Actualisé 12.11.2015 à 17:32

GrècePremière grève générale pour Alexis Tsipras

Le gouvernement de gauche radicale essuyait jeudi un mouvement de protestations, émaillé de quelques incidents.

Les manifestants prennent part au mouvement de protestations anti-austérité, quatre mois après la signature de l'accord sur un nouveau plan d'aide entre Athènes et ses créanciers.

Les manifestants prennent part au mouvement de protestations anti-austérité, quatre mois après la signature de l'accord sur un nouveau plan d'aide entre Athènes et ses créanciers.

Michalis Karagiannis, Reuters

C'est le plus gros défi lancé au gouvernement Tsipras depuis qu'il a remporté les législatives de septembre, promettant d'atténuer l'impact de la récession et de l'austérité.

Près de 20'000 personnes ont défilé dans Athènes à la mi-journée, selon les chiffres des autorités, et environ 8000 à Thessalonique (nord). Près de la place Syntagma à Athènes, un groupe d'environ 150 jeunes armés de barres de fer et de morceaux de marbre ont vandalisé des arrêts de bus et mis le feu à une voiture de la compagnie de télécommunications OTE, avant que la police ne réplique avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Le mouvement, lancé pour 24 heures par les syndicats du pays, vise à protester notamment contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites à venir. Il paralysait les administrations et les transports, y compris les vols intérieurs annulés par dizaines.

Les hôpitaux n'assuraient que les urgences. Les musées et les sites archéologiques étaient fermés. Les journalistes étaient aussi en grève.

Position ambiguë

Cette grève générale illustre la position ambiguë du premier ministre, qui s'était attiré cet été la fronde d'une grande partie de son parti Syriza et d'un cinquième de ses députés, après avoir signé un nouveau plan d'aide internationale. Au point qu'il avait dû démissionner en août, pour se faire porter de nouveau au pouvoir en septembre à la tête d'une majorité débarrassée de ses contestataires.

Mais même Syriza a appelé jeudi à participer à cette grève contre «les politiques anti-sociales, d'un néo-libéralisme extrême» menées par le gouvernement... Syriza. Un paradoxe très commenté sur les réseaux sociaux. «Je suis un peu perdu, là. On défile avec Alexis pour renverser Tsipras, ou avec Tsipras pour renverser Alexis?», se demandait par exemple un utilisateur de Twitter.

10'000 personnes à Athènes

Les hôpitaux pour leur part n'assuraient que les urgences, les musées et sites archéologiques étaient fermés et les journalistes étaient en grève également. A Athènes, le premier à défiler était le PAME, proche du parti communiste (KKE). Le cortège rassemblait environ 10'000 personnes selon la police.

«Chaque secteur d'activité doit devenir une poche de résistance», a lancé le secrétaire général du Parti communiste, Dimitris Koutsoubas.

Venait ensuite la manifestation des syndicats, GSEE et Adedy (public), forte de plus de 2000 personnes, précédée d'un cercueil portant la mention «auto-entrepreneurs, techniciens, artisans». Puis un autre cortège rassemblant 4000 personnes à l'appel des partis et mouvements de gauche suivait, dont étaient issus apparemment les jeunes gens incontrôlés.

Dans une des manifestations, les participants tenaient au bout d'une ficelle des ballons de baudruche sur lesquels on pouvait lire: «Ta logia tou Alexis», «les paroles d'Alexis» Tsipras.

(AFP)

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