France - Premier feu vert pour le nouveau projet de loi anti-Covid
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FranceLes députés adoptent le pass sanitaire anti-Covid

Au bout d’une nuit blanche, les députés ont approuvé ce projet de loi controversé qui étend le pass sanitaire et oblige les soignants à se vacciner.

Lors d’un contrôle du pass sanitaire en France, désormais nécessaire pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs. Début août, le projet de loi prévoit que le pass soit étendu aux cafés et restaurants.

Lors d’un contrôle du pass sanitaire en France, désormais nécessaire pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs. Début août, le projet de loi prévoit que le pass soit étendu aux cafés et restaurants.

AFP

Les députés français ont adopté vendredi un nouveau projet de loi anti-Covid qui prévoit l’extension controversée du pass sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants au bout d’une nuit marquée par d’âpres débats. Ce 9e texte anti-Covid depuis mars 2020 a été adopté par 117 voix pour et 86 contre.

Celui-ci est désormais entre les mains des sénateurs qui doivent l’examiner à partir de vendredi pour une adoption définitive que l’exécutif souhaite acter d’ici la fin du weekend face à la remontée en flèche de l’épidémie en raison de la propagation du variant Delta. Avec 22’000 contaminations ces dernières 24 heures, au plus haut depuis le 5 mai, l’épidémie flambe à nouveau.

Vivement contesté par une frange de l’opinion, le projet de loi traduit les annonces du 12 juillet du président Emmanuel Macron. Si l’obligation vaccinale étendue aux soignants, sapeurs-pompiers ou encore professionnels auprès des personnes âgées fait à peu près consensus, ce n’est pas le cas de l’extension du pass sanitaire (parcours vaccinal complet ou test récent), prévue pour début août dans les cafés-restaurants, objet de vives critiques de l’opposition, de la gauche à l’extrême droite.

1200 amendements

Avec près de 1200 amendements déposés sur le texte, les débats ont été tout sauf apaisés dans l’assemblée où gauche et droite ont dénoncé une discussion entamée depuis mercredi après-midi, à marche forcée. Les yeux rivés sur les courbes de contamination en hausse, l’exécutif n’a cessé d’exhorter les députés à valider son projet de loi face à la «gravité de la situation», selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

«Nous sommes dans une course contre la montre (...) Face à cette situation, l’adaptation de notre dispositif est indispensable», a déclaré le patron des députés LREM (ndlr: le parti présidentiel majoritaire à l’Assemblée) Christophe Castaner.

Une disposition du nouveau texte ouvrant la voie à un licenciement pour des travailleurs d’établissement recevant du public qui refuseraient d’obtenir un pass sanitaire a aussi particulièrement alimenté la controverse.

Nouvelle manif samedi à Paris

Au grand dam des oppositions, le gouvernement est revenu sur deux amendements votés au cours de l’examen du texte avec un nouveau vote qui a notamment remis l’obligation du pass sanitaire pour les patients non urgents ou les visiteurs dans les établissements de santé et maisons de retraite.

Des manifestations samedi dernier contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants ont rassemblé plus de 110’000 personnes à travers la France, selon les chiffres officiels, et une nouvelle manifestation est prévue samedi à Paris.

Deux clusters dans l’est de la France

Deux foyers de contaminations au Covid-19 ont été identifiés dans des discothèques situées dans l’est de la France, avec à chaque fois plusieurs dizaines de personnes touchées, a-t-on appris vendredi auprès des autorités sanitaires. Au Discopolis de Charmes, dans les Vosges, «un cluster au variant indien a été détecté parmi les habitants du secteur. Le contact tracing effectué par l’Assurance Maladie a permis d’identifier 44 personnes», dit un communiqué de la préfecture et de l’Agence régionale de Santé (ARS) du Grand Est.

Les personnes touchées ont été contaminées au cours de trois soirées, les 13, 16 et 17 juillet, et les chiffres pourraient encore augmenter puisque 1000 cas contacts ont été identifiés, selon l’ARS.

Par ailleurs, à Mathay, dans le Doubs, 66 personnes ont été testées positives après également trois soirées les 13, 16 et 17 juillet au Cario Club, a indiqué de son côté l’ARS Bourgogne Franche-Comté. L’établissement a d’ores et déjà fermé ses portes, a précisé la préfecture du Doubs.

(AFP)

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