Actualisé

Royaume-UniPremier revers pour les opposants à un Brexit dur

Une action en justice visant à éviter la suspension du parlement britannique s'est soldée par un échec vendredi.

Boris Johnson est soupçonné de vouloir empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord.

Une Cour écossaise a rejeté vendredi une demande de contrer la suspension du Parlement britannique. Pour le gouvernement, c'est une première victoire dans la bataille judiciaire engagée par les opposants à un Brexit dur qui dénoncent un «coup d'Etat».

Ce rejet doit toutefois encore être confirmé lors d'une audience sur le fond mardi prochain. La plus haute instance civile d'Ecosse avait été saisie en urgence par un groupe de 75 parlementaires cherchant à faire déclarer illégale la suspension du Parlement qui leur rend pratiquement impossible de bloquer une sortie de l'UE sans accord, envisagée par le premier ministre Boris Johnson.

Mais le juge Raymond Doherty a estimé qu'une interdiction n'était «pas nécessaire à ce stade» puisqu'une audience pour examiner en détail la demande aura lieu la semaine prochaine. Il a toutefois avancé l'audience du 6 au 3 septembre, la suspension étant prévue pour la deuxième semaine de septembre.

Mise en garde de Johnson

Malgré cette déconvenue, les plaignants restent optimistes. «Pour être parfaitement claire, aucune décision n'a été prise sur les arguments», a twitté la députée indépendantiste écossaise Joanna Cherry, qui a mené l'action. «Tout reste à jouer».

De son côté, Downing Street s'est dit «ravi». La suspension «n'empêche» pas les députés «de surveiller notre retrait de l'UE», a assuré une porte-parole.

Dans une interview à la chaîne de télévision Sky, Boris Johnson a de son côté mis en garde les députés contre toute tentative de bloquer le Brexit, estimant que cela «compromettrait gravement la confiance du peuple dans la politique». Les députés «ont promis de mettre en oeuvre le mandat du peuple, ils ont promis de mettre en oeuvre le Brexit et j'espère qu'ils le feront», a-t-il déclaré.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre a le droit de suspendre le Parlement, après avoir reçu le consentement de la reine. Mais c'est le moment choisi, dans la dernière ligne droite avant la date fatidique du Brexit le 31 octobre, et la durée de la suspension (cinq semaines) qui sont contestés.

1,6 million de signatures

Une pétition recueillait vendredi quelque 1,6 million de signatures tandis que des manifestations sont prévues dans plusieurs villes ce week-end et mardi.

Boris Johnson est soupçonné de vouloir empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord. Il s'est bien gardé de lier le Brexit à sa décision de suspendre le Parlement. Selon les experts, même si la Cour déclare finalement illégale la décision de Boris Johnson, cela ne l'obligera pas forcément à revenir sur la suspension.

Deux autres procédures

L'ancien Premier ministre conservateur John Major, opposant au Brexit, a aussi annoncé vendredi qu'il allait se joindre à une autre action en justice contre la suspension du Parlement, intentée par la militante anti-Brexit Gina Miller. L'audience aura lieu le 5 septembre à Londres.

Mme Miller avait déjà gagné en 2017 une bataille judiciaire pour forcer le gouvernement, alors dirigé par Theresa May, à consulter le Parlement sur le processus de retrait.

Enfin l'examen d'un troisième recours, introduit au nom d'un militant des droits de l'Homme nord-irlandais, Raymond McCord, prévu vendredi à la Haute Cour d'Irlande du Nord, a été reporté au 3 septembre.

Accélérer les rencontres

Parallèlement à ces grandes manoeuvres, Boris Johnson a annoncé jeudi soir une accélération des rencontres entre négociateurs britanniques et européens qui se réuniront deux fois par semaine à Bruxelles en septembre.

Le but est surtout de trouver une solution sur le sujet le plus épineux: le filet de sécurité irlandais, prévu dans l'accord de retrait conclu par Theresa May avec l'UE pour éviter un retour de la frontière physique entre les deux Irlande, mais rejeté par Boris Johnson.

«Pour le moment», Londres n'a proposé «rien de crédible», a déploré vendredi le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney .

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!