Présidentielle américaine: Premier meeting électoral pour Clinton après les affaires
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Présidentielle américainePremier meeting électoral pour Clinton après les affaires

Ce samedi à New York, Hillary Clinton doit regagner l'initiative et rassurer sa base après les affaires qui l'ont visée récemment, estiment deux experts suisses.

Hillary Clinton, ex-sénatrice de l'Etat de New York, a annoncé sa candidature par un film sur Youtube qui s'adressait aux femmes, aux minorités, aux homosexuels.

Hillary Clinton, ex-sénatrice de l'Etat de New York, a annoncé sa candidature par un film sur Youtube qui s'adressait aux femmes, aux minorités, aux homosexuels.

Keystone

Hillary Clinton participe ce samedi 13 juin à New York à son premier grand meeting électoral dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2016.

«Il faut rester sur son message» principal de conquête de la «classe moyenne oubliée», souligne dans un entretien Louis Perron, politologue et conseiller politique qui a participé à plusieurs campagnes électorales dans le monde. Avec une couverture médiatique négative en raison des affaires, «elle doit donner une nouvelle impulsion».

L'écueil du conflit d'intérêts

Hillary Clinton a été ciblée. L'utilisation de son adresse e-mail privée lors de son mandat de secrétaire d'Etat doit encore être examinée. Mais surtout, les Républicains dénoncent un possible conflit d'intérêts si son mari Bill Clinton venait à poursuivre ses conférences rémunérées pour sa Fondation alors qu'elle serait à la Maison-Blanche.

Pour contrer cette critique, elle doit montrer ce que la Fondation fait au quotidien, relève Louis Perron, qui avait travaillé pour le cabinet Mellman à Washington, proche du parti démocrate.

Un avis partagé par Guido Schommer, conseiller en processus politique au cabinet Reflecta et ancien secrétaire général du PLR Suisse. «Elle peut convaincre activement, dans un cadre qu'elle choisit, de l'importance relative» de telles affaires par rapport à une stature d'«homme ou de femme d'Etat» qui doit gérer les dossiers politiques.

«Pas de justification, pas de contre-offensive»

Mais l'ex-première dame des Etats-Unis ne doit pas pour autant aborder les affaires de manière explicite lors de son meeting. «La presse ne retiendrait que cela dans 90% de ses commentaires» sur ce rendez-vous, selon Louis Perron. «Surtout, pas de justification, pas de contre-offensive. Il faut ignorer ou faire une remarque ironique pour évacuer la thématique» si elle est perçue dans l'opinion comme des attaques partisanes, renchérit Guido Schommer.

Mais si l'électorat voit les affaires comme un problème, le camp de la candidate doit ensuite, une habitude dans le contexte américain, révéler «une lessive plus sale» chez l'adversaire. Sans s'impliquer directement. Pas question non plus pour Mme Clinton de s'attaquer samedi lors de son meeting aux candidats républicains avant que la primaire soit gagnée.

«Je pense qu'elle va faire un compromis entre la base démocrate et les électeurs plus au centre», dit Louis Perron. Selon Guido Schommer, «c'est le moment de rassurer la base, un moment crucial pour s'assurer le financement auprès des décideurs démocrates». Et d'ajouter que s'il est raté, un premier grand meeting peut avoir des conséquences.

Son mari Bill ne doit pas être écarté trop longtemps. «Même à trois heures du matin, il serait capable de tenir un discours formidable», relève Louis Perron. Il doit être utilisé mais ne devrait pas soutenir directement et visuellement sa femme alors qu'il est mis en cause, nuance l'ancien secrétaire général du PLR.

Hillary évite les médias

L'ex-sénatrice de l'Etat de New York a annoncé sa candidature par un film sur Youtube qui s'adressait aux femmes, aux minorités, aux homosexuels. Et elle évite les médias et privilégie les rencontres. «Ce n'est pas une mauvaise stratégie. Tout le monde la connaît. Elle a peu à gagner» sur ce terrain, dit Louis Perron.

Elle a tiré les leçons de sa défaite en 2008 et continué avec les réseaux sociaux «là où Barack Obama s'est arrêté. Ce n'est pas comme en Suisse où il faut 20 ans pour s'adapter».

«Elle doit cibler les interviews et en donner quelques-unes, peut-être avec une journaliste féminine, pour donner l'impression qu'elle n'évite pas entièrement les médias». En revanche, Guido Schommer estime la présence dans les médias importante «pour donner des arguments aux gens qui les multiplieront ensuite sur les réseaux sociaux».

Tension au parti démocrate

Avec son nom, Hillary Clinton devrait durer dans le calendrier médiatique face aux républicains qui risquent de s'écharper plus longtemps que les démocrates. En face, aucun favori ne se dégage «pour la première fois depuis des décennies».

Au plus tard vers la fin de l'été viendra le moment de lever des fonds et de construire l'organisation. Hillary Clinton a de ce point de vue «une avance énorme» sur les républicains, selon Louis Perron.

Mais son statut de favorite rend nerveux son parti dans le contexte des affaires. «Si la situation empire et qu'Hillary Clinton s'effondre, personne de poids ne peut prendre sa place».

(ats)

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