi au Pérou, emportées par de fortes vagues consécutives à l’éruption.

Besoin immédiat d’eau

Deux Mexicains résidant aux Tonga ont demandé «de l’aide pour quitter l’île» lors d’un bref appel satellitaire, a indiqué lundi une proche, sans plus de détail sur la situation locale.

La Nouvelle-Zélande et l’Australie ont envoyé des avions militaires de reconnaissance lundi pour essayer d’évaluer depuis le ciel l’ampleur des dommages et de déterminer quels sont les besoins d’aide les plus urgents, selon la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern. «Nous savons que l’eau est un besoin immédiat», a-t-elle déclaré aux journalistes. Les deux pays ont également mobilisé des avions de transport militaire C-130, prêts à décoller vers les Tonga une fois le nuage de cendres dissipé pour y parachuter de l’aide, voire y atterrir si l’état des pistes le permet.

Comme de nombreux autres pays, la France, «voisine du Royaume des Tonga», s’est dite «prête à répondre aux besoins les plus urgents de la population», selon un communiqué. L’éruption, une des plus puissantes des dernières décennies dans le monde, a été entendue jusqu’en Alaska. Elle a déclenché un tsunami qui a inondé des côtes des États-Unis jusqu’au Chili ainsi qu’au Japon. Des cendres et des pluies acides se sont abattues sur une grande partie du Pacifique.

«Nous ne savons rien»

«Je pense que le pire, c’est la coupure et le fait que nous ne savons rien», a déclaré Filipo Motulalo, journaliste tongien qui travaille en Nouvelle-Zélande pour Pacific Media Network. «Il n’y a aucune communication», a-t-il ajouté. «Notre maison fait partie de celles qui sont proches de la zone qui a déjà été inondée, donc nous ne savons pas quels sont les dégâts.»

JacindaArdern a déclaré dimanche que le gouvernement néo-zélandais avait établi un contact par satellite avec le haut-commissariat du pays à Nuku’alofa. Selon elle, aucune victime n’a été signalée dans la capitale, mais il y a des dégâts «importants» dans certaines zones. Le ministre australien du Développement international, Zed Seselja, a indiqué que des policiers australiens stationnés au Tonga avaient envoyé un état des lieux «plutôt inquiétant».

Un aéroport utilisable

«Les routes et certaines maisons ont subi des dommages assez importants», mais «une des bonnes nouvelles (…) c’est que l’aéroport n’a subi aucun dégât significatif», a déclaré le ministre. «C’est très, très important car dès que le nuage de cendres se dissipera, nous serons capables d’envoyer des vols humanitaires vers les Tonga», a-t-il ajouté.

«D’après le peu d’informations dont nous disposons, l’échelle de la dévastation pourrait être immense, spécialement pour les îles les plus isolées», a déclaré pour sa part Katie Greenwood, de la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Des vues saisissantes prises de l’espace en fin de semaine dernière montrent le moment de l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, sur une des îles inhabitées des Tonga: un énorme champignon de fumée et de cendres de 30 km de haut, suivi immédiatement du déclenchement d’un tsunami.

Des vagues de 1,2 mètre ont déferlé sur Nuku’alofa, où les habitants ont fui vers les hauteurs, laissant derrière eux des maisons inondées, tandis que des roches et de la cendre tombaient du ciel. «C’était une énorme explosion», a expliqué au site d’informations Stuff une habitante des Tonga, Mere Taufa. «Le sol a tremblé, la maison entière était secouée. Ça venait par vagues. Mon jeune frère pensait que des bombes explosaient près de chez nous». Quelques minutes plus tard, l’eau a envahi leur maison jusqu’au plafond.

Réparer le câble dont dépendent les Tonga pour leurs communications «pourrait prendre jusqu’à deux semaines», a déclaré le directeur des réseaux du Southern Cross Cable Network, Dean Veverka. «Le navire le plus proche pour la pose du câble se trouve à Port Moresby», la capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, située à plus de 4000 kilomètres des Tonga, a-t-il expliqué.

(AFP)

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