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Etats-UnisPremier jour de paralysie pour l'Etat fédéral

Des centaines de milliers de fonctionnaires américains ont été forcés mardi d'entamer des congés sans solde pour une période indéterminée, faute d'accord budgétaire au Congrès.

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Le bras de fer continue. Barack Obama va opposer son veto à la dernière série de projets de loi républicains, destinés à relancer partiellement les services fédéraux frappés par le «shutdown». (4 octobre 2013)

Le bras de fer continue. Barack Obama va opposer son veto à la dernière série de projets de loi républicains, destinés à relancer partiellement les services fédéraux frappés par le «shutdown». (4 octobre 2013)

AFP
Le groupe de défense américain Lockheed Martin annonce vendredi qu'il mettrait 3000 personnes en congé sans solde à partir de lundi suite à la paralysie partielle des services gouvernementaux. (4 octobre 2013)

Le groupe de défense américain Lockheed Martin annonce vendredi qu'il mettrait 3000 personnes en congé sans solde à partir de lundi suite à la paralysie partielle des services gouvernementaux. (4 octobre 2013)

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Feu rouge devant le Capitole. La paralysie budgétaire américaine pourrait se prolonger jusqu'à la date butoir fixée pour le relèvement du plafond de la dette fédérale. (4 octobre 2013).

Feu rouge devant le Capitole. La paralysie budgétaire américaine pourrait se prolonger jusqu'à la date butoir fixée pour le relèvement du plafond de la dette fédérale. (4 octobre 2013).

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La mesure draconienne, entamée mardi dans tout le pays, épargne toutefois les fonctions essentielles dont la sécurité. Démocrates et républicains s'accusent mutuellement de cet échec.

Employés fédéraux sommés de rester chez eux, centaines de musées et de parcs nationaux fermés, sites internet officiels inaccessibles: les effets de la paralysie gouvernementale, la première du genre depuis 1996, se sont fait ressentir dès le début de la matinée dans tous les Etats-Unis.

Malgré d'intenses tractations entre le Sénat à majorité démocrate et la Chambre des représentants dominée par les républicains, aucun projet de loi des finances n'a pu être adopté à temps pour le début de l'exercice budgétaire 2014, qui a commencé à minuit mardi.

La fermeture de l'Etat fédéral ne devrait toutefois avoir qu'un impact limité sur la première économie mondiale, contrairement à celui qu'aurait une impasse persistante sur le relèvement du plafond de la dette. Celui-ci doit faire l'objet d'un accord d'ici au 17 octobre, faute de quoi les Etats-Unis ne pourront plus faire face à toutes leurs obligations financières.

Militaires payés

La Maison-Blanche a ordonné lundi peu avant minuit aux agences fédérales de déclencher la cessation partielle de leurs activités et la mise en congés sans solde de leur personnel «non essentiel». Barack Obama a promulgué lundi soir une loi garantissant aux militaires qu'ils seront payés à temps, quoi qu'il arrive.

L'échec marque le pic de 33 mois d'affrontements sur le budget entre les démocrates et les républicains. Ces derniers ont repris le contrôle de la Chambre en janvier 2011, après l'élection de dizaines d'élus de la mouvance populiste Tea Party.

Ils exigeaient que tout accord budgétaire revienne, d'une manière ou d'une autre, sur l'«Obamacare», cette loi sur l'assurance-maladie promulguée en 2010, emblématique du premier mandat du président. A partir de mardi, des millions d'Américains pouvaient s'inscrire pour bénéficier d'une assurance subventionnée à partir de janvier 2014. Le premier jour d'enregistrement a d'ailleurs provoqué une saturation de nombreux sites.

Quatre heures pour rentrer chez eux

Du département de la Défense à l'agence de protection de l'environnement, tous les services fédéraux sont sommés de réduire immédiatement leurs effectifs au minimum vital, parfois à seulement 5% de leur personnel. La Maison-Blanche fonctionnera avec 25% de son équipe.

La sécurité nationale et les services essentiels, comme les opérations militaires, le contrôle aérien et les prisons, sont globalement exemptés.

Mais environ 800'000 fonctionnaires non essentiels, sur plus de deux millions, avaient quatre heures mardi matin pour se présenter à leurs bureaux, ranger leurs affaires, annuler leurs réunions et rentrer chez eux, sans garantie de paie rétroactive.

«Croisade idéologique»

Dans un discours prononcé mardi midi depuis la roseraie de la Maison-Blanche, Barack Obama a accusé les élus républicains de mener «une croisade idéologique» contre sa réforme de la santé. Il les a appelés à voter sans condition pour permettre au gouvernement de fonctionner.

Les républicains de la Chambre des représentants ont ensuite proposé de voter sur des mini-lois de finances pour rouvrir les agences gouvernementales une par une. Une proposition rejetée par la Maison-Blanche, qui l'a jugée «pas sérieuse».

Wall Street peu affectée

La paralysie temporaire de l'Etat fédéral n'a pas ému les principales places financières mondiales. Wall Street a entamé la journée très légèrement en hausse, dans la foulée des bourses européennes et asiatiques.

Démocrates et républicains se sont mutuellement rejeté la faute. «Le président est prêt à discuter avec les républicains, comme depuis le début de l'année. Il ne laissera pas les républicains prendre les Américains en otage pour qu'il cède à leurs demandes idéologiques. Ce serait irresponsable», a dénoncé le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney, mardi matin à l'antenne de CNN.

«Le Sénat a persisté à rejeter notre offre», avait déploré John Boehner, président de la Chambre, peu après l'entrée dans la nouvelle année budgétaire. Les républicains ont fait adopter une motion visant à convoquer une commission bicamérale, mais le Sénat l'a rejetée mardi matin. La paralysie pourrait se prolonger, selon des parlementaires.

(ats/afp)

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