Présidentielle française - L'étrange duel à distance entre Le Pen et Zemmour
Publié

Présidentielle françaiseL'étrange duel à distance entre Le Pen et Zemmour

Une partie de ping-pong a opposé vendredi deux figures de l’extrême droite française, la candidate à l’Élysée Marine Le Pen et le polémiste Eric Zemmour.

De gauche à droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour.

De gauche à droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour.

AFP

Une partie de ping-pong a opposé vendredi deux figures de l’extrême droite, la candidate à l’Élysée Marine Le Pen et le polémiste Eric Zemmour, qui sont d’accord pour une rencontre, proposée par Robert Ménard, mais pas sur son format.

Craignant une «division» du camp «national» si Eric Zemmour se présentait aussi en 2022, le maire de Béziers Robert Ménard, proche du Rassemblement national, a proposé à Marine Le Pen et Eric Zemmour de venir «discuter» dans sa ville.

Mais les deux invités ne sont pas d’accord sur la forme de la rencontre. La candidate à l’Élysée veut bien rencontrer Eric Zemmour dans le cadre d’un «dîner» privé, quand le journaliste voudrait un «débat» public.

Le Pen «ne gagnera jamais»

La cheffe du RN et le journaliste controversé de CNews, pour qui Marine Le Pen «ne gagnera jamais» en 2022 et qui pourrait aussi se présenter, «sont suicidaires. Il faut qu’ils arrêtent de se tirer dans les pattes les uns et les autres», a affirmé vendredi matin sur BFMTV et RMC Robert Ménard.

«Marine et Éric, je leur dis: «Venez à Béziers, et on discute», parce que je suis ami avec les deux», a ajouté l’édile qui a renouvelé sa proposition dans un tweet, auquel Eric Zemmour, qui va démarrer à la mi-septembre la promotion d’un nouvel essai au parfum de campagne électorale, a répondu qu’il «acceptait l’invitation» et «débattrait volontiers avec Marine Le Pen».

«Arrière-cuisine»

L’entourage de Marine Le Pen, interrogé par l’AFP, a indiqué que la candidate «n’avait jamais refusé de discuter avec quiconque» mais que la proposition de Robert Ménard portait sur une «discussion autour d’une table» et pas sur «un débat» public.

«On n’est pas là (…) pour faire une sorte de show qui ferait certainement plaisir aux médias mais (ne ferait) pas avancer nos idées», a renchéri l’eurodéputé du RN Thierry Mariani qui promet, si Marine Le Pen était élue présidente, «du travail pour Eric Zemmour».

Quelques heures plus tard, le maire de Béziers rapportait que Marine Le Pen était «d’accord pour un dîner avec Éric Zemmour à Béziers», qualifiant cet engagement de «très bonne nouvelle». «Avant de rendre les choses irréparables, avant que les uns et les autres s’attaquent dans des termes qui feront que ça laissera des blessures dont on ne se relèvera pas, est-ce qu’il ne serait pas mieux qu’Eric Zemmour et Marine Le Pen discutent?» a-t-il abondé sur BFMTV.

Cependant, l’entourage d’Eric Zemmour a précisé à l’AFP que le polémiste était «d’accord pour un débat mais pas pour des magouilles d’arrière-cuisine». «Non à la cuisine politicienne, oui au débat démocratique».

Union des droites

«C’est curieux pour quelqu’un qui prône l’union des droites», a répliqué l’entourage de Marine Le Pen, qui considère ne pas avoir «besoin de primaire». «Quant au débat, il intervient quand les gens sont définitivement candidats», a-t-on ajouté de même source, en précisant laisser Robert Ménard «à la manœuvre pour le dîner».

Eric Zemmour «a tort d’employer ces mots-là. Qu’est-ce qu’il veut faire ? Il veut singer les hommes politiques qui sont incapables de trouver des compromis ? (…) Arrêtons d’être la droite la plus bête», a réagi Robert Ménard.

«Elle a évolué»

Ce partisan de l’union des droites, qui publie à la mi-septembre un petit livre de conseils à la dirigeante d’extrême droite, appelle à voter en 2022 pour Marine Le Pen, seule à prétendre avec Emmanuel Macron au second tour selon les sondages. «Elle a évolué. Aujourd’hui, elle est moins doctrinaire, plus ouverte (…), plus raisonnable», fait-il valoir.

Après avoir un temps poussé Eric Zemmour à se présenter, il considère désormais que ce dernier n’est «pas capable de réussir le passage entre polémiste et chef de l’État». Il souhaiterait dans ce cas que ses invités «actent (…) que demain, si tous les deux sont en lice, celui qui est derrière appellera à voter pour celui qui sera devant».

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

Votre opinion