Recherche: Premier vol suisse en apesanteur
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RecherchePremier vol suisse en apesanteur

Une équipe de scientifiques de l'Université de Zurich a pris place mardi matin à l'aéroport militaire de Dübendorf (ZH) dans un Airbus A310.

L'Airbus A310 «ZERO-G» utilisé par les scientifiques.

L'Airbus A310 «ZERO-G» utilisé par les scientifiques.

Keystone

L'appareil s'est livré à une série d'acrobaties paraboliques afin de créer l'effet d'apesanteur. Une première en Suisse sous la houlette de l'ex-astronaute Claude Nicollier.

L'objectif de ce vol était de sonder les possibilités de mener des expériences en apesanteur à l'avenir. L'équipe du professeur en biologie cellulaire Olivier Ullrich, de l'Université de Zurich, s'intéresse aux réactions du corps délivré de son poids. Ces recherches s'inscrivent dans la continuité des travaux menés dans la Station spatiale internationale (ISS) sur les cellules immunitaires humaines.

Et pour se faire eux-mêmes une idée, les scientifiques n'ont pas d'autres moyens que de mener leur propre expérience via des vols paraboliques. Dans une zone protégée au nord de la Méditerranée, l'Airbus A310 «ZERO-G» s'est donc livré à cet exercice, a indiqué l'alma mater zurichoise.

Il s'agit de monter rapidement à la verticale avant de piquer. Durant quelque 22 secondes alors, à l'apogée du vol, l'habitacle de l'appareil se trouve en état d'apesanteur, un peu comme dans certaines attractions foraines. L'Airbus a effectué la manoeuvre une quinzaine de fois.

Le corps à rude contribution

L'occasion pour les scientifiques de mener à bien quatre expériences de l'Université de Zurich et une autre de l'EPFL, en plus de celle liée à l'ISS. Les chercheurs ont donné de leur personne car, avec la force de gravité, la pression sur les organes est forte. Beaucoup réagissent avec des nausées ou des vomissements, précise l'université. Mais, comme à la fête foraine, d'autres apprécient.

En plus des expériences, ce vol-test devait permettre de recueillir des informations d'ordre technique, opérationnel et administratif. Dans ce projet, l'université de Zurich travaille avec Novespace, une filiale de l'Agence spatiale française, les Forces aériennes suisses ainsi que l'Air Force Center de Dubendorf.

Le projet est financé par des sponsors privés. L'université n'a réclamé aucun subside fédéral ou cantonal, précise-t-elle. En cas de succès du test, l'équipe de chercheurs d'Olivier Ullrich pourra établir avec de tels vols une plateforme pour la recherche en biologie, en médecine et en physique en état d'apesanteur.

(ats)

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