Pandémie - Priorité aux vaccinés aux soins intensifs?
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PandémiePriorité aux vaccinés aux soins intensifs?

Un professeur genevois lance une idée qui soulève des questions éthiques.

par
R.M.
Si les soins intensifs étaient submergés, un tri pourrait être opéré selon le statut vaccinal, suggère le professeur Panteleimon Giannakopoulos.

Si les soins intensifs étaient submergés, un tri pourrait être opéré selon le statut vaccinal, suggère le professeur Panteleimon Giannakopoulos.

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Professeur de psychiatrie à Genève, Panteleimon Giannakopoulos lance une idée assez étonnante. Il propose un retour à la vie normale, sans certificats Covid, mais avec «une priorité d’accès aux soins intensifs aux personnes vaccinées contre le coronavirus lorsque ces services sont submergés.»

Cette différence d’accès aux soins ne se ferait, précise-t-il dans la «Tribune de Genève», «qu’en dernier ressort, si le système de soins est totalement débordé.»

«Coût psychologique évident»

Pour parvenir à cette proposition, le psychiatre estime qu’une société coupée en deux, entre ceux qui possèdent un certificat Covid et ceux qui n’en ont pas, engendre des dégâts psychologiques. «Cette normalisation est nécessaire sur le plan psychologique pour sortir de «la vie en suspens», créatrice d’affects dépressifs. Serrer la vis ne peut être qu’une stratégie à très court terme, qui a un coût psychologique évident», argumente-t-il dans le quotidien genevois. Voilà pourquoi il suggère un retour à la vie normale pour tous, sans pass sanitaire, assortie de ce «tri» aux soins intensifs en cas de surcharge.

L’idée, cependant, est jugée «clairement non éthique» par Bertrand Kiefer, rédacteur de la «Revue médicale suisse». La bioéthicienne, professeure à l’Université de Genève et vice-présidente de la Task force Samia Hurst est du même avis. Pour eux cette proposition est indéfendable.

Conseiller d’État genevois en charge de la santé, Mauro Poggia se montre également opposé à cette suggestion. «Si les soins intensifs étaient saturés, la sélection des patients ne pourrait intervenir que sur la base d’éléments médicaux permettant dappréhender les chances de survie sans séquelles», commente-t-il.

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