Publié

LAMalPrimes basses sur la sellette

Pour récupérer 800 à 900 millions, Alain Berset songe à supprimer les franchises élevées. Les assurés à primes réduites passeront à la caisse.

Cléa Favre
par
Cléa Favre
Les assurés avec une franchise élevée sont le plus souvent des personnes en bonne santé et consultant peu.

Les assurés avec une franchise élevée sont le plus souvent des personnes en bonne santé et consultant peu.

B. Boissonnet / BSIP, AFP

«C'est un pas dans la mauvaise direction. On déresponsabilise les gens», réagit Urs Schwaller, conseiller aux Etats (PDC/FR), à l'idée de supprimer les franchises les plus élevées.

Ces dernières – fixées à 2000 et 2500 francs – sont en effet dans le collimateur de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) selon une information parue hier dans la NZZ am Sonntag.

Contactée par «Le Matin», l'autorité confirme l'existence de ce projet dans le cadre de la stratégie «Santé 2020» mais minimise: «Le travail ne fait que commencer et est loin d'être terminé. Nous n'avons pas encore de résultats.»

Le raisonnement de l'OFSP semble pourtant imparable: en 2013, 1,14 million d'assurés ont opté pour une franchise à 2500 fr., 260 000 pour celle à 2000 fr., profitant ainsi de primes moins élevées. De 800 à 900 millions de fr. ont donc ainsi échappé à l'assurance obligatoire des soins (AOS).

L'office voudrait que les assurés en bonne santé ou allant peu chez le médecin passent aussi à la caisse, arguant que leur comportement ne conduit qu'en partie «à un recours plus parcimonieux aux prestations». Une argumentation que contre Urs Schwaller: «Si vous choisissez une franchise au-delà de 300 francs, vous réfléchissez à deux voire trois fois avant d'aller chez le médecin ou à l'hôpital. Les calculs de l'OFSP ne prennent pas en compte les coûts supplémentaires que ces assurés engendreraient en consommant davantage avec une franchise plus basse. Les résultats seraient peut-être même inversés.»

Réduire les disparités

Jean-François Steiert, conseiller national (PS/FR), soutient, lui, son conseiller fédéral et ne croit pas à cette théorie d'une consommation dépendant du niveau de la franchise.

A ses yeux, l'idée de départ des franchises élevées introduites par Pascal Couchepin – inciter les patients à consommer moins – ne fonctionne pas, puisque la grande majorité des assurés en question sont en bonne santé. «Peu importe ce qu'ils paient, ils n'ont pas besoin de soins. Et le comportement de chaque personne qui économise de l'argent sur ses primes se répercute sur tous les autres assurés. Supprimer les franchises hautes pourrait réduire par conséquent les disparités et soulager un peu les familles des classes moyennes, qui ont parfois des charges extrêmement importantes», fait-il valoir.

Vous êtes en bonne santé? Eh bien, payez maintenant!

Ton opinion