France: Primaire de la gauche: suspense maximal
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FrancePrimaire de la gauche: suspense maximal

Le camp socialiste français doit départager dimanche 7 candidats lors du premier tour d'une primaire imprévisible.

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Benoît Hamon a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel. (Mardi 28 mars 2017)

Benoît Hamon a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel. (Mardi 28 mars 2017)

AFP
La presse qui enterrait le PS la semaine dernière, pense que finalement le parti «bouge encore» après la victoire sans appel du frondeur Benoît Hamon. (Lundi 30 janvier 2017)

La presse qui enterrait le PS la semaine dernière, pense que finalement le parti «bouge encore» après la victoire sans appel du frondeur Benoît Hamon. (Lundi 30 janvier 2017)

Keystone
Benoît Hamon est sorti largement vainqueur du deuxième tour de la primaire de gauche. Après des résultats partiels dévoilés en cours de soirée, il était crédité de 58,65% des voix. (29 janvier 2017)

Benoît Hamon est sorti largement vainqueur du deuxième tour de la primaire de gauche. Après des résultats partiels dévoilés en cours de soirée, il était crédité de 58,65% des voix. (29 janvier 2017)

AP, Keystone

A trois mois de la présidentielle française, le camp socialiste doit départager dimanche sept candidats lors du premier tour d'une primaire imprévisible, dont le vainqueur aura fort à faire pour rassembler la gauche et peser dans une campagne dominée par la droite et l'extrême droite.

Pour l'instant, l'élection présidentielle (23 avril et 7 mai) s'annonce comme un duel serré entre le candidat conservateur de la droite François Fillon et la cheffe du Front national Marine Le Pen.

Trio de tête

Parmi les prétendants à l'investiture de la gauche, un trio de tête se détache dans les intentions de vote: l'ex-Premier ministre Manuel Valls, lancé dans la course après le renoncement de l'impopulaire président François Hollande à briguer un nouveau mandat, et deux anciens ministres du quinquennat socialiste qui n'ont cessé de contester la politique menée depuis 2014, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Un autre ex-ministre, Vincent Peillon, semble distancé mais son camp prédit une «surprise» dans les urnes.

Grande inconnue du scrutin, la participation sera particulièrement surveillée par les observateurs. Seule une mobilisation conséquente des électeurs donnera au candidat socialiste désigné le 29 janvier une légitimité suffisante face à deux personnalités restées à l'écart de la primaire: Emmanuel Macron, 39 ans, à la droite du PS, et le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Signe du trouble du «peuple de gauche», ces derniers attirent les foules dans leurs réunions publiques et sont aujourd'hui en troisième et quatrième position dans les intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle.

Le PS joue sa survie

Dans ce contexte, une faible participation à la primaire mettrait en péril la survie même du Parti socialiste, profondément divisé au terme de cinq de pouvoir, soulignaient samedi plusieurs éditorialistes français.

Les organisateurs misent sur «1,8 à 2,8 millions de votants», alors que la primaire de la droite a attiré en novembre plus de 4 millions d'électeurs à chacun de ses deux tours.

Au total, 7530 bureaux de vote seront ouverts ce dimanche en France de 9h à 19h, et il en coûtera un euro pour glisser son bulletin dans l'urne. En raison du décalage horaire, les électeurs de certains territoires d'Outremer et les Français de l'étranger ont commencé à voter dès samedi. Les résultats sont attendus dans la soirée.

Dernières rencontres vendredi

Vendredi, les principaux candidats sont allés une dernière fois à la rencontre des électeurs de gauche, avant de clore une campagne express rythmée par trois débats télévisés en huit jours.

Manuel Valls, 54 ans, tenant de l'aile droite du PS, a mis en garde contre les «fausses promesses» de ses adversaires, visant principalement l'ex-ministre de l'Education Benoît Hamon et son projet de revenu universel de 750 euros pour chaque Français, dont il juge le coût démesuré.

«La gauche, elle gagne quand elle est crédible, avec des propositions qui le sont tout autant», a plaidé l'ancien Premier ministre. Etiqueté favori lors de son annonce de candidature en décembre, il semble aujourd'hui en perte de vitesse.

Confiance de Benoît Hamon

Bénéficiant au contraire d'une dynamique favorable dans les sondages, Benoît Hamon, qui joue à l'aile gauche du parti, confiait pour sa part avoir le «sentiment que (son) heure est arrivée».

Au coude-à-coude avec Benoît Hamon dans les sondages pour une qualification au second tour de la primaire, l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, autoproclamé candidat «du travail» et du «made in France», a lui continué à fustiger vendredi l'austérité et les promesses non tenues de François Hollande sur l'Europe.

Outre les trois favoris et l'ex-ministre socialiste Vincent Peillon, sont également en lice la présidente du Parti radical de gauche Sylvia Pinel et deux écologistes, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias.

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