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sportPrésidence CIO - Denis Oswald n'a "pas les mêmes valeurs" que Thomas Bach

BUENOS AIRES (Ciudad Autonoma de Buenos Aires), 09 sept 2013 (AFP) - Le Suisse Denis Oswald, l'un des candidats à la présidence du CIO mardi, dit n'avoir "pas les mêmes valeurs" que l'Allemand Thomas Bach, le grand favori, qui selon lui "utilise sa position avantageusement" pour mener ses propres affaires.

Ses critiques sévères, émises dans le cadre d'un entretien donné dimanche par M. Oswald à la radio suisse romande RTS, ont valu lundi au président de la Fédération internationale d'aviron (FISA) un rappel par le CIO des règles de bonne conduite. "Me Oswald a reconnu que ces propos avaient dépassé sa pensée et a exprimé ses regrets au CIO", a indiqué Emmanuelle Moreau, porte-parole de l'institution olympique. Dans cet entretien, le Suisse accuse le patron du Comité olympique allemand, qui est aussi l'un des vice-présidents du CIO, de mélanger les genres. "Certains (membres du CIO) sont gênés par ces accords passées entre le Koweït, entre Bach... et aussi la pression faite par les autorités politiques allemandes, qu'il ne faut pas ignorer. Certains membres estiment que ce n'est pas vraiment une expression démocratique et cela peut aussi avoir un effet contraire", a déclaré Oswald, qui est professeur de droit. Le Suisse, qui ne se fait pas trop d'illusion sur ses propres chances, n'ayant "plus l'âge de croire au Père Noël", se lâche quand la journaliste lui fait part d'une rumeur voulant qu'il se désiste au profit de Thomas Bach: "Certainement pas en faveur de Thomas Bach ! Je crois que, voilà, c'est pas tout à fait les mêmes valeurs !". "J'entends... Lui est impliqué dans des affaires commerciales. Il utilise sa position avantageusement pour précisément passer des contrats pour les sociétés qu'il représente", a avancé Denis Oswald. "Moi j'imagine un président qui est indépendant, qui n'est pas justement dépendant d'alliances avec des personnes autres et qui n'utilise pas sa position pour autre chose que pour la défense du sport". Oswald, patron respecté de l'aviron mondial depuis 1989, a estimé ne pas pouvoir "obtenir les soutiens, notamment les soutiens politiques que certains candidats ont" et a donc préféré jouer la carte de sa personnalité. "J'aborde cela de la manière où on le fait par exemple dans ma fédération où c'est les compétences qui sont prises en compte, c'est l'intégrité des gens et le respect de mes valeurs et j'espère que dans ce milieu aussi on reconnaît aussi ces éléments là", a fait valoir le Suisse, qui n'entend pas se retirer. Face à ces attaques, Thomas Bach a préféré lundi ne pas répondre: "Il y a tellement de rumeurs ces derniers jours que je me suis entrainé à ne pas les suivre mais plutôt à me concentrer sur les échanges avec mes collègues, et ça marche très bien". Le champion olympique d'escrime des Jeux de 1976 n'avait déjà guère apprécié un documentaire de la chaîne allemande ARD, tentant de le dépeindre comme un homme ambitieux et controversé ayant pactisé avec le cheikh Ahmad al-Fahad al-Sabah du Koweït, ancien président de l'Opep, l'organisation des pays exportateurs de pétrole et actuel président de l'Association des comités olympiques nationaux. En plus de Thomas Bach et Denis Oswald, quatre autres personnes convoitent la succession du Belge Jacques Rogge, en poste depuis 2001, lors d'une session du CIO mardi à Buenos Aires. stp/el

(AFP)

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